Le thème commence à être un peu trop connu: si les Américains, et accessoirement les Européens, ne se décident pas à prendre des sanctions économiques ou commerciales à l’encontre d’Israël… Et si de leur côté les Arabes ne font pas bloc en remettant en question la normalisation avec l’Etat hébreu, Netanyahu continuera à n’en faire qu’à sa tête. C’est ce que souligne le ministre des Affaires étrangères M. Farès Boueiz. Qui se hâte d’ajouter qu’il ne voit pour sa part aucun signe de ce «quelque chose» qui interviendrait selon M. Rafic Hariri dans les trois mois. Entrant dans le détail, M. Boueiz souligne que si l’on a voulu faire allusion au débarquement dans la région d’un émissaire U.S. chargé de tenter de ranimer les négociations, que cela soit du côté israélo-palestinien ou syro-libano-israélien, une telle initiative n’apporte rien de neuf. De plus elle n’aurait aucune chance de réussir tant que les parties campent sur leurs positions. Les Palestiniens tiennent absolument à ce que le redéploiement israélien en Cisjordanie se fasse en base des 13%, qui sont un minimum auquel ils n’ont consenti que pour complaire aux Américains. Les Israéliens de leur côté ne veulent pas aller jusque-là, parlent tantôt de 10 tantôt de 9%, le reste devant être suspendu jusqu’à ce que l’Autorité palestinienne ait fait ses preuves sur le plan sécuritaire «antiterroriste», c’est-à-dire ait neutralisé le Hamas et le Jihad islamique. De même, se demande M. Boueiz, comment peut-on faire redémarrer les négociations israélo-syriennes quand Netanyahu veut tout reprendre de zéro alors que la Syrie réclame que l’on reprenne à partir du point que l’on avait atteint. Et qui comportait, essentiellement, un engagement israélien à restituer tout le Golan. Du côté libanais aussi, remarque le ministre, Israël prétend avoir reconnu la 425 mais s’entête à revêtir cette résolution absolument inconditionnelle de conditions impliquant notamment un accord préliminaire sur les dispositifs de sécurité. Pour le chef de la diplomatie libanaise, il n’y a donc à l’heure actuelle aucune lueur d’espoir. Et si nul n’annonce la mort imminente du processus, c’est simplement parce que personne ne veut en paraître responsable. Car le constat pourrait par lui-même provoquer de redoutables complications régionales et une violence généralisée. Parallèlement les dirigeants israéliens lancent de temps à autre des ballons d’essai pour provoquer polémiques et réactions. Ils ont ainsi fait des propositions au sujet d’un retrait du Sud-Liban ou pour l’organisation d’une nouvelle conférence de paix internationale qui gommerait Madrid et ses principes. Dans le même cadre d’intox, les chefs du Likoud ont lancé l’idée d’un référendum sur le redéploiement en Cisjordanie, pour donner l’impression, à l’intérieur comme à l’extérieur, que le processus de paix est toujours bien vivant. Quant à Yasser Arafat, qui se sent pris dans des sables mouvants, il court les capitales à gauche et à droite, pour demander toute aide susceptible de faire redémarrer les négociations et parachever l’application des accords d’Oslo. Le président égyptien Husni Moubarak lance conjointement avec la France un appel à la tenue d’un congrès des pays concernés par la paix qui reste sans écho. Après quoi, cette fois avec Hussein de Jordanie, Moubarak lance des SOS de tous côtés, mettant en garde contre cet élargissement des frontières administratives de Jérusalem qu’entend opérer Netanyahu. Cependant la réplique la plus naturelle, qui serait un sommet arabe, continue à se heurter à des difficultés découlant de divergences sur les résolutions à prendre. Des divisions que le même Moubarak tente de camoufler en indiquant que si le sommet ne se tient pas, c’est que l’on estime que l’on n’est pas encore arrivé dans l’impasse qui le rendrait indispensable. Qu’est-ce qu’il lui faut, serait-on tenté de dire…
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le thème commence à être un peu trop connu: si les Américains, et accessoirement les Européens, ne se décident pas à prendre des sanctions économiques ou commerciales à l’encontre d’Israël… Et si de leur côté les Arabes ne font pas bloc en remettant en question la normalisation avec l’Etat hébreu, Netanyahu continuera à n’en faire qu’à sa tête. C’est ce que souligne le ministre des Affaires étrangères M. Farès Boueiz. Qui se hâte d’ajouter qu’il ne voit pour sa part aucun signe de ce «quelque chose» qui interviendrait selon M. Rafic Hariri dans les trois mois. Entrant dans le détail, M. Boueiz souligne que si l’on a voulu faire allusion au débarquement dans la région d’un émissaire U.S. chargé de tenter de ranimer les négociations, que cela soit du côté israélo-palestinien ou...