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Actualités - Analyse

Le sud toujours à la remorque du dossier régional

Chirac parle, Israël se fâche… Mais peut-on vraiment amorcer le traitement de la 425 indépendamment des négociations syro-israéliennes ou même israélo-palestiniennes? La sauce n’est-elle pas désormais trop liée, avec du reste l’assentiment des autorités de Beyrouth qui ont ces dernières années préféré à tout le jumelage Sud-Golan? Faut-il attendre l’éventuel déblocage des trois volets à la fois, grâce à une problématique relance de l’initiative américaine après un hypothétique sommet arabe? Le secrétaire général des Nations Unies a sollicité l’avis du Liban sur les propositions de Netanyahu concernant la 425, pour voir s’il y aurait quelque chose à faire de son propre côté. Une démarche superfétatoire, presque absurde à la limite car le point de vue libanais est archi-connu et du reste répété à M. Annan au moment même où il posait sa question. Confirmant ce qu’ils répètent depuis des années, les dirigeants libanais ont en effet tout de suite réagi aux propositions de Netanyahu en soulignant que le retrait israélien ne doit s’accompagner d’aucune condition, ajoutant que le Liban saura assumer ses responsabilités en matière de sécurité frontalière une fois l’occupant reparti. Mais précisant qu’aucune garantie d’Etat ne peut être donnée quant à l’arrêt des actions anti-israéliennes à partir du territoire libanais tant que la paix globale, seule source de vraie sécurité, n’est pas réalisée dans la région. Ce qui est un peu dire une chose et son contraire, affirmer qu’on saura tenir la frontière après le retrait mais qu’on ne peut le garantir… Et comme la paix globale invoquée cela signifie avant tout aux yeux de Beyrouth comme de Damas la restitution du Golan, la position libanaise revient en pratique à indiquer que le retrait israélien du Sud peut attendre si Israël veut qu’il corresponde à ses propres desiderata. Et en prime, les Libanais précisent qu’il faut, toujours pour une paix globale, régler d’autres questions comme les eaux ou les réfugiés palestiniens, dossiers à dire vrai introduits dans le cycle de ces négociations multilatérales auxquelles ni Damas ni Beyrouth n’acceptent de participer tant que les bilatérales n’auront pas marqué des progrès significatifs. Ceci étant, le ministre libanais des Affaires étrangères M. Farès Boueiz estime dans ses déclarations que le gouvernement de Netanyahu tente de rééditer avec les Libanais la tactique adoptée avec les Jordaniens et les Palestiniens. A savoir la proclamation de têtes de chapitres générales concernant ses conditions puis par la suite la révélation d’exigences jusque-là occultées. Ainsi, pendant 14 rounds de négociations à Washington, la partie israélienne a refusé de reconnaître la 425 en tentant de faire valider de nouveau l’accord du 17 mai. Elle a soulevé le cas du général Antoine Lahd, indiquant que sa milice devrait être intégrée à l’armée libanaise et se voir confier la surveillance de la frontière. Les Israéliens ont parallèlement exigé la neutralisation et le désarmement de la résistance libanaise active, notamment du Hezbollah, avant tout retrait de leur part. Toujours pendant ces pourparlers, ils parlaient de stations de contrôle, de missions mixtes d’observateurs et d’experts, du genre d’armement autorisé etc.. Des tractations sur ces points auraient signifié que la 425 n’est pas applicable telle quelle, alors que selon la volonté du Conseil de Sécurité de l’ONU elle doit l’être parfaitement. Et pour le fond, une paix globale ne peut découler que de négociations et non d’un traité séparé mettant le Liban hors du circuit des principes de Madrid et isolant la Syrie, comme cela avait été fait avec les jordaniens à Wadi Arba puis avec les palestiniens à Oslo. La position libanaise est qu’en fait le Liban a accepté d’intégrer Madrid et de négocier avec Israël parce qu’il est partie prenante d’une manière générale dans le conflit israélo-arabe et qu’il attend une solution pour le problème des réfugiés palestiniens ainsi que la consécration de ses droits hydrauliques sur le Hasbani comme sur le Wazzani et le règlement du problème des avoirs des Libanais en Palestine puis celui des détenus en Israël. Tout donc mais pas la 425 qui n’est pas négociable. Et à partir de là, le dégagement ne semble pas pour demain. Sauf si Netanyahu se rallie à la thèse des durs de son parti, Sharon en tête, qui disent: «Partons sans demander notre reste. Que les Libanais se débrouillent avec le Hezbollah et celui-ci avec Amal comme avec l’ALS. Et ensuite nous pourrons frapper si on continue à nous harceler». Une perspective explosive que jusqu’à présent Netanyahu se refuse à enclencher, parce qu’il ne veut pas pousser à bout les Américains. Donc le plus urgent aujourd’hui pour les Libanais, et encore une fois, c’est d’attendre. Pour voir ce que les autres parties vont décider…
Chirac parle, Israël se fâche… Mais peut-on vraiment amorcer le traitement de la 425 indépendamment des négociations syro-israéliennes ou même israélo-palestiniennes? La sauce n’est-elle pas désormais trop liée, avec du reste l’assentiment des autorités de Beyrouth qui ont ces dernières années préféré à tout le jumelage Sud-Golan? Faut-il attendre l’éventuel déblocage des trois volets à la fois, grâce à une problématique relance de l’initiative américaine après un hypothétique sommet arabe? Le secrétaire général des Nations Unies a sollicité l’avis du Liban sur les propositions de Netanyahu concernant la 425, pour voir s’il y aurait quelque chose à faire de son propre côté. Une démarche superfétatoire, presque absurde à la limite car le point de vue libanais est archi-connu et du reste...