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Actualités - Chronologie

Soudan : la trêve ne suffira pas à enrayer la famine

La trêve annoncée par la rébellion sud-soudanaise et le régime de Khartoum est un pas positif, mais ne suffira pas à enrayer la famine qui touche des centaines de milliers de personnes au sud du Soudan, estiment les organisations humanitaires basées à Nairobi. Agences des Nations Unies, organisations non-gouvernementales et églises affichaient jeudi une satisfaction teintée de prudence, en raison notamment de la brièveté du cessez-le-feu et de la présence sur le terrain de bandes armées échappant au contrôle du gouvernement et des rebelles. La rébellion a annoncé mercredi une trêve humanitaire de trois mois dans l’Etat du Bahr el-Ghazal (sud-ouest), le plus durement touché par la famine. Quelques heures plus tard, le gouvernement soudanais, par le biais de son ministre des Affaires étrangères Mostafa Osmane Ismaïl, a annoncé un cessez-le-feu d’un mois dans le sud où la guerre l’oppose, depuis 1983, à l’Armée de libération des peuples du Soudan (SPLA) de John Garang. Une mission des Nations Unies se trouvait toujours à Khartoum, jeudi pour être informée de ses modalités, a-t-on indiqué de source humanitaire. Les armes doivent théoriquement s’être tues dans le Bahr el-Ghazal, permettant aux organisations humanitaires d’améliorer l’acheminement d’aide à plus de 1,2 million de personnes souffrant de malnutrition dans cette région. Des «corridors» pourraient notamment être ouverts, selon un plan du forum des partenaires de l’Autorité intergouvernementale de développement (IGAD — formé de quatre pays de la Corne de l’Afrique, impliqués dans une recherche de la paix au Soudan), pour faciliter l’arrivée des secours, par route, par voie ferrée et fluviale, sur le Nil. Far West Aujourd’hui, une grande partie des vivres acheminées au sud-Soudan le sont au moyen d’un pont aérien extrêmement coûteux. «Même en prenant en compte les nouvelles voies possibles, les largages aériens à grande échelle resteront essentiels au cours des prochains mois», estime toutefois Brenda Barton, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM). La saison des pluies qui vient de commencer rend les pistes difficiles à emprunter. Pour Mgr Caesar Mazollari, du diocèse de Rumbek, dans le sud du Soudan, le cessez-le-feu «permettra l’acheminement de la nourriture, particulièrement dans les zones rurales». Les mois de juillet et août «sont les pires de la famine», ajoute-t-il. «La trêve limitera les risques d’évacuation des personnels humanitaires pour raisons de sécurité, comme cela est arrivé plusieurs fois», ajoute Marc Hermant, chef de mission de l’organisation non-gouvernementale Médecins sans Frontières (MSF) Belgique. «Toute initiative permettant d’améliorer la sécurité des opérations humanitaires est à soutenir», indique un communiqué émanant de l’Opération des Nations Unies Lifeline Sudan (OLS). Mais ce n’est «pas suffisant», poursuit l’OLS, estimant nécessaire une «période prolongée de paix». De plus, souligne Gillian Wilcox, porte-parole de l’OLS, la sécurité des convois risque de poser problème car «les routes traversent des zones où sévissent des bandes armées échappant à tout contrôle». «C’est comme le Far West», ajoute-t-elle. Pour l’organisation World Vision, le cessez-le-feu «arrive trop tard», car la famine touche désormais non seulement les enfants mais aussi les adultes. La SPLA a choisi la saison des pluies, quand les manœuvres militaires sont de toutes façons difficiles, pour décréter une trêve, estime dans un communiqué Bruce Menser, directeur des programmes pour le Soudan de World Vision. Les organisations humanitaires et les agences des Nations Unies ont sonné à plusieurs reprises l’alarme pour le sud-Soudan, où les affrontements ralentissaient les secours. Un conflit oppose depuis 1983 les sudistes chrétiens et animistes de la SPLA au pouvoir central à majorité arabe et musulmane de Khartoum, associé depuis deux ans à des factions sudistes. Des négociations entre les deux camps doivent reprendre en août à Addis-Abeba. (AFP)
La trêve annoncée par la rébellion sud-soudanaise et le régime de Khartoum est un pas positif, mais ne suffira pas à enrayer la famine qui touche des centaines de milliers de personnes au sud du Soudan, estiment les organisations humanitaires basées à Nairobi. Agences des Nations Unies, organisations non-gouvernementales et églises affichaient jeudi une satisfaction teintée de prudence, en raison notamment de la brièveté du cessez-le-feu et de la présence sur le terrain de bandes armées échappant au contrôle du gouvernement et des rebelles. La rébellion a annoncé mercredi une trêve humanitaire de trois mois dans l’Etat du Bahr el-Ghazal (sud-ouest), le plus durement touché par la famine. Quelques heures plus tard, le gouvernement soudanais, par le biais de son ministre des Affaires étrangères Mostafa Osmane...