Benedict McCarthy est conscient de la chance qu’il a de disputer la Coupe du monde de football. Parce que l’étoile de l’Afrique du Sud n’a que 20 ans et surtout qu’il vient d’un township du Cap où les jeunes pratiquent plus les coups de feu que les coups francs. Si le football lui a permis de sortir de la misère quotidienne et du danger des guerres de gangs, l’avant-centre des «Bafana Bafana» n’a pas oublié les siens. Et c’est pour eux aussi qu’il veut marquer des buts, pourquoi pas dès vendredi, à Marseille contre la France. «Pour quelqu’un qui vient d’un tel endroit, si vous pouvez marquer deux, trois ou quatre buts, ça motive beaucoup de gens, dit-il. Peut-être que la violence s’arrêterait et que les jeunes se mettraient à jouer au foot ou au cricket, prenant conscience qu’il n’est pas impossible de réaliser ses rêves». Des rêves, McCarthy en a déjà réalisé beaucoup, du premier club de ses cinq ans, les «Young Pirates», à l’Ajax d’Amsterdam, grand d’Europe avec lequel il a signé l’an dernier pour gagner le championnat des Pays-Bas, en passant par la première sélection contre les Pays-Bas et les sept buts inscrits lors de la Coupe d’Afrique des nations en février dernier au Burkina Faso. Pas de complexes Sans compter celui de sortir sa famille du township, promesse faite et qu’il a tenue dès la signature pour cinq ans avec l’Ajax. Aujourd’hui, lorsqu’il ferme les yeux, le jeune homme aux diamants (un dans chaque oreille) s’envole vers d’autres sommets. «Je rêve parfois de gagner la Coupe du monde mais la réalité vous oppose des joueurs comme Ronaldo, Zidane et Djorkaeff. Espérons qu’un jour je pourrai être classé dans cette catégorie». S’il en parle avec respect, McCarthy ne sombre nullement dans le complexe d’infériorité. Il est prêt à relever les défis, à commencer par le premier contre la France, pour montrer au monde entier qu’il peut, avec ses propres atouts (vitesse et sens du but), rivaliser avec les Zidane et autres Djorkaeff. «Nous devons gagner contre la France et je dois marquer, assure-t-il. Ce serait la cerise sur le gâteau». Un exploit qui aurait sans nul doute un énorme retentissement dans les townships. Troussier «connaît à 90%» son équipe L’entraîneur de l’Afrique du Sud, Philippe Troussier, a indiqué jeudi à Vitrolles qu’il «connaît à 90%» la composition de l’équipe qu’il alignera vendredi à Marseille pour affronter la France, pour son premier match du groupe C. Interrogé à son arrivée à l’hôtel de la délégation, situé à environ 25 km de Marseille, le sélectionneur des «Bafana Bafana» a expliqué qu’il «hésitait encore pour une ou deux places» dans une formation qui sera à «vocation offensive». «J’ai deux options que je peux appliquer avant la rencontre, voire pendant le match», a souligné le «sorcier blanc», annonçant que le défenseur Pierre Issa (Marseille) avait toutes les chances de débuter la partie, car il représente «un plus» pour l’équipe sud-africaine. «Il maîtrise l’environnement marseillais, est capable de nous donner de bonnes indications pour empêcher les montées de Laurent Blanc lors des corners et je suis sûr qu’une partie du public posera sur lui des yeux favorables», a-t-il ajouté. Issa et le gardien Hans Vonk devant être sur le terrain, Philippe Troussier doit encore faire son choix entre 11 joueurs pour 9 places: les quatre défenseurs David Nyathi, Willem Jackson, Mark Fish, Lucas Radebe, les quatre milieux de terrain Quinton Fortune, Jon Moshoeu, Helman Mkhalele, Brendan Augustine, et les trois attaquants Phil Masinga, Shaun Bartlett, Benedict McCarthy.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Benedict McCarthy est conscient de la chance qu’il a de disputer la Coupe du monde de football. Parce que l’étoile de l’Afrique du Sud n’a que 20 ans et surtout qu’il vient d’un township du Cap où les jeunes pratiquent plus les coups de feu que les coups francs. Si le football lui a permis de sortir de la misère quotidienne et du danger des guerres de gangs, l’avant-centre des «Bafana Bafana» n’a pas oublié les siens. Et c’est pour eux aussi qu’il veut marquer des buts, pourquoi pas dès vendredi, à Marseille contre la France. «Pour quelqu’un qui vient d’un tel endroit, si vous pouvez marquer deux, trois ou quatre buts, ça motive beaucoup de gens, dit-il. Peut-être que la violence s’arrêterait et que les jeunes se mettraient à jouer au foot ou au cricket, prenant conscience qu’il n’est pas...