Les mutins qui se sont soulevés il y a une semaine à Bissau exigent le départ du président Joao Bernardo Vieira et la tenue rapide d’élections, en se défendant de vouloir s’emparer du pouvoir dans l’ancienne colonie portugaise d’Afrique occidentale. «Ce n’est pas un coup d’Etat et nous ne sommes pas des responsables politiques. Nous ne voulons pas gouverner le pays», a insisté le commandant Gomes Fernandes, porte-parole des insurgés, à la radio RTP Africa. Le porte-parole a ajouté que le chef de l’Etat devait démissionner et que les élections devaient être organisées dans les trois ou quatre jours qui suivent. «Le nouveau gouvernement, quel qu’il soit, sera moins corrompu que l’actuel». Selon cet officier, les rebelles disposent des pièces de DCA capables d’abattre des appareils sénégalais ou guinéens. Dakar et Conakry prêtent main forte aux forces restées fidèles au président «Nino» Vieira pour mater la rébellion dirigée par l’ancien chef d’état-major de l’armée limogé le 7 mai pour corruption, le général Ansumane Mane. Les rebelles résisteraient toujours dans la caserne de Bra, principal dépôt de munitions du pays, dans le nord de la capitale proche de l’aéroport malgré les assauts des troupes sénégalaises et bissau-guinéennes. Le président gambien Yahya Jammeh s’est rendu dans plusieurs capitales ouest-africaines afin de rallier des soutiens à son initiative de médiation dans la crise bissau-guinéenne, a déclaré dimanche son ministre des Affaires étrangères. Jammeh a annoncé avoir obtenu l’accord du président bissau-guinéen Joao Bernardo Vieira et cherche désormais à joindre le chef des mutins, le général Ansumane Mane, qui a vécu en Gambie jusqu’à l’âge de 17 ans. A Bissau, les mutins ont nié que la caserne stratégique de Bra, proche de l’aéroport de la capitale, soit tombée aux mains des forces fidèles au président du pays, mais l’armée sénégalaise qui soutient ce dernier a dit en contrôler la plus grande partie. Le colonel Meissa Tamba, porte-parole de l’armée sénégalaise, avait déclaré à Dakar qu’une «résistance résiduelle» persistait autour de la caserne, ajoutant: «A l’intérieur du camp, tout est sous notre contrôle, y compris le dépôt de munitions». Un porte-parole des mutins, cité de Bissau par l’agence portugaise Lusa, avait un peu plus tôt qualifié de «pure propagande» les informations de source sénégalaise. De son côté, François Chappellet, ambassadeur de France dans l’ex-colonie portugaise d’Afrique de l’Ouest, a déclaré par téléphone de Dakar: «La caserne de Bra n’est pas entièrement sous le contrôle des forces loyalistes. Il y a toujours des poches de résistance aux abords de la caserne». Le colonel Tamba a reconnu que des tirs d’artillerie rebelles atteignaient encore les installations de Bra. L’armée sénégalaise, intervenue dans le pays voisin pour prêter main forte au président Joao Bernardo Vieira, avait annoncé dès samedi s’être emparée de la caserne de Bra en tuant une soixantaine d’insurgés dans l’opération. Selon Dakar, les mutins ont dû se replier dans la zone de l’aéroport qu’ils tiennent depuis le début de leur mouvement, provoqué il y a une semaine par le limogeage du général Ansumane Mane, ancien chef d’état-major. (Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les mutins qui se sont soulevés il y a une semaine à Bissau exigent le départ du président Joao Bernardo Vieira et la tenue rapide d’élections, en se défendant de vouloir s’emparer du pouvoir dans l’ancienne colonie portugaise d’Afrique occidentale. «Ce n’est pas un coup d’Etat et nous ne sommes pas des responsables politiques. Nous ne voulons pas gouverner le pays», a insisté le commandant Gomes Fernandes, porte-parole des insurgés, à la radio RTP Africa. Le porte-parole a ajouté que le chef de l’Etat devait démissionner et que les élections devaient être organisées dans les trois ou quatre jours qui suivent. «Le nouveau gouvernement, quel qu’il soit, sera moins corrompu que l’actuel». Selon cet officier, les rebelles disposent des pièces de DCA capables d’abattre des appareils sénégalais ou...