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Actualités - Chronologie

ASEAN : la Thailande veut briser le tabou de la non-ingérence

Pour prévenir les crises en Asie du sud-est, la Thaïlande propose de renoncer au dogme fondateur de l’ASEAN (Association des nations du sud-est asiatique), la non-ingérence dans les affaires d’autrui, pour lui substituer un interventionnisme «souple», alors que l’organisation doit se réunir à Manille du 26 au 29 juillet. Le jeune ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Surin Pitsuwan, a lancé l’idée le mois dernier— un «ballon d’essai» — en proposant à ses partenaires asiatiques une nouvelle politique dite d’«engagement souple» ou «d’intervention constructive». La proposition thaïlandaise briserait le tabou sur lequel s’est appuyée dès le début la diplomatie consensuelle qui, plaident ses avocats, a favorisé les progrès et l’élargissement de l’Association des nations du sud-est asiatique. A l’origine alliance anticommuniste, fondée en 1967 dans le contexte de la Guerre du Vietnam, l’ASEAN comprend aujourd’hui, outre les membres fondateurs (Brunei, Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour et Thaïlande), le Vietnam (1995) et depuis l’an dernier la Birmanie et le Laos, tandis que le Cambodge est encore sur le seuil. Jusqu’à récemment, les dirigeants de l’ASEAN se flattaient de pouvoir résoudre leurs problèmes en famille sur les «greens» de golf, discrètement et poliment, «à l’asiatique» D’ailleurs, l’initiative de Bangkok a été accueillie plutôt fraîchement par ses partenaires, notamment malaisien et indonésien, à l’exception des Philippines, qui sont considérées avec la Thaïlande comme les adhérents les plus «progressistes» du groupe. Il est peu probable qu’elle recueille d’autres suffrages pendant la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’ASEAN à Manille à la fin du mois. Pourtant, l’épidémie monétaire et le désastre écologique qui ont frappé l’Asie du sud-est l’an dernier, tout comme l’impasse politique en Birmanie, sont autant de preuves aux yeux des Thaïlandais de l’échec de la non-ingérence. La situation en Birmanie Le ministre Surin argue qu’«une dose de pression entre pairs» serait plus productive, même s’il s’est empressé d’ajouter que l’ASEAN ne saurait discuter d’affaires internes que lorsque elles concernent directement l’Association. «M. Surin est d’avis que si l’ASEAN se considère comme une famille, elle devrait être ouverte à un franc échange de vues quant aux actions de ses membres qui affectent la famille toute entière», selon un communiqué du ministère. Principalement visée, la junte militaire birmane, dont la répression de l’opposition démocratique entrave les relations de l’ASEAN avec les pays occidentaux et, selon Bangkok et Manille, «risque de dégénérer en violence». La Birmanie (rebaptisée «Myanmar» par la junte au pouvoir) a immédiatement fustigé toute tentative d’ingérence. «La Thaïlande ne veut pas s’immiscer dans les affaires intérieures de la Birmanie, mais puisque celle-ci est désormais membre de l’ASEAN et que nous avons une frontière commune, tout incident en Birmanie qui conduirait à de l’instabilité et du désordre affecterait directement la Thaïlande, et l’ASEAN aux yeux de la communauté internationale», a répondu vendredi le ministère des Affaires étrangères. Enfin, relèvent les observateurs, le «ballon d’essai» du gouvernement de Bangkok n’est probablement pas étranger aux nouvelles ambitions régionales de la Thaïlande, d’autant que la crise indonésienne a laissé vacant le siège de leader de l’ASEAN. Depuis son arrivée au pouvoir en novembre, le premier ministre Chuan Leekpai n’a pas caché sa volonté de rehausser le profil de son pays sur la scène régionale. (AFP)
Pour prévenir les crises en Asie du sud-est, la Thaïlande propose de renoncer au dogme fondateur de l’ASEAN (Association des nations du sud-est asiatique), la non-ingérence dans les affaires d’autrui, pour lui substituer un interventionnisme «souple», alors que l’organisation doit se réunir à Manille du 26 au 29 juillet. Le jeune ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Surin Pitsuwan, a lancé l’idée le mois dernier— un «ballon d’essai» — en proposant à ses partenaires asiatiques une nouvelle politique dite d’«engagement souple» ou «d’intervention constructive». La proposition thaïlandaise briserait le tabou sur lequel s’est appuyée dès le début la diplomatie consensuelle qui, plaident ses avocats, a favorisé les progrès et l’élargissement de l’Association des nations du...