Des séoudiennes femmes d'affaires .. par procuration
le 24 juin 1998 à 00h00
Les Séoudiennes, obligées de sortir voilées et interdites de conduire des voitures, font depuis quelques années leurs premiers pas, discrets, dans le monde des affaires. Elles sont 5.000 femmes dans la capitale, Ryad, et 1.100 à Djeddah, le grand port séoudien sur la mer Rouge, à s’être enregistrées au registre commercial. Toutefois, en raison de la ségrégation des sexes dans le royaume, elles ne peuvent faire des affaires que…par procuration. En vertu de la législation séoudienne, «l’Etat permet à la femme d’investir dans divers domaines économiques mais dans les limites fixées par la charia (loi islamique)». La femme d’affaires est ainsi tenue de «charger un tuteur ou garant séoudien de la représenter auprès des institutions officielles et pour toute tractation avec une tierce partie». Elle ne peut non plus être représentée par son mari si ce dernier est un étranger ou un fonctionnaire de l’Etat. Tout contact avec des hommes lui est absolument interdit, le royaume imposant une stricte séparation des sexes. Dans les ateliers de couture, «il est absolument interdit à une Séoudienne d’entrer en contact avec des couturiers du sexe opposé», selon les instructions de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Ryad. L’obligation de garants pour gérer leurs affaires est considérée par les Séoudiennes comme la principale entrave à l’investissement dans le secteur privé, selon une étude réalisée par la Chambre. C’est pourquoi, selon le président du conseil d’administration de la Chambre Abderrahman al-Jarissi, «les entreprises appartenant à des Séoudiennes ne représentent que 5% du total des entreprises dans le royaume». Selon lui, quelque 5.000 Séoudiennes ont des registres commerciaux à la Chambre de Ryad et 1.100 à celle de Djeddah. Le gros des investissements est dirigé vers le secteur des services comme les ateliers de couture, les boutiques de décor et les salons de beauté, a-t-il déclaré au quotidien al-Iqtissadiya. Selon un questionnaire réalisé par la Chambre, la majorité des femmes interrogées se plaignent notamment de «la difficulté de traiter directement avec les parties concernées». Toutes réclament «la création d’une section féminine au sein de la Chambre pour permettre aux femmes de gérer elles-mêmes leurs affaires, sans avoir besoin d’intermédiaire». «Où sommes-nous de la «séoudisation» féminine des emplois dans le secteur privé?», s’interroge Nadia Ba-Echn, une universitaire séoudienne, dans une interview publiée par la revue économique «Tijarat al-Ryadh». (AFP)
Les Séoudiennes, obligées de sortir voilées et interdites de conduire des voitures, font depuis quelques années leurs premiers pas, discrets, dans le monde des affaires. Elles sont 5.000 femmes dans la capitale, Ryad, et 1.100 à Djeddah, le grand port séoudien sur la mer Rouge, à s’être enregistrées au registre commercial. Toutefois, en raison de la ségrégation des sexes dans le royaume, elles ne peuvent faire des affaires que…par procuration. En vertu de la législation séoudienne, «l’Etat permet à la femme d’investir dans divers domaines économiques mais dans les limites fixées par la charia (loi islamique)». La femme d’affaires est ainsi tenue de «charger un tuteur ou garant séoudien de la représenter auprès des institutions officielles et pour toute tractation avec une tierce partie». Elle ne peut non...
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