Le chef des inspecteurs en désarmement de l’Irak, Richard Butler, va présenter aux Irakiens leur «feuille de route» en vue d’une levée des sanctions. Le diplomate australien a déclaré jeudi qu’il présenterait la semaine prochaine à Bagdad au vice-premier ministre irakien Tarek Aziz la liste des tâches que l’Irak doit encore accomplir dans les domaines biologiques, chimiques et balistiques. Mais il a aussi laissé entendre, pour la première fois, que dans certains domaines, les inspecteurs ne pourront jamais avoir une certitude «à 100%» et qu’il appartiendra alors au Conseil de Sécurité de prendre une décision politique. Le chef de la Commission spéciale sur le désarmement de l’Irak (UNSCOM) a informé les quinze membres du Conseil de Sécurité sur l’état du désarmement irakien pendant un jour et demi, mercredi et jeudi. Il a donné aux membres du conseil ce qu’il a appelé la «feuille de route» de l’Irak, c’est-à-dire un document de trois pages qui établit la liste de ce que l’Irak doit encore faire. Selon des diplomates qui ont participé à la réunion à huis clos, M. Butler a assuré qu’il s’agissait d’une liste définitive. Mais sur l’insistance de la Russie, de la France et de la Chine, le conseil n’a pas endossé cette «feuille de route». M. Butler a déclaré, lors d’une conférence de presse, que «si l’Irak achève de manière satisfaisante» les tâches mentionnées sur cette liste, il sera alors en mesure de rapporter au conseil que Bagdad a terminé son désarmement, ce qui permettra une levée des sanctions. Celles-ci ne pourront en effet être levées que lorsque l’UNSCOM certifiera que l’Irak ne possède plus d’armes de destruction massive. Auparavant, M. Butler a souligné qu’il se rendrait la semaine prochaine à Bagdad pour des entretiens avec M. Aziz les 13 et 14 juin. «Je discuterai avec lui de ce qu’il faut faire pour remplir la feuille de route, du temps que cela prendra, des obstacles sur la route», a dit M. Butler. A son retour d’Irak, il reviendra devant le conseil pour rendre compte de ses entretiens. Les missiles conventionnels Le chef de l’UNSCOM a reconnu que lors de la réunion, «les experts ont évoqué pour la première fois la possibilité que, dans certains domaines, une vérification à 100% ne soit pas réalisable». Il a cité le cas des ogives de missiles conventionnels. «A ma connaissance, c’est la première fois que ce concept est mis sur la table du conseil», a-t-il dit. Il a souligné que le conseil «à un certain moment devra s’en saisir», car il s’agit de déterminer «combien est assez». «On commence à sortir un peu du terrain technique pour entrer sur le terrain politique». Les traditionnelles divisions du conseil sur la question irakienne se sont reflétées dans les réactions des délégations à la réunion d’information avec l’UNSCOM. Le représentant des Etats-Unis à l’ONU, Bill Richardson, a affirmé que la réunion avait démontré que l’Irak continue «à tromper» la communauté internationale sur son programme d’armement. «L’Irak n’a pas dévoilé ses programmes» d’armement, a-t-il dit à la presse à l’issue de la présentation de l’UNSCOM, qu’il a qualifiée de «complète, factuelle et totalement crédible».(AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le chef des inspecteurs en désarmement de l’Irak, Richard Butler, va présenter aux Irakiens leur «feuille de route» en vue d’une levée des sanctions. Le diplomate australien a déclaré jeudi qu’il présenterait la semaine prochaine à Bagdad au vice-premier ministre irakien Tarek Aziz la liste des tâches que l’Irak doit encore accomplir dans les domaines biologiques, chimiques et balistiques. Mais il a aussi laissé entendre, pour la première fois, que dans certains domaines, les inspecteurs ne pourront jamais avoir une certitude «à 100%» et qu’il appartiendra alors au Conseil de Sécurité de prendre une décision politique. Le chef de la Commission spéciale sur le désarmement de l’Irak (UNSCOM) a informé les quinze membres du Conseil de Sécurité sur l’état du désarmement irakien pendant un jour et demi,...