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Actualités - Chronologie

La performance physique, une affaire de gêne

Un gène isolé il y a dix ans par le Pr Pierre Corvol, du Collège de France, pourrait expliquer pourquoi certains individus sont capables de performances physiques qui restent un rêve pour les autres. Une équipe de chercheurs britanniques, dont les travaux sont publiés dans la revue scientifique «Nature», a eu l’idée de rechercher chez des sportifs, et dans la population en général, la présence et la forme de ce gène. Comme il est souvent de règle en génétique, environ 25% des enfants qui naissent chaque année héritent de deux exemplaires de ce gène, un de chaque parent. Ils sont baptisés II par les chercheurs. Un autre quart, appelé DD, ne le possède pas du tout et les 50% restants (ID) n’en reçoivent qu’un seul exemplaire. Ce gène intervient dans la régulation de la tension artérielle. Les personnes porteuses des deux exemplaires sont protégées contre les maladies cardio-vasculaires. Au contraire, celles qui ont eu la malchance de n’hériter d’aucun des deux gènes — les DD — présentent un risque important d’infarctus. D’emblée, l’équipe de chercheurs britanniques a trouvé des différences significatives de répartition entre les 33 alpinistes sélectionnés — ils avaient tous fait des courses dans l’Himalaya à plus de 7.000 mètres sans oxygène — et les 1.903 hommes britanniques en bonne santé qu’ils avaient retenus. Ils ont alors seulement considéré les 15 alpinistes qui avaient pu se passer de bouteilles jusqu’à 8.000 mètres. Résultat: aucun des alpinistes n’appartenait à la catégorie DD, 50% étaient du groupe II et les autres possédaient un gène sur deux (ID). Une seconde expérience a alors été menée: les chercheurs ont demandé à 123 soldats britanniques de soulever des haltères de 15 kilos le plus longtemps possible. Les jeunes militaires ont ensuite été soumis à un entraînement intensif pendant dix semaines puis soumis à la même épreuve d’haltérophilie. Les médecins ont alors constaté que les recrues des groupes II ou ID amélioraient considérablement leurs performances, jusqu’à onze fois pour les possesseurs des deux gènes par rapport à ceux qui en étaient dépourvus. «Les données britanniques, très spectaculaires, vont probablement faire de ce gène un «gène de prédiction» décelable par un simple test et il est probable que les sélectionneurs sportifs vont y soumettre leurs poulains pour retenir seulement les candidats II ou ID», a indiqué le généticien français Axel Kahn. «Dans le cas présent, a-t-il estimé, ce test n’a guère d’incidences éthiques puisque le sport est par nature inégalitaire, mais il faut faire attention aux débordements possibles». Le Pr Kahn a rappelé à ce propos qu’une autre équipe britannique venait de mettre en évidence l’existence probable d’un «gène de l’intelligence», basé sur le quotient intellectuel, qu’il serait à bien des égards «très dangereux» de rechercher. (AFP)
Un gène isolé il y a dix ans par le Pr Pierre Corvol, du Collège de France, pourrait expliquer pourquoi certains individus sont capables de performances physiques qui restent un rêve pour les autres. Une équipe de chercheurs britanniques, dont les travaux sont publiés dans la revue scientifique «Nature», a eu l’idée de rechercher chez des sportifs, et dans la population en général, la présence et la forme de ce gène. Comme il est souvent de règle en génétique, environ 25% des enfants qui naissent chaque année héritent de deux exemplaires de ce gène, un de chaque parent. Ils sont baptisés II par les chercheurs. Un autre quart, appelé DD, ne le possède pas du tout et les 50% restants (ID) n’en reçoivent qu’un seul exemplaire. Ce gène intervient dans la régulation de la tension artérielle. Les personnes...