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Actualités - Chronologie

France : la préférence nationale évoquée par Balladur suscite des remous

La proposition d’Edouard Balladur de créer une commission de réflexion sur la «préférence nationale» a été dénoncée par la gauche mais des responsables de droite ont jugé nécessaire d’en débattre pour mieux s’opposer au Front national. Bruno Mégret, délégué général du FN, a vu dans ces propos «la preuve que les idées du Front national progressent dans notre pays». Edouard Balladur a suggéré sur RTL que soit réunie «une commission avec des hommes et des femmes venus de tous les horizons pour réfléchir: est-il normal ou anormal, légitime ou contraire aux principes républicains, de réserver certaines prestations aux nationaux et de les refuser aux résidents étrangers?» «Le sentiment, égoïste peut-être, je le reconnais, qu’il vaudrait mieux commencer par servir les nationaux d’abord, est un sentiment qui se répand beaucoup plus qu’on ne le croit», a-t-il ajouté. Pour Alain Bergougnioux, secrétaire national du PS à la Communication, «ce sont des déclarations graves et ce sont des idées qui contreviennent aux principes de la République». Ces déclarations «camouflent en fait une opération politique, une double banalisation : banalisation d’un thème majeur du Front national et banalisation politique puisqu’il faudrait dans cette commission inviter aussi les dirigeants du Front national», a-t-il dit lors du point de presse hebdomadaire de sa formation. Les Verts ont accusé Edouard Balladur de «jouer au Millon», allusion à Charles Millon, élu président du Conseil régional Rhône-Alpes avec l’aide du Front national, et ont affirmé qu’ils ne participeraient pas à une telle commission de réflexion. Selon le parti de Dominique Voynet, la proposition d’Edouard Balladur «constitue un indicateur de la séduction opérée par les idées du Front national sur la droite, y compris modérée». Pour le Parti radical de gauche, l’ancien premier ministre «vient de rejoindre la droite de collaboration dont la renaissance date de l’élection de présidents de région avec l’appoint des voix et du programme de l’extrême-droite». Dans un communiqué, Jean-Marc Sabathé, secrétaire général du PRG et coordinateur du Comité national de vigilance contre l’extrême-droite, estime qu’Edouard Balladur «franchit le Rubicon à la grande satisfaction du Front national». «Ce qui se passe est très grave (…) La descente aux enfers de la droite ne fait que commencer», dit-il. Jean-Marc Sabathé rappelle que Jacques Chirac avait dénoncé le Front national comme une formation «de nature raciste et xénophobe» après les élections régionales, au mois de mars, et estime donc qu’Edouard Balladur «vient de donner une gifle» au chef de l’Etat. Le député RPR balladurien Patrick Devedjian, maire d’Anthony (Hauts-de-Seine), a assimilé ces réactions à «une tempête dans un verre d’eau». «On a le droit de parler de tout dans une démocratie. C’est le devoir de la droite républicaine de répondre au Front national», a-t-il dit sur LCI. «Je suis naturellement opposé à la préférence nationale mais il est nécessaire de mettre les choses au clair», a-t-il ajouté, en rappelant que «la situation juridique de notre pays est sur ce point confuse» puisque la préférence nationale existe d’ores et déjà depuis des décennies dans la Fonction publique. Un autre député RPR, Pierre Lellouche, a jugé qu’il n’était pas absurde de souhaiter affirmer la préférence nationale. «Dans les démocraties matures, je pense à des pays comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada, les USA, des législations du même ordre existent et personne ne s’en est offusqué puisqu’il est normal de traiter d’une façon préférentielle ceux qui sont membres de la nation par rapport à ceux qui ne le sont pas», a-t-il fait valoir sur France Info. «Donc faire un procès en sorcellerie à quiconque soulève ce problème relève pour moi du terrorisme intellectuel et en aucun cas d’une gestion saine de ce dossier. C’est une sorte de complicité objective avec ceux qui veulent que cette affaire soit uniquement réglée par la démagogie du Front national», a ajouté Pierre Lellouche. (Reuters)
La proposition d’Edouard Balladur de créer une commission de réflexion sur la «préférence nationale» a été dénoncée par la gauche mais des responsables de droite ont jugé nécessaire d’en débattre pour mieux s’opposer au Front national. Bruno Mégret, délégué général du FN, a vu dans ces propos «la preuve que les idées du Front national progressent dans notre pays». Edouard Balladur a suggéré sur RTL que soit réunie «une commission avec des hommes et des femmes venus de tous les horizons pour réfléchir: est-il normal ou anormal, légitime ou contraire aux principes républicains, de réserver certaines prestations aux nationaux et de les refuser aux résidents étrangers?» «Le sentiment, égoïste peut-être, je le reconnais, qu’il vaudrait mieux commencer par servir les nationaux d’abord, est un...