L’armée sud-africaine faisait fabriquer des quantités massives de drogue Ecstasy pour neutraliser ses ennemis, dans le cadre de son programme chimique, a expliqué un témoin devant la Commission vérité et réconciliation (TRC). Johan Koekemoer, un chimiste, a indiqué qu’il avait personnellement fabriqué pour l’armée 912 kilogrammes d’Ecstasy, «pure comme le cristal», entre février 1992 et janvier 1993. La valeur marchande de cette drogue représentait à l’époque, a-t-il précisé, une valeur d’environ 200 millions de dollars. Déposant au second jour des auditions de la TRC sur le programme secret de recherche chimique et biologique de l’armée du temps de l’apartheid, M. Koekemoer a précisé qu’il avait reçu instruction de procéder à cette fabrication alors qu’il travaillait pour Delta G, une société écran montée en 1986 par les services secrets de l’armée (MI). Il avait d’abord mené des recherches sur une nouvelle génération de gaz lacrymogène, le CR, plus efficace que la version précédente, le CS. En 1990, le directeur général de Delta G, Philip Mijburgh, lui avait donné instruction de commencer à fabriquer de l’Ecstasy, qui n’était pas une substance interdite à l’époque en Afrique du Sud. Ce projet avait reçu l’approbation tacite du chef du département légal de la police, le général Lothar Neethling. Koekemoer a expliqué ses réticences à fabriquer une substance connue comme la «drogue d’amour» car il n’était pas convaincu de son efficacité pour mettre un ennemi hors d’état de nuire. «J’ai dit que je ne voulais pas aimer mon ennemi», a-t-il dit, se référant aux propriétés de l’Ecstasy, réputée rendre ses consommateurs plus communicatifs et conviviaux. «Je ne voulais pas embrasser mon ennemi», a-t-il poursuivi. «J’aurais plutôt fait porter mes recherches sur le système nerveux central, de manière à le désorienter pour l’empêcher d’agir efficacement». Interrogé par Hanif Vally, l’enquêteur de la TRC, Koekemoer a confirmé le contenu d’une lettre en date de juillet 1992 et signée par le chef de la médecine militaire, le général Niel Knobel, passant commande de 1.000 kg supplémentaires d’Ecstasy. Koekemoer avait été arrêté en 1997 pour possession, en 1992, de capsules s’étant révélées par la suite de l’Ecstasy pure. Les charges contre lui avaient été levées après qu’il eut accepté de témoigner contre le Dr Wouter Basson, chef du programme chimique et biologique de l’armée, arrêté en janvier 1997 pour trafic de stupéfiants. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’armée sud-africaine faisait fabriquer des quantités massives de drogue Ecstasy pour neutraliser ses ennemis, dans le cadre de son programme chimique, a expliqué un témoin devant la Commission vérité et réconciliation (TRC). Johan Koekemoer, un chimiste, a indiqué qu’il avait personnellement fabriqué pour l’armée 912 kilogrammes d’Ecstasy, «pure comme le cristal», entre février 1992 et janvier 1993. La valeur marchande de cette drogue représentait à l’époque, a-t-il précisé, une valeur d’environ 200 millions de dollars. Déposant au second jour des auditions de la TRC sur le programme secret de recherche chimique et biologique de l’armée du temps de l’apartheid, M. Koekemoer a précisé qu’il avait reçu instruction de procéder à cette fabrication alors qu’il travaillait pour Delta G, une...