La Turquie est en train de réexaminer l’ensemble de ses relations économiques et politiques avec la France, à la suite de la reconnaissance officielle vendredi par l’Assemblée nationale française du «génocide arménien de 1915», selon la presse turque de samedi. Une réunion d’urgence vendredi de diplomates de haut rang au ministère turc des Affaires étrangères a préparé un plan de représailles en trois points, selon le quotidien Yeni Yuzyil. Ce plan prévoit une action diplomatique, des sanctions économiques et des pressions politiques, selon le journal. L’ambassadeur de Turquie à Paris, Sonmez Koksal, a présenté une note de protestation au Quai d’Orsay et continue à faire des démarches auprès du Sénat français pour éviter qu’il n’adopte à son tour la proposition de loi votée vendredi par l’Assemblée, a ajouté le quotidien, citant des responsables turcs. Le président du Parlement (monocaméral) turc, Hikmet Cetin, a annoncé qu’il aborderait cette question avec le président du Sénat français, René Monory, lors d’une réunion des présidents de Parlements des pays méditerranéens en Italie. «J’espère que le Sénat verra clair et corrigera cette erreur», a déclaré M. Cetin à l’agence Anatolie avant de partir pour l’Italie. Si tous ces efforts échouent, la Turquie envisagera des sanctions économiques pouvant aller de l’exclusion des compagnies françaises des appels d’offres turques à un boycottage général des produits français, selon Yeni Yuzyil. Le gouvernement d’Ankara soumettra au Parlement turc une résolution de protestation et envisage d’en déposer une autre, condamnant officiellement la France pour «les massacres commis lors de la guerre d’Algérie», ajoute le journal. Le projet «Turquie-France 2000», un mécanisme de coopération bilatérale signé en février dernier lors de la visite d’Etat en France du président Suleyman Demirel, sera également annulé si la loi sur le génocide est adoptée par le Sénat français, poursuit le journal. Toutes les visites officielles entre les deux pays seront également annulées, selon le quotidien Milliyet, qui cite des responsables turcs. Les compagnies turques seront «découragées» de commercer avec la France. Les députés français ont adopté à l’unanimité vendredi une proposition de loi des socialistes affirmant que «la France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915» La Turquie avait multiplié les mises en garde sur la possibilité d’une détérioration de ses relations avec la France si cette proposition était adoptée. Les déportations d’Arméniens de 1915 à 1917 vers la Syrie, alors province de l’empire Ottoman, ont fait entre 1,2 et 1,3 million de morts selon les Arméniens et 150.000 à 500.000 selon les Turcs. La Turquie rejette catégoriquement le mot «génocide». Elle ne reconnaît qu’une répression, incluant les déportations, contre les Arméniens, coupables à ses yeux d’avoir collaboré avec l’ennemi russe pendant la Première Guerre mondiale. Les journaux turcs condamnaient unanimement le vote de l’Assemblée française samedi. «Honte historique pour la France», «Ces impertinents Français», «Honte», «La France s’égare», «Non, Monsieur, cela ne s’est pas passé comme cela», et «Baiser français aux Arméniens», étaient leurs principaux titres. Vendredi après-midi, quel-ques dizaines de personnes, menées par des responsables du Parti libéral démocrate, un petit parti non représenté au Parlement, avaient manifesté devant l’ambassade de France à Ankara, y déposant une gerbe noire. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Turquie est en train de réexaminer l’ensemble de ses relations économiques et politiques avec la France, à la suite de la reconnaissance officielle vendredi par l’Assemblée nationale française du «génocide arménien de 1915», selon la presse turque de samedi. Une réunion d’urgence vendredi de diplomates de haut rang au ministère turc des Affaires étrangères a préparé un plan de représailles en trois points, selon le quotidien Yeni Yuzyil. Ce plan prévoit une action diplomatique, des sanctions économiques et des pressions politiques, selon le journal. L’ambassadeur de Turquie à Paris, Sonmez Koksal, a présenté une note de protestation au Quai d’Orsay et continue à faire des démarches auprès du Sénat français pour éviter qu’il n’adopte à son tour la proposition de loi votée vendredi par...