Bill Richardson s’est plus illustré par des «coups» diplomatiques que dans le quotidien de la diplomatie onusienne. «Il est le Red Adair de la diplomatie», a dit de lui Georges Stephanopoulos, un ancien proche conseiller du président Bill Clinton, en faisant allusion à l’homme qui a éteint les puits de pétrole du Koweit en feu après la guerre du Golfe. Grand et massif, jovial et doté d’un solide humour, Bill Richardson, 50 ans, est un négociateur habile, servi par une rare qualité: il sait écouter ses interlocuteurs, qu’il s’agisse de Saddam Hussein, Fidel Castro ou Laurent-Désiré Kabila. Bill Richardson est «un négociateur habile. Il s’asseoit et il écoute, et les gens lui font confiance», a ajouté George Stephanopoulos. Un diplomate européen, qui s’est parfois durement opposé à lui lors des multiples crises sur l’Irak, avoue qu’«on n’arrive pas à le détester». L’ambassadeur du Portugal, Antonio Monteiro, qui préside le Conseil de Sécurité, a affirmé qu’il «donne une touche humaine à tout ce qu’il fait». Mais si ses qualités humaines sont unanimement appréciées par ses pairs du Conseil de Sécurité, ceux-ci affirment aussi qu’il ne s’intéresse guère aux détails des dossiers. «C’est un bon porte-parole», dit ainsi un diplomate qui souligne que Bill Richardson se contentait souvent de répercuter les positions de Washington. Proche de Bill Clinton, membre du cabinet, il a continué à effectuer pour le compte de Washington des missions délicates en République démocratique du Congo et en Afghanistan. Double culture Dans le premier cas, en octobre dernier, il avait obtenu un accord du président congolais Laurent Désiré Kabila pour autoriser une mission d’enquête des Nations Unies sur les massacres de réfugiés hutus rwandais. Mais l’homme fort de l’ex-Zaïre n’a jamais tenu son engagement. Plus récemment, l’ambassadeur américain pensait avoir arraché un cessez-le-feu et une promesse de pourparlers entre les Taliban au pouvoir à Kaboul et une coalition de mouvements armés. Mais là aussi, la mission fut un échec, les combats reprenant dès le départ de M. Richardson. Cet ancien représentant démocrate du Nouveau-Mexique — il fut réélu sans discontinuité depuis 1982 — n’a pas non plus réussi à convaincre la majorité républicaine du Congrès de payer la dette américaine à l’ONU. Avant d’être nommé par Bill Clinton en décembre 1996 aux Nations Unies, Bill Richardson avait déjà été dépêché à plusieurs reprises par l’administration dans les pays les plus hostiles aux Etats-Unis, notamment pour y négocier la libération d’Américains détenus. Il a ainsi négocié avec succès avec le président irakien Saddam Hussein la libération d’un ingénieur américain en 1995. Il s’est aussi rendu en Corée du Nord pour obtenir la libération d’un jeune missionnaire américain détenu sous l’accusation d’espionnage et a négocié avec Pyongyang la question des dépouilles des Américains disparus pendant la guerre de 1950 - 53. Bill Richardson a aussi convaincu Fidel Castro de réduire de manière substantielle le montant de la somme que les Cubains doivent débourser pour émigrer. Né le 15 novembre 1947 à Pasadena, en Californie, de mère mexicaine et élevé au Mexique, ce diplômé en droit et en relations internationales affirme que sa double culture, hispanique et nord-américaine, est une des clés de son succès avec les dirigeants étrangers. (AFP)
Bill Richardson s’est plus illustré par des «coups» diplomatiques que dans le quotidien de la diplomatie onusienne. «Il est le Red Adair de la diplomatie», a dit de lui Georges Stephanopoulos, un ancien proche conseiller du président Bill Clinton, en faisant allusion à l’homme qui a éteint les puits de pétrole du Koweit en feu après la guerre du Golfe. Grand et massif, jovial et doté d’un solide humour, Bill Richardson, 50 ans, est un négociateur habile, servi par une rare qualité: il sait écouter ses interlocuteurs, qu’il s’agisse de Saddam Hussein, Fidel Castro ou Laurent-Désiré Kabila. Bill Richardson est «un négociateur habile. Il s’asseoit et il écoute, et les gens lui font confiance», a ajouté George Stephanopoulos. Un diplomate européen, qui s’est parfois durement opposé à lui lors des...
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