Rechercher
Rechercher

Actualités - Reportage

Ilana, une djette électronique, au sourire angélique (photos)

Ilana est djette (prononcer didjette) de soirées technos. Elle a le physique à contre courant de l’emploi: silhouette frêle, sourire angélique, yeux bleu ciel, pour elle la techno c’est mélodieux. Cette Française née en Colombie explore la techno depuis cinq ans maintenant. D’une voix éraillée au fort accent hispanique, elle explique qu’être Dj techno, c’est d’abord un mode de vie. «Je suis accro à la magie qui nait quand on arrive à faire passer le courant à travers la musique, avec le public» dit-elle. «Je suis dans un milieu où tout le monde fait de la musique pour la musique, loin du show-off. C’est une famille. Nous avons tous un même état d’esprit de tolérance. Avec cette musique il n’y a pas de frontières, pas de différences sociales. On vit cette musique, on la partage». Un DJ, c’est d’abord un collectionneur de vinyls, estime-t-elle, qui aime donc forcément la musique. Les mixages commencent à se faire avec des cds, mais «il n’y a pas ce contact tactile chaleureux qu’on a avec les vinyls. On peut les manipuler, en accélérer le rythme ou au contraire les ralentir, ce qu’on ne peut pas faire avec un compact disque» dit-elle. Les DJs ont toujours existé, programmateurs dans des boîtes de nuit ou dans des soirées. Le DJ techno travaille, pour sa part, surtout avec une musique dite électronique. «Et avec des artistes souvent inconnus». Il est le grand ordonnateur de la soirée, il en donne le tempo, procède à des mélanges, recompose, à partir de différents morceaux, une musique unique, éphémère, puisque sitôt créée sitôt disparue. «Il prend aussi des risques, parfois, en faisant découvrir de nouvelles musiques. Il doit aussi savoir s’adapter, c’est-à-dire sentir le public et lui faire plaisir». La techno, c’est une musique enregistrée électroniquement. «Les effets, les filtres et la synthèse du son sont faits de manière électronique. Ils altèrent le son, lui donnant une acoustique métallique». Le DJ utilise entre 20 et 25 disques en une heure. Il apporte ses disques avec lui. Chaque DJ a son style, adhère à un courant: le «Drum & bass» très cadencé; la «house music» née à Chicago est un développement de la disco et offre des beats plus réguliers; «la techno» pure électronique a vu le jour à Détroit, son tempo est plus saccadé; la «transe» une techno plus mélodieuse, au son plus simple, plus superflu; l’«ambiante» qui s’approche de la musique «new-age»; le reggae a apporté une nouvelle énergie. Ilana a des influences qui puisent au coeur de la musique latino-américaine et du jazz. «Je suis sensible à cette grande chaleur dans les sonorités et les rythmes; ainsi qu’aux émotions mélancoliques du jazz et du blues». Mais elle estime que la techno, «malgré ses sonorités métalliques, a un côté émotionnel». Fatigant, le métier de DJ l’est pour plus d’une raison: «d’abord à vivre tout le temps de nuit, nous sommes à contre-courant de notre rythme naturel. Les soirées sont épuisantes, il faut y être très concentré, l’ouïe à l’affût, les sens en éveil. Les disques sont lourds à manipuler. Et quand nous sommes en déplacement, il y a le voyage, les changements d’habitudes...». Malgré tout cela, être Djette «c’est passionnant parce qu’il y a ce dialogue permanent avec les gens, sur scène ou en dehors». Une fois acquise la technique de mixage, le DJ peut laisser parler sa sensibilité, son tempo, son humeur. Trois platines, un mixeur, des disques de vinyl et son imagination flambe. Il improvise ses compositions. Afin d’être toujours compétitif, il doit se tenir au courant, suivre les tendances, être curieux de toute nouveauté. Quand le public voit une femme aux commandes, «il est d’abord étonné» raconte Ilana. «On est souvent sous-estimé. Pourtant, une femme apporte un plus. Sa sensibilité vient s’ajouter à la musique qui est déjà par elle-même un langage émotionnel...». Tout est musique pour Ilana. «La musique est l’expression de la vie» dit-elle. «Chaque bruit a une musicalité: la mer, les feuilles des arbres... le silence».
Ilana est djette (prononcer didjette) de soirées technos. Elle a le physique à contre courant de l’emploi: silhouette frêle, sourire angélique, yeux bleu ciel, pour elle la techno c’est mélodieux. Cette Française née en Colombie explore la techno depuis cinq ans maintenant. D’une voix éraillée au fort accent hispanique, elle explique qu’être Dj techno, c’est d’abord un mode de vie. «Je suis accro à la magie qui nait quand on arrive à faire passer le courant à travers la musique, avec le public» dit-elle. «Je suis dans un milieu où tout le monde fait de la musique pour la musique, loin du show-off. C’est une famille. Nous avons tous un même état d’esprit de tolérance. Avec cette musique il n’y a pas de frontières, pas de différences sociales. On vit cette musique, on la partage». Un DJ, c’est...