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Actualités - Chronologie

Enfants enlevés par leurs parents aux USA

Conséquence dramatique de divorces conflictuels, de plus en plus d’enfants sont enlevés aux Etats-Unis par leurs parents, disparaissant parfois des années dans la clandestinité. Le mois dernier, un père a ainsi été arrêté en Floride, dix-neuf ans après avoir enlevé ses deux fillettes à leur mère dans le Massachusetts. Stephen Fagan, 56 ans, a été laissé en liberté. Wendy, 21 ans et Rachael, 23 ans, vivaient sous une fausse identité. Fagan, remarié deux fois et vivant sur un grand pied, avait même changé le prénom d’une de ses filles. Il leur avait dit que leur mère était morte, et a expliqué après son arrestation qu’il avait agi dans l’intérêt des enfants, persuadé que leur mère était incapable de les élever. Dans la vieille poste de Washington, une exposition dévoilée par le National Center for Missing and Exploited Children (NCMEC, centre national pour les enfants disparus ou exploités) témoigne de ces drames. Des centaines de photos d’enfants sont affichées, sous le label «family abduction» (enlèvement familial). Allan Collins a disparu depuis 1984, enlevé à 7 mois par sa mère à Oakland (Californie). Secilia Zamerdio avait 4 ans en 1992 quand ses grands-parents l’ont enlevée à Wenatchee (Washington). Alicia Lowe, une petite rouquine de Georgia, est en cavale avec sa mère depuis 1988. Andrew Lane, un gamin d’Arizona, a lui été enlevé en 1992 par son père. Schéma inchangé Presque toujours, le schéma est le même: le parent en fuite n’avait pas la garde légale de l’enfant. Les statistiques ont du mal à cerner le phénomène. Selon le département de la Justice, quelque 163.000 cas sérieux d’enlèvement parental sont signalés chaque année, l’enfant étant temporairement caché, voire transporté dans un autre Etat. Mais la moitié de ces enlèvements dure moins d’une semaine. Restent les cas graves, où l’enfant disparaît, où un mandat d’arrêt est établi contre le parent l’ayant enlevé, et où l’enquête est longue et difficile. Le NCMEC, organisme indépendant centralisant toutes les données sur ces disparitions, fait état de 8.126 enlèvements familiaux de ce genre entre 1990 et le 31 mars 1998, dont 1.364 n’ont pas été résolus. S’y ajoutent 1.457 cas plus anciens non réglés. Depuis 1993, le centre a enregistré dix fois plus de cas d’enfants enlevés par un parent que par un inconnu. Le nombre des divorces a triplé aux Etats-Unis depuis 1960 et ces enlèvements familiaux «augmentent chaque année», précise Ben Ermini, directeur de la section des enfants disparus. Il évoque des cas où les parents «changent leur apparence, teignent leurs cheveux, transforment les filles en garçons et les garçons en filles. Très souvent, ils changent de nom. Dans presque tous les cas, ces enfants sont isolés, n’ont pas le droit de jouer avec d’autres enfants. Beaucoup ne sont pas scolarisés», dit-il. Des centaines d’enfants sont chaque année emmenés à l’étranger, des cas parmi les plus difficiles à résoudre. Selon Ben Ermini, l’enlèvement est parfois motivé par l’amour parental, mais le plus souvent, par la volonté de se «venger du parent qui en a la garde». Situé à Arlington, dans la banlieue de Washington, le NCMEC, qui s’occupe aussi des enfants fugueurs, perdus, ou enlevés par un inconnu, a ces dernières années su profiter des nouvelles technologies pour décupler ses moyens. Fax, Internet, diffusion massive de photos et de posters payés par des «sponsors», «kiosques» télématiques installés à travers les Etats-Unis, selon le NCMEC, désormais 83,2% des enfants enlevés par un parent sont retrouvés. C’est un peu moins que le pourcentage d’enfants retrouvés après avoir été enlevés par un étranger (83,8%). (AFP)
Conséquence dramatique de divorces conflictuels, de plus en plus d’enfants sont enlevés aux Etats-Unis par leurs parents, disparaissant parfois des années dans la clandestinité. Le mois dernier, un père a ainsi été arrêté en Floride, dix-neuf ans après avoir enlevé ses deux fillettes à leur mère dans le Massachusetts. Stephen Fagan, 56 ans, a été laissé en liberté. Wendy, 21 ans et Rachael, 23 ans, vivaient sous une fausse identité. Fagan, remarié deux fois et vivant sur un grand pied, avait même changé le prénom d’une de ses filles. Il leur avait dit que leur mère était morte, et a expliqué après son arrestation qu’il avait agi dans l’intérêt des enfants, persuadé que leur mère était incapable de les élever. Dans la vieille poste de Washington, une exposition dévoilée par le National Center for...