La Chine a accusé jeudi les Etats-Unis d’«exagérer» l’ampleur du déficit commercial avec Pékin. Les autorités américaines considèrent ce déséquilibre — qui a atteint l’an dernier 49,7 milliards de dollars selon Washington — comme un sujet prioritaire sur l’agenda du sommet qui réunira samedi à Pékin les présidents Bill Clinton et Jiang Zemin. Mais dans un long commentaire, le quotidien officiel «China Daily» a cité des experts qui reprochent aux méthodes de calculs américaines d’exagérer la valeur des importations en provenance de Chine, en ignorant volontairement les complexités des circuits commerciaux modernes. Les douanes chinoises fixent le déficit de 1997 à 16,4 milliards de dollars, soit environ un tiers du chiffre américain. Washington explique cette différence par le fait que Pékin omet d’inclure dans ses calculs une part non négligeable d’exportations transitant par Hong Kong avant d’être acheminées aux Etats-Unis. Un chercheur à l’Académie des sciences sociales, Chen Baosen, rétorque dans les colonnes du «China Daily» qu’il s’agit là d’un raisonnement un peu trop simpliste, car seul un pourcentage infime de la valeur de ces biens provient de leur assemblage sur le continent. Des sociétés de Hong Kong et d’autres parties de l’Asie profitent des faibles coûts de la main-d’œuvre et des terrains en Chine pour transformer leurs produits sur le continent, en important la majeure partie des composants de l’extérieur, souligne-t-il. «Il est clair que les bénéfices retirés par la Chine de ce marché de la transformation sont minimes, et ne représentent que 11% des exportations», affirme M. Chen. Les douanes chinoises estiment que 43% des exportations à destination du marché américain ont, l’an dernier, transité par Hong Kong. Le «China Daily» cite en exemple un article du «Los Angeles Times» qui a établi que sur une poupée exportée vers les Etats-Unis, la Chine était créditée de 2 dollars d’exportation, bien que son travail de transformation ne lui ait rapporté que 35 cents. Selon les chiffres officiels chinois, l’industrie de transformation compte pour 54% du total des exportations de la Chine. Bill Clinton est accompagné des plus hauts responsables du commerce, notamment la représentante au Commerce, Charlene Barshefsky, le secrétaire au Commerce, William Daley, et le secrétaire au Trésor, Robert Rubin. Ils auront des discussions approfondies avec leurs homologues chinois sur les principaux dossiers, parmi lesquels figurera l’accession de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce. Les entreprises américaines ont déjà signé un certain nombre de contrats commerciaux et d’investissements dans les jours qui ont précédé l’arrivée de M. Clinton. Le fabricant de composants informatiques Seagate Technology Inc. a conclu un accord prévoyant un nouvel investissement de 102 millions de dollars dans sa joint-venture de Shenzhen, a rapporté la presse officielle. Le géant des télécoms Motorola Inc. avait auparavant annoncé des contrats de plus de 340 millions de dollars dans le secteur des téléphones cellulaires, et selon le «China Daily» d’autres accords pour un montant d’environ 80 millions de dollars seront mis au point durant la visite de M. Clinton. (AFP)
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