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Actualités - Chronologie

Le conflit éthio-érythréen tourne à la guerre ouverte

Le conflit frontalier entre Addis Abeba et Asmara tourne peu à peu à la guerre ouverte après des combats qui ont fait plus de cent morts et blessés dans les rangs érythréens, selon Addis Abeba. Les incidents armés entre les deux pays se multiplient désormais sur deux fronts, malgré trois médiations internationales, américaine, rwandaise et une régionale menée par l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD). Les médiateurs veulent empêcher le conflit de dégénérer et de transformer toute la corne de l’Afrique en une zone de conflits. Le pape Jean-Paul II a, à son tour, adressé un appel à l’Erythrée et à l’Ethiopie les invitant à trouver des solutions négociées à leur contentieux. L’armée éthiopienne a «lancé une attaque soutenue par des chars et de l’artillerie» dans le sud du territoire érythréen, dans la zone de Ambesete Geleba (165 kilomètres au Nord de Mekelé, capitale du Tigré, territoire éthiopien), selon un communiqué du ministère érythréen des Affaires étrangères. Plus de 100 morts Le communiqué confirme les incidents de ces derniers jours, en affirmant que les troupes éthiopiennes avaient déjà lancé quatre attaques les 22, 23 et 25 mai dans la région du fleuve frontière Setit, et le 31 dans la zone d’Aïga-Alitea. La dernière attaque «représente une nouvelle et dangereuse escalade dans la crise entre l’Erythrée et l’Ethiopie», affirme le communiqué, soulignant qu’elle pouvait «provoquer une confrontation plus large». Une source officielle éthiopienne a indiqué que les troupes érythréennes ont essayé de reprendre des positions perdues du côté de Aïga (185 kilomètres de Mekelé), mais ont dû faire face à l’armée éthiopienne. Les forces érythréennes ont tenté de traverser la frontière entre les deux pays à 175 kilomètres de Mekelé, à proximité de Zalanbessa, dans la zone de Aïga, a ajouté la source officielle éthiopienne. Des tirs d’artillerie lourde ont été échangés entre les deux armées et «il y aurait eu des victimes» a indiqué la source. Les combats entre forces éthiopiennes et érythréennes dans cette zone ont fait plus de 100 morts et blessés parmi les troupes érythréennes, a indiqué une source officielle éthiopienne qui ne donnait pas de bilan de ses pertes. Une source humanitaire avait fait état de plus de 100 morts et blessés dans les deux camps. Faire émigrer une nation Les incidents ont débuté le 12 mai dernier dans le triangle de Yirga, notamment à Badme, au nord-ouest de l’Ethiopie. Depuis, les deux pays ont déployé leurs troupes sur une frontière longue de presque de 1000 kilomètres. Addis Abeba et Asmara restent sur leurs positions. L’Ethiopie exige un retrait «inconditionnel» des troupes érythréennes de son territoire avant toute négociation. Asmara a réitéré «son appel à la démilitarisation totale de la zone frontalière» tout en affirmant que le gouvernement éthiopien persistait dans sa position intransigeante de «lancer une guerre totale» s’il n’y a pas de «retrait inconditionnel» de l’Erythrée des territoires «qui sont indiscutablement érythréens». La zone d’Alitena fait partie des zones réclamées par les autorités d’Asmara, comme Badme, Tsorona et Bada. Un retrait érythréen «est moralement inacceptable et ne se produira jamais, jamais», avait déclaré le président érythréen Issaias Afeworki dans un entretien accordé à BBC à Asmara, cité par l’hebdomadaire éthiopien «The Reporter». «Nous défendrons notre souveraineté à n’importe quel prix», a affirmé Issaias Afeworki en ajoutant que «nous demander de nous retirer de notre propre territoire est comme demander à une nation et un peuple souverains d’émigrer vers un autre pays». Le président érythréen a estimé que les frontières entre l’Ethiopie et l’Erythrée étaient clairement définies par les traités bilatéraux et trilatéraux signés entre l’Italie, à l’époque puissance coloniale de l’Erythrée, la Grande-Bretagne et l’Ethiopie le 10 juillet 1900, le 15 mai 1902 et le 16 mai 1906. (AFP)
Le conflit frontalier entre Addis Abeba et Asmara tourne peu à peu à la guerre ouverte après des combats qui ont fait plus de cent morts et blessés dans les rangs érythréens, selon Addis Abeba. Les incidents armés entre les deux pays se multiplient désormais sur deux fronts, malgré trois médiations internationales, américaine, rwandaise et une régionale menée par l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD). Les médiateurs veulent empêcher le conflit de dégénérer et de transformer toute la corne de l’Afrique en une zone de conflits. Le pape Jean-Paul II a, à son tour, adressé un appel à l’Erythrée et à l’Ethiopie les invitant à trouver des solutions négociées à leur contentieux. L’armée éthiopienne a «lancé une attaque soutenue par des chars et de l’artillerie» dans le sud du...