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Actualités - Chronologie

Dolly : deux ans déjà et un bel avenir

Deux ans après sa naissance, le 5 juillet 1996, la brebis Dolly, premier mammifère cloné à partir d’une cellule adulte, va bien et alimente toujours les fantasmes. A l’Institut Roslin d’Edimbourg, où elle est née, on travaille activement à faire fructifier l’exploit. «Vous savez, nous ne faisons pas que cloner des moutons…», répète Harry Griffin, directeur-adjoint du désormais célèbre institut écossais, en accueillant les journalistes, scientifiques ou étudiants qui continuent de se presser pour voir le prodige à quatre pattes. «Dolly se porte à merveille», ajoute-t-il quand même fièrement. Elle a même donné naissance, le 13 avril dernier, à une agnelle, Bonnie, également en parfaite santé. Dans son box, Dolly confirme en accueillant les visiteurs avec force bêlements. «Même plus besoin de lui donner des cacahuètes pour qu’elle présente son meilleur profil aux photographes», plaisante John Bracken, qui l’a vue naître et veille depuis jalousement sur elle. Mais contrairement aux vulgaires brebis, Dolly est privée de sorties. D’abord «parce qu’on pourrait la voler», indique M. Bracken. Ensuite, parce que les moutons sont des animaux plutôt fragiles et qu’une banale grippe ou une mauvaise chute pourraient bêtement mettre ses jours en danger. Un drame pour les scientifiques, qui ont effectué pas moins de 400 tentatives avant de réussir leur exploit, salué mondialement. Pendant des mois sous les feux médiatiques, les chercheurs de Roslin ont lu avec surprise l’adaptation parfois très libre donnée par la presse à leur découverte. A commencer par cet hebdomadaire britannique qui a prédit pour demain des réservoirs de corps humains sans tête, clonés en masse pour les besoins des transplantations d’organes. Encouragés par les délires des tabloïdes, des particuliers ont très sérieusement écrit à l’Institut pour lui demander de cloner Médor. Un accident est si vite arrivé. D’autres ont pleuré au téléphone pour qu’on leur ressuscite un proche. Une école d’arts plastiques a sollicité — en vain — l’honneur de disposer des excréments de Dolly pour ses créations originales. Depuis Dolly, aucun autre animal n’a été cloné selon le même procédé, par transfert nucléaire et à partir de l’ADN pris sur une cellule d’un mammifère adulte, en l’occurrence une brebis pleine. Au point que deux scientifiques, américain et italien, ont récemment mis en doute, dans la prestigieuse revue Science, la méthode de clonage de Dolly. L’ADN a pu provenir d’une cellule fœtale égarée, ont-ils avancé. Harry Griffin balaie la mise an cause d’un revers de main. «Nous publierons très prochainement une nouvelle analyse d’ADN», qui clouera le bec aux sceptiques, assure-t-il. De toute façon, l’avenir est ailleurs, ajoute M. Griffin, pressé d’évoquer ses travaux sur la création d’animaux génétiquement modifiés pour produire un lait contenant des protéines très recherchées pour leurs effets contre certaines maladies, telles l’hémophilie ou la fibrose kystique. L’Institut Roslin tente également de «fabriquer» des porcs dépourvus du gène spécifique qui, en cas de transplantations sur un homme, provoque le rejet de leurs organes (cœur, foie, etc.) par le corps humain. Autant de marchés considérables en perspective. Et l’Institut Roslin, financé à 45% par le ministère britannique de l’Agriculture, à 5% par la Communauté européenne, et pour la moitié restante par l’industrie privée, ne cache pas que cette dernière part ira sans doute croissante. Tout en confirmant son partenariat exclusif avec la compagnie privée PPL Therapeutics dans les protéines de lait, l’Institut a créé sa propre compagnie, Roslin Bio-Med, pour d’autres applications. Depuis Dolly, la période des vaches maigres est terminée: le gouvernement vient d’accorder 600.000 livres (996.000 dollars) à un des programmes de recherche de l’Institut écossais et de PPL Therapeutics. (AFP)
Deux ans après sa naissance, le 5 juillet 1996, la brebis Dolly, premier mammifère cloné à partir d’une cellule adulte, va bien et alimente toujours les fantasmes. A l’Institut Roslin d’Edimbourg, où elle est née, on travaille activement à faire fructifier l’exploit. «Vous savez, nous ne faisons pas que cloner des moutons…», répète Harry Griffin, directeur-adjoint du désormais célèbre institut écossais, en accueillant les journalistes, scientifiques ou étudiants qui continuent de se presser pour voir le prodige à quatre pattes. «Dolly se porte à merveille», ajoute-t-il quand même fièrement. Elle a même donné naissance, le 13 avril dernier, à une agnelle, Bonnie, également en parfaite santé. Dans son box, Dolly confirme en accueillant les visiteurs avec force bêlements. «Même plus besoin de lui...