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Actualités - Chronologie

L'alliance boursière Londres-Francfort isole Paris

Un accord de coopération annoncé mardi entre la Bourse de Londres et sa rivale de Francfort est un mauvais coup pour Paris qui risque d’être à la traîne dans la course aux futurs marchés euro. Selon des traders parisiens, cet accord surprise sanctionne la mauvaise stratégie des autorités françaises mais confirme aussi le double-jeu des autorités allemandes. «Je ne suis pas surpris que les Allemands et les Britanniques soient parvenus à un accord dans ce climat de concurrence féroce. Nos autorités de marché ont laissé passé plein d’occasions», constate un opérateur parisien qui a requis l’anonymat. Selon lui, Paris sera contraint de se joindre à l’alliance du London Stock Exchange et de la Deutsch Boerse, considérée comme un premier pas vers la création d’une Bourse paneuropéenne. La SBF-Bourse de Paris salue mardi la «vision plus européenne» contenue dans l’accord et déclare qu’elle l’examinera à l’aune de trois critères: efficacité technique, ouverture aux diverses parties européennes et gestion managériale. Plusieurs intervenants, surpris par l’accord, estiment que l’Allemagne tente de jouer sur deux tableaux en prenant une place de leader dans la future Bourse européenne et en utilisant le savoir-faire anglo-saxon. «Ce sont deux amis de vingt ans qui se lâchent», constate un intervenant qui attendait plutôt à un accord entre Paris et Francfort. A Francfort, les traders accueillent favorablement cet accord mais estiment généralement qu’il est encore trop tôt pour en évaluer l’impact. «C’est une surprise, mais une surprise positive. L’accord procurera beaucoup d’avantages aux investisseurs», estime Milan Stahl, trader à la DG Bank. Selon les opérateurs interrogés, cette coopération permettra de proposer un marché plus transparent, plus efficient et des services de meilleure qualité. D’autres traders se montrent plus prudents. «Personnellement je dis oui (à cet accord), mais il laisse encore un certain nombre de questions ouvertes sur ses modalités. Je pense qu’il est encore trop tôt pour se prononcer», estime ainsi Hans-Guenther Vomhof, trader à la WestLB. Des traders s’interrogent sur le point de savoir comment la plate-forme écoulera et si elle sera acceptée par tous les participants, déclare Christoph Arzt, trader chez BHF Bank. Actuellement le LSE et la Deutsche Boerse utilisent deux systèmes électroniques différents. Dans un premier temps, les Bourses allemande et britannique associeront les transactions des principales valeurs allemandes et britanniques avant de créer le noyau dur d’une Bourse européenne unique qui sera basée sur une plate-forme commune d’échanges électroniques. Les deux Bourses se disent favorables à toute participation d’autres places, expliquant qu’à terme, elles visent la création d’un marché paneuropéen avec quelque 300 valeurs vedettes. La première phase de l’opération devra être bouclée à temps pour le lancement de l’euro le 4 janvier 1999. «L’arrivée de l’euro va probablement conduire à un développement considérable de la taille du marché des actions européen. Il est essentiel pour les émetteurs et les investisseurs que le marché européen soit unifié, accessible, hautement efficient et d’un bon rapport qualité/prix», a déclaré le président du London Stock Exchange, John Kemp-Welch. Le regroupement des forces de Francfort et de Londres place la nouvelle entité loin devant Paris et Amsterdam, mais toujours derrière Wall Street en termes de capitalisation boursière. La capitalisation boursière de New York est de 9.945 milliards de dollars, contre 2.250 milliards pour Londres, 1.076 milliards pour Francfort et 950 milliards pour Paris. L’alliance doit encore acquérir une dimension transatlantique, estime Werner Seifertet, le directeur exécutif de la Deutsche Boerse qui a annoncé à Reuters Television que des négociations allaient être engagées avec le Nasdaq de New York en vue de créer un lien entre les deux continents. (Reuters).
Un accord de coopération annoncé mardi entre la Bourse de Londres et sa rivale de Francfort est un mauvais coup pour Paris qui risque d’être à la traîne dans la course aux futurs marchés euro. Selon des traders parisiens, cet accord surprise sanctionne la mauvaise stratégie des autorités françaises mais confirme aussi le double-jeu des autorités allemandes. «Je ne suis pas surpris que les Allemands et les Britanniques soient parvenus à un accord dans ce climat de concurrence féroce. Nos autorités de marché ont laissé passé plein d’occasions», constate un opérateur parisien qui a requis l’anonymat. Selon lui, Paris sera contraint de se joindre à l’alliance du London Stock Exchange et de la Deutsch Boerse, considérée comme un premier pas vers la création d’une Bourse paneuropéenne. La SBF-Bourse de Paris...