Le rapport d’Amnesty International est accablant: la torture est «systématiquement pratiquée» par Israël à l’encontre des Palestiniens arrêtés pour des motifs de sécurité. En 1997, les détenus palestiniens ont continué à être maltraités et ces pratiques «sont officiellement cautionnées par des directives secrètes autorisant les membres du Shin Bet (service de sécurité intérieure) à recourir à une pression physique et psychologique modérée». L’organisation humanitaire dénonce en outre, dans un rapport complémentaire portant sur les premiers mois de 1998, un projet de loi sur le Shin Bet adopté en février dernier. Pour Amnesty, ce texte «vise à légitimer une fois de plus le recours à la torture pendant l’interrogatoire de personnes détenues par Israël» pour des raisons de sécurité «et à permettre aux auteurs des ces sévices de s’y livrer en toute impunité». Le Comité des Nations Unies contre la torture avait estimé en mai dernier que «les méthodes d’interrogatoire employées par Israël constituent des formes de torture aux termes de l’article 13 de la Convention contre la torture», souligne l’organisation. Au moins 1.200 Palestiniens ont été arrêtés par les autorités israéliennes pour des motifs de sécurité; au moins 1.900 personnes ont été placées en détention administrative et 354 Palestiniens étaient toujours incarcérés à la fin de l’année 1997, rapporte l’organisme de défense des droits de l’homme, qui dénombre également 2.500 Palestiniens considérés comme prisonniers politiques. Amnesty dénonce en outre dans son rapport les «tribunaux militaires qui appliquent une procédure non conforme aux normes internationales d’équité». Elle cite le cas de près de 1.500 Palestiniens dont les aveux «souvent obtenus à la suite de sévices, étaient fréquemment le principal élément à charge». L’organisation critique aussi un arrêt rendu public le 6 mars dernier par la Cour suprême israélienne et autorisant le gouvernement à retenir en otages 10 Libanais afin qu’ils servent de «monnaie d’échange» pour la libération de militaires israéliens portés disparus. Selon elle, cet arrêt prétend autoriser ainsi «de manière explicite» le recours aux prises d’otages. M.-O., Afrique Le rapport annuel d’Amnesty International évoque par ailleurs la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. En Syrie, la libération de prisonniers politiques constitue «un pas positif de la part du gouvernement syrien», selon l’organisation, qui reste toutefois préoccupée par le «maintien en détention d’un grand nombre de prisonniers politiques, dont des objecteurs de conscience, condamnés à la suite de procès inéquitables». «La plupart auraient été torturés et maltraités», souligne le rapport. Dans les pays du Golfe, «des jugements judiciaires cruels et inhumains, tels que l’amputation, la flagellation et la lapidation, ont été fréquemment infligés dans différents pays, notamment en Arabie Séoudite, en Iran et au Yémen», selon le rapport. En Iran, «les procès politiques continuaient de ne pas respecter les normes en matière d’équité». Les prisonniers politiques sont privés de toute assistance juridique, «bien que la législation leur garantisse ce droit», note Amnesty. Plus positivement, l’organisation relève qu’en Egypte, «le Tribunal administratif suprême a confirmé le décret interdisant la pratique des mutilations génitales féminines dans les hôpitaux publics». Sur le continent africain, la poursuite des conflits armés et des troubles socio-politiques a entraîné en 1997 «d’effroyables violations des droits humains», selon le rapport. Dans son tour d’horizon planétaire des pays contrevenants, Amnesty répertorie notamment les exécutions «extrajudiciaires» ayant eu cours dans 55 pays, l’incarcération de prisonniers politiques dans au moins 87 Etats, la pratique de la torture dans 117 pays et les «disparitions» dans 31. L’organisation note au passage que le secret souvent est bien gardé, et que la situation véritable est probablement plus noire encore. Elle dénonce la pratique très répandue en Amérique latine des disparitions et meurtres imputables aux forces de sécurité, singularisant notamment à ce propos le Mexique, l’Argentine et la Colombie. Un progrès est toutefois relevé au Brésil, où la torture couramment pratiquée est désormais sanctionnée comme un crime.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le rapport d’Amnesty International est accablant: la torture est «systématiquement pratiquée» par Israël à l’encontre des Palestiniens arrêtés pour des motifs de sécurité. En 1997, les détenus palestiniens ont continué à être maltraités et ces pratiques «sont officiellement cautionnées par des directives secrètes autorisant les membres du Shin Bet (service de sécurité intérieure) à recourir à une pression physique et psychologique modérée». L’organisation humanitaire dénonce en outre, dans un rapport complémentaire portant sur les premiers mois de 1998, un projet de loi sur le Shin Bet adopté en février dernier. Pour Amnesty, ce texte «vise à légitimer une fois de plus le recours à la torture pendant l’interrogatoire de personnes détenues par Israël» pour des raisons de sécurité «et à...