Le Musée des Alliés ou la Guerre froide racontée par l'Ouest
le 29 juin 1998 à 00h00
Un tunnel traversé de câbles téléphoniques: l’objet exposé au Musée des Alliés à Berlin tient de l’œuvre d’art post-moderne. Il s’agit en fait de la reconstitution sur quelques mètres du «tunnel des espions», creusé par les services américains pour écouter Berlin-Est. Le Musée est inauguré par le ministre allemand de la Défense Volker Ruehe, à l’occasion du 50e anniversaire du pont aérien mis en place par les Alliés de juin 1948 à septembre 1949 pour briser le blocus instauré par les Soviétiques sur Berlin-Ouest. C’est en avril 1956 que le tunnel des espions fut «découvert» par les Soviétiques. En fait, ils en connaissaient l’existence depuis son installation près d’un an auparavant, mais s’étaient tus pour protéger leurs informateurs. Hormis ce «faux pas», le Musée évoque surtout la lutte victorieuse des Alliés — Etats-Unis, Grande-Bretagne et France — pour la défense de Berlin, ville du «Front» pendant la Guerre froide. Il existe depuis le retrait des troupes alliées de Berlin en 1994, mais n’accueillait jusqu’à présent que des expositions tournantes. Sa création est due à un «sentiment de gratitude», selon le président de l’association des parrains du Musée, Christoph Stoelzl. «Il ne s’agit pas de faire de l’Agitprop», mais de présenter un travail historique sérieux, selon lui. Malgré cette ambition, le Musée tient largement de la collection d’objets datant du temps de l’encerclement de la ville: panneaux annonçant «Vous quittez le secteur américain», care-paket original, emballage de cigarettes américaines Lucky Strike, poste de garde du légendaire point de passage «Checkpoint Charlie» ou encore avion de type Hastings TG 503 ayant participé au pont aérien. Le Musée tente aussi de montrer ce que la présence des troupes alliées a signifié pour la ville. Berlin-Ouest a vécu «un mélange de cultures», selon Christoph Stoelzl, à l’époque des soldats britanniques, français et américains. L’histoire plus récente est aussi présente, avec des photos des festivités ayant suivi l’ouverture du Mur en 1989 ou des souvenirs des discussions 2+4 — les deux Etats allemands et les quatre vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale — sur les aspects extérieurs de l’unification allemande. (AFP)
Un tunnel traversé de câbles téléphoniques: l’objet exposé au Musée des Alliés à Berlin tient de l’œuvre d’art post-moderne. Il s’agit en fait de la reconstitution sur quelques mètres du «tunnel des espions», creusé par les services américains pour écouter Berlin-Est. Le Musée est inauguré par le ministre allemand de la Défense Volker Ruehe, à l’occasion du 50e anniversaire du pont aérien mis en place par les Alliés de juin 1948 à septembre 1949 pour briser le blocus instauré par les Soviétiques sur Berlin-Ouest. C’est en avril 1956 que le tunnel des espions fut «découvert» par les Soviétiques. En fait, ils en connaissaient l’existence depuis son installation près d’un an auparavant, mais s’étaient tus pour protéger leurs informateurs. Hormis ce «faux pas», le Musée évoque surtout la...
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