L'ONU condamne l'implication des enfants dans les conflits armés
le 03 juillet 1998 à 00h00
Le Conseil de Sécurité de l’ONU a condamné l’implication grandissante des enfants dans les conflits armés modernes. Plus de trente-cinq pays ont participé à un débat public du Conseil de Sécurité, une première sur un tel sujet. Cette «abomination» a fait des millions de victimes parmi les enfants dans une cinquantaine de pays à travers le monde, a déclaré le représentant spécial de l’ONU sur les enfants dans les conflits armés, Olara Otunnu. Il a appelé les Etats membres à «prendre des actions concertées aux niveaux local et international» pour combattre ce nouveau phénomène, provoqué le plus souvent par des guerres civiles, comme dans la région des Grands Lacs et en Sierra Leone (en Afrique), en Bosnie et au Kosovo, (en Amérique centrale) ou au Cambodge. Les quinze membres du Conseil devaient adopter à l’unanimité une déclaration présidentielle qui «condamne» l’implication des enfants dans les conflits armés. M. Otunnu a indiqué au Conseil de Sécurité que 2 millions d’enfants ont été tués, 6 millions ont été gravement blessés ou handicapés, 12 millions ont perdu leurs maisons et 10 millions ont souffert de graves traumatismes phychologiques au cours de la dernière décennie. Enfants-soldats M. Otunnu a également souligné que quelque 250.000 enfants de moins de 18 ans étaient enrôlés comme «enfants-soldats» dans le monde. Les jeunes filles sont aussi «la cible de viols et de violences sexuelles sur une grande échelle». La moitié des quelque 17 millions de réfugiés et des 30 millions de déplacés sont des enfants. L’ampleur de ce phénomène «montre qu’il y a eu un changement qualitatif dans la nature et la conduite des conflits armés», a souligné M. Otunnu devant le Conseil. «La plupart des conflits armés sont aujourd’hui des conflits internes», a-t-il dit, en soulignant qu’ils étaient marqués par «la cruauté et le chaos». Ces conflits qui durent parfois des années «sont caractérisés par le fait qu’ils visent de manière systématique et généralisée les populations civiles», a affirmé M. Otunnu. La Chine, qui est opposée par principe à ce que le Conseil de Sécurité se saisisse de sujets qui ne sont pas directements liés à la paix et à la sécurité dans le monde, avait fini par donner son accord à ce débat. Mais, selon des diplomates, la Chine avait alors insisté pour que cela ne crée pas un précédent. Le représentant chinois Qin Huasun a ainsi affirmé que l’Assemblée générale et la Commission économique et sociale étaient «les forums appropriés où des délibérations plus globales et approfondies devaient être menées» sur cette question. Le Conseil devait «condamner énergiquement le fait que les enfants soient pris pour cibles dans les conflits armés, y compris qu’ils soient l’objet d’humiliations, de brutalités, d’abus sexuels, d’enlèvement et de déplacements forcés, de même que leur recrutement et leur utilisation dans des conflits en violation du droit international». Le Conseil appelle dans la déclaration présidentielle «toutes les parties concernées à mettre fin à de telles activités». Il déclare également que lorsque des sanctions sont imposées à un pays, des exemptions humanitaires doivent être envisagées afin d’alléger les conséquences de ces sanctions sur les enfants. (AFP)
Le Conseil de Sécurité de l’ONU a condamné l’implication grandissante des enfants dans les conflits armés modernes. Plus de trente-cinq pays ont participé à un débat public du Conseil de Sécurité, une première sur un tel sujet. Cette «abomination» a fait des millions de victimes parmi les enfants dans une cinquantaine de pays à travers le monde, a déclaré le représentant spécial de l’ONU sur les enfants dans les conflits armés, Olara Otunnu. Il a appelé les Etats membres à «prendre des actions concertées aux niveaux local et international» pour combattre ce nouveau phénomène, provoqué le plus souvent par des guerres civiles, comme dans la région des Grands Lacs et en Sierra Leone (en Afrique), en Bosnie et au Kosovo, (en Amérique centrale) ou au Cambodge. Les quinze membres du Conseil devaient adopter à...
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