Des trémolos dans la voix, le chanteur Chris de Burgh s’adresse à la foule de 15.000 inconditionnels qui tangue mélancoliquement en agitant des milliers de petites bougies: «Je sais que son esprit est parmi nous ce soir». Le frère de la princesse défunte, le comte Spencer, a offert un aperçu du culte un tantinet «kitsch» qu’il entend vouer à sa sœur, lors d’un concert organisé au cœur de la propriété familiale d’Althorp, assombri jusqu’au bout par une polémique sur le prix des billets. Mercredi, les portes de la propriété (située au nord de Londres) et celles du musée érigé à sa mémoire seront ouvertes pour les deux mois d’été au public, avide de célébrer «la princesse des cœurs». Le concert de charité se voulait clairement une mise en bouche. Dès l’arrivée de la foule dans le somptueux domaine de 200 hectares, le ton est donné. En longeant le lac ornemental au milieu duquel est enterré le corps de Diana, les visiteurs sont bercés par une douce musique de requiem surgie de haut-parleurs dissimulés dans les arbres. Les fervents se figent, tentant d’apercevoir le sanctuaire interdit. Las, une haute clôture ceint le point d’eau et des cerbères se chargent de décourager les curieux. Ces derniers devront patienter quelques jours pour le découvrir, à raison de 9,5 livres par personne. Sur le site du concert, la scène est encadrée d’écrans géants où scintille le visage de la princesse, figé pour l’éternité dans un sourire timide et nimbé de rose pâle. «C’est une telle perte, j’ai toujours du mal à accepter sa mort aujourd’hui», gémit Emma, 76 ans, venue en famile. «Elle éclairait tout ce qu’elle touchait, il ne se passe pas un jour sans que je pense à elle», se lamente-t-elle à propos de la «sainte» de la soirée. Camping Le public, d’un âge plus que respectable, a été prié par le maître de cérémonie, Charles Spencer, de faire comme chez lui. Chacun s’est muni d’une table de camping, de pliants pour se protéger de l’humidité et surtout de l’indispensable glacière. «Je crois que Diana aurait aimé cette atmosphère décontractée», assure Michael Taylor entre deux bouchées de poulet mayonnaise. En tenue de châtelain décontracté, son fils Louis sur les épaules, M. le comte se mêle à la foule. Pour un peu il volerait la vedette à sa sœur: un peu raide, il pose pour les admirateurs qui le prennent en photo. Le programme de trois heures concocté par le comte entend illustrer l’éclectisme des goûts de l’ancienne épouse du prince Charles. Sorte de pot-pourri de musiques classiques (par Maxim Vengerov et Lesley Garrett), des succès de variétés du vétéran Cliff Richard et de chansons pop, il se résume souvent à un déluge de violons langoureux. «Il y a une nouvelle étoile dans le ciel ce soir»: aux premiers accords du titre écrit par chris de Burgh en souvenir de Diana, «l’une des femmes les plus illustres du XXe siècle», la foule unie dans la douleur écrase une larme. Pour certains, toutefois, elle a un goût amer. Même au profit d’une œuvre de bienfaisance, les 9,5 livres qu’il a fallu débourser pour communier font grincer des dents. D’autant que les spectateurs apprennent en arrivant que le groupe vedette de la soirée, Wet, Wet, Wet, a fait défection au dernier moment. Et qu’il faut en sus payer 7 livres pour un programme. «Je ne crois pas que la princesse de Galles aurait apprécié», maugrée Mary-Jane Hogg, 39 ans. «J’ai dépensé 62 livres pour le voyage, une fortune en hôtel et maintenant le programme. Elle aurait certainement dit que les billets étaient trop chers», proteste-t-elle. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Des trémolos dans la voix, le chanteur Chris de Burgh s’adresse à la foule de 15.000 inconditionnels qui tangue mélancoliquement en agitant des milliers de petites bougies: «Je sais que son esprit est parmi nous ce soir». Le frère de la princesse défunte, le comte Spencer, a offert un aperçu du culte un tantinet «kitsch» qu’il entend vouer à sa sœur, lors d’un concert organisé au cœur de la propriété familiale d’Althorp, assombri jusqu’au bout par une polémique sur le prix des billets. Mercredi, les portes de la propriété (située au nord de Londres) et celles du musée érigé à sa mémoire seront ouvertes pour les deux mois d’été au public, avide de célébrer «la princesse des cœurs». Le concert de charité se voulait clairement une mise en bouche. Dès l’arrivée de la foule dans le somptueux...