Israël a achevé jeudi de raser l’implantation sauvage créée par des colons à Jérusalem-Est occupée, mais les Palestiniens ont dénoncé «l’escroquerie» représentée par le maintien de juifs sur le site. La municipalité israélienne a rasé les neuf abris de tôle que les colons avaient installés sans autorisation sur le terrain de 2.000 m2, situé dans le quartier musulman de la vieille ville, près de la porte d’Hérode. Des ouvriers de la ville, à l’aide d’une pelle mécanique, ont détruit les dalles de béton coulé par les colons. Une quarantaine de gardes-frontières israéliens installés sur la muraille, dans les ruelles et sur les toits environnants empêchaient toute personne d’approcher. Selon l’organisation religieuse d’ultra-droite des colons, Ateret Cohanim, les autorités ont accepté que des gardiens désignés par l’organisation restent sur le site en attendant la fin de fouilles que doit mener le département israélien des Antiquités. L’organisation a indiqué qu’elle espérait ensuite pouvoir construire 12 logements et un dortoir pour 400 étudiants talmudiques sur le site. Le département des Antiquités a confirmé son accord pour mener des «fouilles d’urgence». Des travaux préparatoires doivent être menés la semaine prochaine pour évaluer l’ampleur des travaux et leur coût, qui devra être supporté par Ateret Cohanim, a indiqué un porte-parole du département. «Des membres d’Ateret Cohanim pourront participer aux fouilles sur une base volontaire», a-t-il dit. Les Palestiniens se sont sentis floués. «Cela ressemble à une escroquerie et n’aidera pas à calmer la situation à Jérusalem. Au contraire, cela conduira à une escalade», a déclaré le président du Conseil législatif palestinien Ahmed Koreï. Un compromis illégal «C’est un compromis illégal, car les autorités israéliennes n’ont aucun droit sur Jérusalem-Est» qui est «un territoire occupé et qui sera la capitale de l’Etat palestinien», a souligné M. Koreï, qui est un élu de la ville. Un autre député palestinien de Jérusalem-Est, Mme Hanane Ashraoui, a estimé que «les Israéliens pensent qu’ils peuvent ainsi désarmorcer la bombe, mais ce n’est pas le cas». Un chef de l’opposition de gauche israélienne, M. Yossi Sarid, a lui aussi critiqué l’accord, un «compromis pourri qui, sous couvert de fouilles archéologiques, va permettre aux collons de rester sur place». La création de la nouvelle implantation, mardi, avait suscité de vives protestations palestiniennes. Des députés du Conseil législatif accourus sur place ont été brutalement frappés par la police. Les colons se sont déclarés «déçus» du démantèlement de leur implantation sauvage mais, loin de renoncer à leurs opérations, ils ont menacé d’occuper d’autres maisons dans le quartier musulman. «Nous avons l’intention d’installer peut-être dès aujourd’hui (jeudi) des familles dans des maisons qui nous appartiennent (dans le quartier musulman)», a affirmé Mme Klia Har Noy, porte-parole d’Ateret Cohanim. Ateret Cohanim, qui s’est fixé comme but de «judaïser» la vieille ville, occupe déjà 25 maisons dans le quartier musulman et affirme détenir des titres de propriétés sur 18 autres bâtiments dans ce secteur. (AFP)
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