Le 20 novembre 1945 s’ouvre à Nuremberg, en Allemagne, un procès sans précédent: pour la première fois, les plus hauts dirigeants d’un Etat souverain, le Reich nazi, doivent répondre de leurs crimes devant un tribunal militaire composé de représentants des quatre puissances victorieuses (Etats-Unis, URSS, Grande-Bretagne et France). Les propos liminaires du président britannique, Geoffrey Lawrence, donnent le ton: «Le procès qui va commencer est unique dans les annales du droit mondial». «La véritable partie plaignante à la barre, c’est la civilisation», déclare pour sa part le procureur américain Robert Jackson à l’ouverture des débats, soulignant la mesure de l’événement et des attentes qu’il suscite. En l’absence du principal accusé, Adolf Hitler, de Joseph Gœbbels et Heinrich Himmler, qui se sont donnés la mort, douze condamnations à la pendaison, dont une par contumace contre le secrétaire de Hitler, Martin Bormann, sept peines de prison et trois acquittements sont prononcés. Les condamnés sont exécutés le 16 octobre 1946, à l’exception du maréchal Gœring qui s’est suicidé la veille dans sa cellule. Des trois condamnés à perpétuité, seul Rudolf Hess restera en prison juqu’à son suicide, en 1987. Tous les autres prisonniers seront libérés entre 1954 et 1966. Pour ce procès sans précédent, commencé six mois seulement après la capitulation allemande, il a fallu onze mois aux huit juges alliés pour prendre connaissance des 300.000 témoignages et 6.613 pièces à conviction, étayés par 42 volumes d’archives nazies. Depuis 1943, on s’affairait dans le camp allié sur le sort à réserver aux criminels de guerre. Joseph Staline préconisait de passer par les armes 50.000 officiers allemands. Malgré des réticences inavouables, Etats-Unis, Grande-Bretagne et URSS s’accordent finalement sur la tenue d’un procès. Dans un tribunal transformé en forteresse, un bataillon de procureurs alliés requiert pour crimes contre la paix, crimes de guerre et aussi sous la qualification inédite de complot contre la paix et préparation d’une guerre d’agression. Pour la première fois aussi apparaît l’accusation de «crime contre l’humanité», pour donner une réalité judiciaire à l’indicible des camps d’extermination. Après avoir été la ville symbolique du IIIe Reich, Nuremberg avait fait naître l’espoir d’une cour permanente de justice internationale qui châtierait ces crimes. (AFP)
Le 20 novembre 1945 s’ouvre à Nuremberg, en Allemagne, un procès sans précédent: pour la première fois, les plus hauts dirigeants d’un Etat souverain, le Reich nazi, doivent répondre de leurs crimes devant un tribunal militaire composé de représentants des quatre puissances victorieuses (Etats-Unis, URSS, Grande-Bretagne et France). Les propos liminaires du président britannique, Geoffrey Lawrence, donnent le ton: «Le procès qui va commencer est unique dans les annales du droit mondial». «La véritable partie plaignante à la barre, c’est la civilisation», déclare pour sa part le procureur américain Robert Jackson à l’ouverture des débats, soulignant la mesure de l’événement et des attentes qu’il suscite. En l’absence du principal accusé, Adolf Hitler, de Joseph Gœbbels et Heinrich Himmler, qui se sont...
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