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Actualités - Chronologie

La ruée vers Internet ressuscite San Francisco

Née il y a 150 ans de la Ruée vers l’or, la ville de San Francisco connaît en cette fin de siècle une croissance jamais vue depuis l’ère glorieuse des clippers. Le nouveau filon: Internet. «La croissance est phénoménale et cantonnée dans une aire géographique relativement restreinte», souligne Leslie Katz, conseillère municipale et vice-présidente de la Commission des transports, des technologies et du développement économique. Après avoir longtemps abrité des ateliers de textile, les entrepôts mornes et désaffectés de South of Market ou SoMa, le quartier sud-est de la ville, sont restaurés un à un, reconvertis en lofts luxueusement minimalistes et loués à prix d’or. C’est là, dans le «multimédia Gulch» («la trouée verte du multimédia»), que plus d’un demi-millier d’entreprises de conception et de développement de sites Web, de 200 à 300 employés, ont élu domicile en moins de cinq ans. En 1997, le Gulch employait 35.000 personnes et a généré 2,3 milliards de dollars de chiffre d’affaires, soit respectivement 75 et 109% de plus que l’année précédente, selon la mairie. «Je ne peux pas imaginer être ailleurs qu’à San Francisco. On est vraiment ici au centre de tout ce qui se passe», affirme Bruce Falck, Sud-Africain et cofondateur de Phoenix Pop, une entreprise de design de sites Internet qui a créé 13 emplois en 18 mois. Voisine des universités prestigieuses de Stanford et Berkeley, San Francisco jouit surtout de la proximité de la Silicon Valley, célèbre pour la créativité technique dont elle est le berceau depuis une génération. «On trouve ici une abondance de gens talentueux, créateurs graphiques, artistes ou programmeurs», estime Julie Richer, présidente de Mountain Lake Software, une entreprise de logiciels et de sites Web pour enfants et adolescents. Les meilleures idées Tim Barber, fondateur de CircumStance Design, une entreprise d’origine texane spécialisée dans les logiciels et CD-Roms de loisirs, estime que «c’est de San Francisco que viennent les meilleures idées». Notion qui n’échappe pas aux clients, affirme-t-il, et qui fait de San Francisco un pôle naturel de convergence du marché. La presse spécialisée aussi s’y installe et les salons-conférences s’y multiplient. Déjà pourtant, le Gulch est victime de son succès. La hausse des loyers, qui ont triplé depuis 1993, commence à inciter certaines entreprises au départ et freine l’installation de nouveaux venus. «La chance de San Francisco de jouer le rôle d’un incubateur a été perdue», déplore Mark Waldo, producteur chez Vivid Studios, l’une des entreprises les plus respectées du Gulch. «Notre loyer a augmenté de 60% au cours de l’année passée, et le coût de la vie fait que les employés nous coûtent plus cher», indique M. Barber. Le phénomène est aggravé encore par la concurrence aiguë que se livrent les entreprises pour recruter une main-d’œuvre très qualifiée. «Faire des affaires à San Francisco revient au bas mot 60% plus cher qu’au Texas», ce qui représente un «avantage certain» pour les entreprises concurrentes basées là-bas, souligne M. Barber, affirmant que les exonérations fiscales consenties par la mairie ne suffisent pas. Les autorités municipales affirment quant à elles tout mettre en œuvre, avec plus de 30 millions de dollars de projets d’amélioration des transports, de développement de nouvelles infrastructures et de partenariats entre secteurs privé et public. En dépit de ces désaccords, l’optimisme prévaut. Comme le dit Simon Smith, de Phoenix Pop: «Se demander si le Gulch va durer, c’est comme si on se demandait si Hollywood ou si Wall Street va durer». (AFP)
Née il y a 150 ans de la Ruée vers l’or, la ville de San Francisco connaît en cette fin de siècle une croissance jamais vue depuis l’ère glorieuse des clippers. Le nouveau filon: Internet. «La croissance est phénoménale et cantonnée dans une aire géographique relativement restreinte», souligne Leslie Katz, conseillère municipale et vice-présidente de la Commission des transports, des technologies et du développement économique. Après avoir longtemps abrité des ateliers de textile, les entrepôts mornes et désaffectés de South of Market ou SoMa, le quartier sud-est de la ville, sont restaurés un à un, reconvertis en lofts luxueusement minimalistes et loués à prix d’or. C’est là, dans le «multimédia Gulch» («la trouée verte du multimédia»), que plus d’un demi-millier d’entreprises de conception...