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Actualités - Chronologie

Urbanisme Le XXIe siècle, déjà

Les urbanistes de onze pays de l’Union européenne s’engagent par une «charte pour l’urbanisme des villes du XXIe siècle», qu’ils viennent de rendre publique, à œuvrer pour que les villes se développent en harmonie avec leur environnement et avec les aspirations des citoyens. Cette charte d’une cinquantaine de pages, destinée à remplacer la charte d’Athènes de 1933, réécrite en 1942 par Le Corbusier, est le fruit d’un travail collectif de près de trois ans, d’urbanistes de onze pays (Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, France, Irlande, Italie, Pays-Bas, Portugal, Grèce et Royaume-Uni) regroupés au sein du Conseil européen des urbanistes. La «Nouvelle charte d’Athènes 1998» refuse la «facilité inopérante et dangereuse des recettes et des villes-modèles» et entend faire «la place la plus large possible à l’intérêt de l’homme dans la ville de demain». Elle veut rompre avec le manifeste, également collectif, rédigé en 1933, qui fut la bible de plusieurs générations d’architectes et d’administrateurs, et qui proposait une liste de recettes pour une ville universelle, fonctionnelle, organisée autour des fonctions majeures que sont l’habitation, le travail, les loisirs, la circulation. Après une phase d’euphorie, l’urbanisme «progressiste» a été remis en question mais les effets se font sentir encore de nos jours, les «grands ensembles» dortoirs des années 70 en étant encore le fruit, comme certaines villes nouvelles où l’espace piéton, avec les fameuses «dalles», est séparé des axes de circulation. Dans le désordre Les auteurs de la charte critiquent aussi la tendance à développer la ville selon les besoins d’équipement et les flux démographiques, sans prendre en compte les besoins sociaux et les exigences des populations en matière d’environnement. Ainsi se sont développées dans le désordre les périphéries des villes, où ont été concentrées les activités commerciales ou résidentielles dans des zones spécialisées, négligeant les infrastructures. La charte privilégie au contraire la ville mixte, où toutes les activités sont réunies, conviviale, donnant une large place à la participation des habitants, encouragée par de nombreux lieux de rencontres, d’équipements sociaux et culturels de proximité, et tenant compte si possible du patrimoine historique. Au lieu de s’arc-bouter sur des limites administratives héritées d’un passé révolu, l’urbanisme doit s’appuyer sur de nouveaux espaces, quartier, ville, agglomération, réseaux de villes ou de communes, en inventant de nouvelles formes de solidarité et d’équité. La charte fait dix recommandations, parmi lesquelles la préservation des ressources naturelles et l’organisation de véritables «couloirs verts» entre centre-ville et l’extérieur, la diminution des besoins de transport par une meilleure réparation des lieux d’activités, l’offre d’une plus grande diversité de logements. Les urbanistes européens mettent en garde contre l’inexorable concentration des populations et des activités dans les villes, dans les prochaines années. «Il ne s’agit plus de faire croire que chaque ville peut continuer à jouer à l’apprenti sorcier avec ces problèmes», dit Charles Lambert, président de la société française des urbanistes. Le texte de la charte est destiné au grand public autant qu’aux spécialistes de la ville, et une réflexion sera engagée avant la Conférence sur la ville du XXIe siècle qu’ils entendent organiser en novembre 1998. (AFP)
Les urbanistes de onze pays de l’Union européenne s’engagent par une «charte pour l’urbanisme des villes du XXIe siècle», qu’ils viennent de rendre publique, à œuvrer pour que les villes se développent en harmonie avec leur environnement et avec les aspirations des citoyens. Cette charte d’une cinquantaine de pages, destinée à remplacer la charte d’Athènes de 1933, réécrite en 1942 par Le Corbusier, est le fruit d’un travail collectif de près de trois ans, d’urbanistes de onze pays (Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, France, Irlande, Italie, Pays-Bas, Portugal, Grèce et Royaume-Uni) regroupés au sein du Conseil européen des urbanistes. La «Nouvelle charte d’Athènes 1998» refuse la «facilité inopérante et dangereuse des recettes et des villes-modèles» et entend faire «la place la plus large...