Un procureur a lancé une procédure légale visant à dissoudre la principale organisation patronale islamiste de Turquie et à envoyer son président en prison, rapporte la presse turque. Dans son acte d’accusation remis à la presse, le procureur de la Cour de sûreté de l’Etat d’Ankara, Nuh Cetinkaya, affirme que l’Association des hommes d’affaires islamiques (Musiad) s’est livrée à des activités antilaïques. Le procureur demande une peine de trois ans de prison pour le président de la Musiad, Erol Yarar, pour «incitation à la haine religieuse» au sein de la population turque, dans un discours public l’année dernière, selon le quotidien «Hurriyet». La Musiad s’était farouchement opposée à une réforme de l’enseignement adoptée par le Parlement en août dernier, aux termes de laquelle les sections secondaires de centaines d’écoles religieuses d’Etat doivent être fermées dans les deux ans. Il est reproché à M. Yarar d’avoir déclaré en octobre, lors d’une réunion de la Musiad: «S’ils mettent en application cette réforme de l’enseignement, ils perdront leur tête». La procédure contre la Musiad, qui compte plus de 2.000 membres à travers la Turquie, et M. Yarar est considérée comme une étape supplémentaire de la lutte menée par l’Etat laïc turc, au sein duquel l’armée joue un rôle moteur, contre le mouvement islamiste. La Musiad était un ardent partisan de l’ancien premier ministre islamiste Necmettin Erbakan, qui a dirigé la Turquie de juin 1996 à juin 1997. M. Erbakan avait démissionné sous la forte pression des militaires, qui accusaient son Parti de la prospérité (Refah) d’encourager la montée du fondamentalisme musulman en Turquie. Le Refah a été dissous en janvier par la Cour constitutionnelle, pour activités contre le régime laïc. Aux termes de ce verdict, M. Erbakan et plusieurs de ses amis ont été interdits de politique pour cinq ans. Cent quarante-trois des 147 députés du Refah ont rejoint un autre groupe pro-islamiste, le Parti de la vertu (Fazilet), qui est ainsi devenu le premier parti en sièges au Parlement, comme l’était le Refah avant lui. Prison pour un ex-député Par ailleurs, un ancien député islamiste a été condamné par contumace à deux ans de prison pour avoir insulté le Parlement. Sevki Yilmaz, un critique virulent du régime laïc turc, a été condamné par un tribunal de la ville de Rize (nord-ouest), dont il est un ancien maire, pour avoir déclaré il y a quatre ans à une chaîne de télévision locale: «Notre Parlement est plein de traîtres». M. Yilmaz, membre en vue du Refah, avait été interdit de politique pour cinq ans en janvier dernier par la Cour constitutionnelle, qui avait en même temps dissous ce parti. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un procureur a lancé une procédure légale visant à dissoudre la principale organisation patronale islamiste de Turquie et à envoyer son président en prison, rapporte la presse turque. Dans son acte d’accusation remis à la presse, le procureur de la Cour de sûreté de l’Etat d’Ankara, Nuh Cetinkaya, affirme que l’Association des hommes d’affaires islamiques (Musiad) s’est livrée à des activités antilaïques. Le procureur demande une peine de trois ans de prison pour le président de la Musiad, Erol Yarar, pour «incitation à la haine religieuse» au sein de la population turque, dans un discours public l’année dernière, selon le quotidien «Hurriyet». La Musiad s’était farouchement opposée à une réforme de l’enseignement adoptée par le Parlement en août dernier, aux termes de laquelle les sections...