L’armée turque, farouche ennemie de l’intégrisme musulman, est inquiète de «la persistance de la menace du fondamentalisme religieux» en Turquie et réclame une lutte plus efficace de la part du gouvernement, a rapporté hier le journal de langue anglaise «Turkish Daily News». L’armée a organisé en son sein ces derniers mois une trentaine de réunions pour exposer la situation concernant cette menace, ajoute le journal, citant des sources militaires. Ces sources ont refusé de révéler les détails de ces réunions mais affirmé que toutes les activités des groupes religieux et le «capital islamique qui les finance» avaient été examinés. L’armée, gardienne des principes laïcs de la république, réclame depuis plusieurs mois une lutte efficace contre le fondamentalisme de la part du gouvernement du premier ministre Mesut Yilmaz. Elle demande notamment la stricte application de lois existantes sur la tenue vestimentaire dans la fonction publique et les universités d’Etat, le renforcement des mesures contre les activités des groupes islamistes et une étroite surveillance des sociétés et organisations soupçonnées de soutenir financièrement les activités fondamentalistes. Le gouvernement de coalition minoritaire de M. Yilmaz avait préparé en mars dernier, sous la pression des militaires, une dizaine de projets de loi en vue de renforcer la lutte contre le fondamentalisme religieux. Mais depuis ces projets n’ont pu être discutés au Parlement en raison de la présence d’une opposition au sein du parti de M. Yilmaz. «Rien n’est fait», a-t-on déploré de mêmes sources militaires, selon le journal. Ces projets de loi devaient passer en principe par le Parlement avant les vacances parlementaires prévues début juillet. Des purges en prévision Le magazine «Tempo» a publié, dans son édition de cette semaine, des photos dont il affirme qu’elles ont été prises secrètement près d’Istanbul et montrent un groupe d’activistes islamistes coiffés de turbans et armés, apparemment lors d’une séance d’endoctrination. Par ailleurs, le Conseil militaire suprême s’apprête à limoger une centaine d’officiers et sous-officiers pour leurs sympathies avec les islamistes fondamentalistes au cours d’une réunion extraordinaire qui se tiendra la semaine prochaine, selon la presse. L’armée turque est très sensible à toute tentative d’infiltrer ses rangs par les islamistes et procède à des purges de ce genre au moins deux fois par an. En 1997, plus de 200 officiers et sous-officiers, la majorité pour leurs sympathies avec l’intégrisme musulman, avaient été expulsés de l’armée. La forte pression des militaires et d’autres milieux prolaïcs hostiles à la présence des islamistes au pouvoir avait entraîné en juin 1997 la démission du premier ministre islamiste, Necmettin Erbakan, alors au pouvoir depuis un an. En janvier dernier, M. Erbakan a été interdit de politique pour cinq ans et son Parti de la Prospérité (Refah) a été dissous par la Cour constitutionnelle pour «activités contraires à la laïcité de l’Etat». Le Parti de la Vertu (Fazilet, islamiste) a remplacé le Refah et est devenu le premier parti en sièges au Parlement, comme l’était le Refah avant lui. Les militaires exercent leur influence sur le gouvernement par l’intermédiaire du Conseil national de sécurité (MGK), une instance qui réunit une fois par mois les cinq commandants en chef des armées et les principaux dirigeants civils du pays. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’armée turque, farouche ennemie de l’intégrisme musulman, est inquiète de «la persistance de la menace du fondamentalisme religieux» en Turquie et réclame une lutte plus efficace de la part du gouvernement, a rapporté hier le journal de langue anglaise «Turkish Daily News». L’armée a organisé en son sein ces derniers mois une trentaine de réunions pour exposer la situation concernant cette menace, ajoute le journal, citant des sources militaires. Ces sources ont refusé de révéler les détails de ces réunions mais affirmé que toutes les activités des groupes religieux et le «capital islamique qui les finance» avaient été examinés. L’armée, gardienne des principes laïcs de la république, réclame depuis plusieurs mois une lutte efficace contre le fondamentalisme de la part du gouvernement du premier...