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Actualités - Chronologie

Gay Pride 98 militante à Paris (photos)

Le défilé traditionnel des homosexuels à Paris, la Gay Pride 1998, coincé entre la Coupe du monde de football et la fête de musique hier, a connu une mobilisation à nouveau très importante cette année, avec une coloration cependant plus militante. Quelque 100.000 personnes selon les organisateurs, 35.000 selon la préfecture de police, ont défilé à travers la capitale, du Quartier Latin à la place de la Nation, à l’appel de l’association Lesbian and Gay Pride, organisatrice de cette manifestation. Le défilé se poursuivait en fin d’après-midi. L’an dernier, Paris accueillait l’EuroPride qui avait réuni 150.000 personnes selon les organisateurs et 30.000 selon la police. Trois députés socialistes, l’ancien ministre de la Culture et président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale Jack Lang, Catherine Tasca et Bertrand Delanoï ouvraient le cortège, très festif, qui marchait lentement au rythme de la musique techno. Une quarantaine de camions, transformés en chars de carnaval, étaient sponsorisés par des boîtes de nuit, des radios locales, des marques de préservatifs ou représentaient des associations. Drag Queens exubérants, costauds en latex et jeunes femmes enlacées ont défilé, en disputant aux touristes les terrasses à l’ombre ou une place au bar, dans une chaleur caniculaire. Les participants à la marche, ayant pour thème «gays et lesbiennes ont des droits: les droits de l’homme», ont mis l’accent sur la défense du Pacte civil de solidarité (PACS) dont l’Assemblée nationale doit débattre à l’automne. Il devrait permettre à des couples non mariés, notamment homosexuels, d’avoir un certain nombre d’avantages sociaux. Les droits et les devoirs Les quelque soixante associations de défense des homosexuels ainsi que les ONG et associations de défense des droits de l’homme qui participent à la Gay Pride entendent rappeler «qu’en France comme en Europe, hétérosexuels et homosexuels ne bénéficient pas des mêmes droits alors qu’ils remplissent les mêmes devoirs de citoyens». Le jour même, le président gaulliste Jacques Chirac a une nouvelle fois pris position contre toute «imitation des règles du mariage», et défendu l’institution du mariage. Devant l’assemblée générale de l’Union nationale des associations familiales (UNAF), à Perpignan (Sud), M. Chirac a reconnu qu’il fallait «prendre en compte des situations humaines parfois douloureuses». Mais soulignant que «la loi n’est pas faite pour condamner les mœurs», il s’est interrogé de savoir «quand le don de la vie est exclu, pourquoi le législateur irait-il étendre des règles qui n’ont en réalité été posées que dans l’intérêt de l’enfant». Un Français sur deux est favorable à l’instauration d’un Pacte civil de solidarité. M. Chirac a plus globalement dénoncé la politique familiale «en trompe-l’œil» du gouvernement de gauche de Lionel Jospin, arrêtée une semaine plus tôt par une conférence sur la famille, un terrain longtemps chasse gardée de la droite. M. Jospin avait notamment annoncé le rétablissement des allocations familiales pour toutes les familles d’au moins deux enfants, supprimant une mise sous condition de revenus décidée il y a à peine un an par son gouvernement. En contrepartie, le quotient familial, qui influence le calcul de l’impôt, sera revu à la baisse, une mesure qui devrait pénaliser 400.000 familles mais considérée comme«plus redistributive». (AFP)
Le défilé traditionnel des homosexuels à Paris, la Gay Pride 1998, coincé entre la Coupe du monde de football et la fête de musique hier, a connu une mobilisation à nouveau très importante cette année, avec une coloration cependant plus militante. Quelque 100.000 personnes selon les organisateurs, 35.000 selon la préfecture de police, ont défilé à travers la capitale, du Quartier Latin à la place de la Nation, à l’appel de l’association Lesbian and Gay Pride, organisatrice de cette manifestation. Le défilé se poursuivait en fin d’après-midi. L’an dernier, Paris accueillait l’EuroPride qui avait réuni 150.000 personnes selon les organisateurs et 30.000 selon la police. Trois députés socialistes, l’ancien ministre de la Culture et président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée...