Analyste politique reconnu, M. Farès Boueiz, ministre des Affaires étrangères, député du Kesrouan et gendre du chef de l’Etat, estime dans ses confidences à M. Melhem Karam, président de l’Ordre des rédacteurs, que l’amendement de l’article 49 C (Constitution) pour la présidentielle reste fonction des conditions qui prévaudront à la fin de l’été. Il précise, par allusion sans doute aux roquettes de Awkar et à l’explosion de Dora, qu’il faudra prendre en compte l’état de la stabilité et les tentatives de l’ébranler. Si le problème devait rester d’actualité, ajoute-t-il, alors on aurait effectivement tendance à amender la Constitution. Et sinon, les élections suivraient la procédure normale, sans retouche de l’article 49 C… M. Boueiz laisse donc entendre que cette révision «sécuritaire», rendant nécessaire le recours à un homme à poigne, viserait à permettre l’élection d’un «haut fonctionnaire en exercice», entendre du général Emile Lahoud… Cependant, pour être précis, le ministre a soigneusement évité d’évoquer l’autre terme de l’alternative qu’offre l’éventuel amendement et qui se rapporte à la possibilité de proroger de nouveau le mandat de l’actuel président de la République, ce que certains continuent à pronostiquer ou à espérer. Ces hraouistes, peut-être plus royalistes que le roi car on dit que le président Hraoui n’aspire qu’à céder la place, soutiennent d’une façon un peu contradictoire que les circonstances toujours périlleuses qui règnent dans la région ne permettent pas de procéder à une élection présidentielle; et que rien n’ayant encore changé à ce niveau, le maintien du statu quo s’impose de lui-même sur le plan institutionnel intérieur. A ce compte, on n’aurait dû organiser ni les récentes municipales ni les législatives de 96… Les décideurs extérieurs Toujours est-il que ces loyalistes ne désespèrent pas de voir M. Hraoui changer d’avis, sur une éventuelle requête pressante du président Hafez el-Assad… Si cela devait être le cas, chacun saurait où est son devoir, comme en 95… Et les pôles qui se disent véhémentement opposés à la reconduction, comme M. Hariri, en deviendraient brusquement les plus fervents partisans… C’est dire qu’encore une fois ce sont les décideurs extérieurs, et eux seuls, qui contrôlent la présidentielle et le pouvoir local. Très exactement dans le même esprit, le locataire de Baabda qui a proclamé à maintes reprises son refus catégorique d’autoriser un amendement ouvrant la voie à un «haut fonctionnaire en exercice», se raviserait bien vite si on le lui demandait gentiment, comme toujours. Donc, répétons-le, ce ne sont pas les circonstances qui font la décision comme l’affirment pudiquement les loyalistes, mais bien les meneurs de jeu, à leur guise et en fonction de leurs intérêts bien compris. Toujours est-il qu’à propos des intentions prêtées à ces démiurges, un de leurs proches affirme qu’ils ont «plutôt envie de laisser les choses suivre leur cours normal. La situation régionale ne leur paraît pas redoutable au point qu’il faille proroger le mandat de M. Hraoui ou déroger à une Constitution dont ils sont les parrains pour faire élire le général Lahoud. Ils ont beaucoup, et même trop, de solutions de rechange, que cela soit pour le choix d’un politicien ordinaire ou d’un quelconque technicien du muscle en retraite». «Et puis, avoue ce fidèle, l’heure régionale est pour nos tuteurs au rapprochement avec l’Amérique, seul véritable rempart contre Netanyahu en définitive. Or Albright nous a clairement dit qu’elle veut des élections présidentielles normales, démocratiques et tout et tout, comme les municipales. L’amendement de l’article 45 C ferait tache dans le décor et déplairait beaucoup aux Américains qui après tout sont les deuxièmes grands électeurs chez nous». L’on s’attend ainsi dans certains cercles politiques que le prochain ambassadeur U.S., David Sutterfield, débarque à Awkar en septembre et s’attelle aussitôt aux présidentielles, en exploitant son riche carnet d’adresses local. Car ce diplomate a été conseiller d’ambassade au Liban et il y a noué un tissu serré d’amitiés ou de relations politiques.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Analyste politique reconnu, M. Farès Boueiz, ministre des Affaires étrangères, député du Kesrouan et gendre du chef de l’Etat, estime dans ses confidences à M. Melhem Karam, président de l’Ordre des rédacteurs, que l’amendement de l’article 49 C (Constitution) pour la présidentielle reste fonction des conditions qui prévaudront à la fin de l’été. Il précise, par allusion sans doute aux roquettes de Awkar et à l’explosion de Dora, qu’il faudra prendre en compte l’état de la stabilité et les tentatives de l’ébranler. Si le problème devait rester d’actualité, ajoute-t-il, alors on aurait effectivement tendance à amender la Constitution. Et sinon, les élections suivraient la procédure normale, sans retouche de l’article 49 C… M. Boueiz laisse donc entendre que cette révision «sécuritaire»,...