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Actualités - Chronologie

L'inextricable question du Cachemire fait obstacle à un dialogue avec New Delhi

L’Inde et le Pakistan, ennemis désormais nucléaires, ont affirmé vouloir dialoguer après leurs essais atomiques mais restent inflexibles sur l’inextricable problème du Cachemire, et les analystes indiens ne voyaient samedi aucune solution rapide possible. Répondant aux cinq tests nucléaires pakistanais en riposte aux cinq effectués par l’Inde, le premier ministre nationaliste hindou Atal Behari Vajpayee a affirmé que le Pakistan n’avait rien à craindre et que New Delhi voulait discuter. Mais il a en même temps exigé qu’Islamabad renonce à ses visées sur le Cachemire indien. «Nous sommes prêts à discuter avec tous nos voisins, y compris le Pakistan. Nous ne voulons pas de mal au Pakistan», a-t-il dit vendredi au Parlement, mettant cependant en garde: «Le Pakistan doit oublier l’idée qu’il peut capturer le Cachemire militairement». Aucune solution en vue Répliquant immédiatement, Islamabad a réaffirmé que tout dialogue devait être centré sur le Cachemire, divisé entre les deux pays et raison de deux des trois guerres qu’ils se sont livrés depuis leur partition en 1947. «Pour le Pakistan, la question centrale est le Jammu et Cachemire», a déclaré le ministre pakistanais des Affaires étrangères Gohar Ayub Khan. Kalim Bahadur, analyste à l’Université Jawaharlal Nehru de New Delhi, affirme qu’«aucune solution mutuellement acceptable n’est en vue». «Les positions de l’Inde et du Pakistan sont antinomiques. Pendant plus de 50 ans le Cachemire est devenu parti de l’inconscient collectif. Il est très difficile de trouver une solution immédiate à ce problème». Trois séries de discussions indo-pakistanaises l’an dernier se sont achevées dans l’impasse, précisément sur la question du Cachemire. «Paradis sur terre» L’Inde contrôle les deux-tiers sud de cette région himalayenne autrefois baptisée le «paradis sur terre». L’Etat du Jammu et Cachemire est le seul à majorité musulmane de l’Union indienne. Une guérilla séparatiste musulmane y fait rage depuis 1989 au prix déjà de plus de 20.000 morts. New Delhi accuse le Pakistan, qui contrôle le tiers nord de la région, d’armer les rebelles et des «mercenaires», ce que dément Islamabad. Le Pakistan veut un référendum d’autodétermination comme prévu par de vieilles résolutions de l’ONU jamais appliquées. L’Inde insiste que cette région est partie intégrante de son territoire. Plusieurs centaines de milliers de soldats se font face de part et d’autre d’une «ligne de contrôle» de 1.100 kilomètres où des échanges de tirs fréquents dégénèrent parfois en duels d’artillerie. «Il n’y a pas de solution acceptable dans la configuration actuelle», estime M. Bahadur. «La seule chose possible est de maintenir en vie le désir de dialoguer. Il faudra du temps pour que les deux pays puissent discuter après les essais nucléaires». S.R. Maheshwari, de l’Institut d’administration publique, explique que le «climat est si électrique» qu’un dialogue n’est pas encore possible. «Il faudra du temps pour que la poussière retombe. J’espère qu’alors il ne sera pas trop tard». Un argument politique et électoral Il estime que la question du Cahemire est d’autant plus difficile à règler qu’elle est devenue un argument politique et électoral dans les deux pays: Il faut une volonté certaine (...) pour trouver une solution. Il faut des hommes d’Etat, pas des hommes politiques». Pour Amitabh Matoo, commentateur politique, les deux pays rivaux doivent commencer par discuter du nucléaire, avant d’aborder le Cachemire. «Il faudrait des discussions sur des mesures de confiance», explique-t-il. «C’est beaucoup plus nécessaire qu’une solution sur le Cahemire. Cette question ne peut et ne doit être discutée maintenant, aucune solution ne pouvant être trouvée du jour au lendemain à un conflit vieux de plusieurs décennies». (AFP)
L’Inde et le Pakistan, ennemis désormais nucléaires, ont affirmé vouloir dialoguer après leurs essais atomiques mais restent inflexibles sur l’inextricable problème du Cachemire, et les analystes indiens ne voyaient samedi aucune solution rapide possible. Répondant aux cinq tests nucléaires pakistanais en riposte aux cinq effectués par l’Inde, le premier ministre nationaliste hindou Atal Behari Vajpayee a affirmé que le Pakistan n’avait rien à craindre et que New Delhi voulait discuter. Mais il a en même temps exigé qu’Islamabad renonce à ses visées sur le Cachemire indien. «Nous sommes prêts à discuter avec tous nos voisins, y compris le Pakistan. Nous ne voulons pas de mal au Pakistan», a-t-il dit vendredi au Parlement, mettant cependant en garde: «Le Pakistan doit oublier l’idée qu’il peut capturer...