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Actualités - Chronologie

Tokyo préconise des sanctions économiques

Seul pays victime de la bombe atomique, le Japon entend saisir l’occasion de la réunion vendredi à Londres du G8 sur les essais nucléaires en Inde et au Pakistan pour s’efforcer de jouer un rôle dans les discussions multilatérales sur le désarmement nucléaire. Tokyo n’a pas caché sa profonde inquiétude après les essais indiens suivis des essais pakistanais du mois dernier. Le Japon, qui a renoncé après la guerre à posséder l’arme atomique, craint que ces essais ne suscitent une course aux armements en Asie, région où la seule puissance nucléaire reconnue était jusque-là la Chine. Le Japon est donc partisan de mesures fortes pour dissuader l’Inde et le Pakistan de continuer sur cette voie. Tokyo préconise des sanctions économiques. Premier pays contributeur d’aides pour ces deux pays pauvres, le Japon a lui-même déjà gelé ses prêts au développement. Il invite aussi ses partenaires occidentaux à ne pas reconnaître le statut de puissance nucléaire à l’Inde et au Pakistan. Sur ce point, Tokyo a jusqu’à présent obtenu satisfaction. Tokyo s’est déclaré satisfait de la déclaration le 5 juin à Genève des cinq puissances nucléaires déclarées (P5) qui se prononcent en faveur du maintien du système actuel de non-prolifération nucléaire. Mais craignant sans le dire d’être tenu à l’écart des discussions et des décisions éventuelles qui suivront ces essais nucléaires, le Japon a aussi multiplié les initiatives, comme si Tokyo souhaitait convaincre de sa volonté et de sa capacité de mener une diplomatie active dans ce domaine. La principale idée avancée par le premier ministre Ryutaro Hashimoto est la création dans les meilleurs délais d’un «forum international» dont la tâche serait d’identifier en un an des propositions concrètes pour un désarmement nucléaire mondial. Trois points Tokyo entend soumettre cette proposition à Londres. Ce forum rassemblerait entre dix et vingt personnalités et experts représentant les pays du P5 (Etats-Unis, Russie, France, Chine, Grande-Bretagne) ainsi que le Japon, l’Inde, le Pakistan et éventuellement quelques autres pays. Hiroshima, ville détruite par une bombe atomique le 6 août 1945, a proposé d’accueillir la première réunion de ce forum qui pourrait être présidé par Yasushi Akashi, ancien secrétaire général adjoint des Nations Unies et directeur de l’Institut pour la paix de la ville de Hiroshima. Cette offre n’a cependant pas recueilli pour le moment de réactions particulièrement enthousiastes dans les grandes capitales, et les médias japonais ont ouvertement exprimé leur scepticisme sur les chances de succès de cette initiative. Le Japon dépêchera à Londres son ministre des Affaires étrangères, Keizo Obuchi. Ce dernier a suggéré une réunion avant celle de Londres de pays qui peuvent fabriquer la bombe mais qui ne l’ont pas fait, tels le Canada, le Brésil ou l’Allemagne. Cette proposition n’a suscité aucun écho significatif. Tokyo a aussi émis l’idée d’organiser une conférence internationale sur le Cachemire pour tenter de résoudre le principal différend entre l’Inde et le Pakistan, le Japon offrant un rôle de médiation aux deux adversaires. Si Islamabad a réagi plutôt favorablement à cette proposition, New Delhi a carrément dit non, estimant que le Cachemire constituait une question strictement bilatérale. Selon les médias nippons, M. Obuchi plaidera pour l’inscription dans le communiqué final de la conférence de trois points. • le P5 réaffirme son refus d’accorder le statut de puissance nucléaire à l’Inde et au Paksitan. • le P5 entend favoriser les efforts de détente entre New Delhi et Islamabad. • les pays dotés de l’arme nucléaire s’engagent à poursuivre leurs efforts de désarmement nucléaire. (AFP)
Seul pays victime de la bombe atomique, le Japon entend saisir l’occasion de la réunion vendredi à Londres du G8 sur les essais nucléaires en Inde et au Pakistan pour s’efforcer de jouer un rôle dans les discussions multilatérales sur le désarmement nucléaire. Tokyo n’a pas caché sa profonde inquiétude après les essais indiens suivis des essais pakistanais du mois dernier. Le Japon, qui a renoncé après la guerre à posséder l’arme atomique, craint que ces essais ne suscitent une course aux armements en Asie, région où la seule puissance nucléaire reconnue était jusque-là la Chine. Le Japon est donc partisan de mesures fortes pour dissuader l’Inde et le Pakistan de continuer sur cette voie. Tokyo préconise des sanctions économiques. Premier pays contributeur d’aides pour ces deux pays pauvres, le Japon a...