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Actualités - Opinion

Repose en paix, l'ami

«Je suis à la limite du miracle, qui sait?» Cette phrase, Christian Farra la répétait souvent avec une sérénité surprenante. Coureur émérite, il aura perdu son dernier challenge sans amertume, sans remords, sans démission aucune, en véritable homme de foi engagé. Il s’est battu avec beaucoup d’espoir et même avec le sourire, discutant des étapes de sa maladie comme de celles d’une mauvaise grippe ou même du dernier ouvrage découvert, car il n’avait jamais cessé de lire. «Je ne souffre pas, c’est déjà ça... Je n’ai pas peur de la mort, j’aimerais simplement durer jusqu’après les examens des enfants pour ne pas les perturber, et puis pour leur parler... Il n’était pas prévu que je passe le cap de Noël et pourtant, je suis encore là... Mais lorsque ce sera fini, demain ou dans des mois, pourras-tu, s’il te plaît, dire un mot de remerciement à quelques personnes qui m’ont beaucoup soutenu». De la part de Christian, merci donc à Mgr Jean Pierre Kasparian qui a été comme un père pour lui; au Dr Georges Yazigi qui n’a à aucun moment épuisé son répertoire d’encouragements: «Chaque fois que je lui parle, je me sens mieux», disait-il; au Dr Patrice Hassoun, l’ami médecin qu’il est allé voir à New York. «Il m’a dit toute la vérité sur mon mal»; à Mme Joumana Behlock; et enfin au collègue de travail, Joe Tohmé, «pour sa présence comme pour tous les services grands et petits qu’il m’a longtemps rendus avec grand cœur. C’est tout, et merci de ne pas oublier ce service». Pour les rares proches qui l’ont accompagné les derniers temps, Christian aura été une belle leçon de courage, de dignité et de foi. Cette foi qui lui aura permis d’aller jusqu’au bout sans vaciller, regardant droit devant lui. Droit vers cet ailleurs qui semblait déjà lui être familier. C’est une tâche aussi douloureuse que délicate d’accomplir les dernières volontés d’un malade qui se savait condamné. Repose en paix, l’ami.
«Je suis à la limite du miracle, qui sait?» Cette phrase, Christian Farra la répétait souvent avec une sérénité surprenante. Coureur émérite, il aura perdu son dernier challenge sans amertume, sans remords, sans démission aucune, en véritable homme de foi engagé. Il s’est battu avec beaucoup d’espoir et même avec le sourire, discutant des étapes de sa maladie comme de celles d’une mauvaise grippe ou même du dernier ouvrage découvert, car il n’avait jamais cessé de lire. «Je ne souffre pas, c’est déjà ça... Je n’ai pas peur de la mort, j’aimerais simplement durer jusqu’après les examens des enfants pour ne pas les perturber, et puis pour leur parler... Il n’était pas prévu que je passe le cap de Noël et pourtant, je suis encore là... Mais lorsque ce sera fini, demain ou dans des mois,...