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Actualités - Chronologie

La crise financière russe pose un dilemme au FMI

La crise des finances publiques russes alliée à la chute des marchés pose un dilemme aux experts du FMI qui doivent décider du versement à Moscou de la prochaine tranche de leur prêt de 10 milliards de dollars. Le Fonds Monétaire International a le droit en théorie de retarder à nouveau le déboursement de son aide en raison du trou budgétaire et de la mauvaise collecte des impôts du gouvernement russe. Mais dans ce cas, l’organisme international risque d’être tenu pour responsable d’une aggravation de la situation sur des marchés déjà très fragiles, les investisseurs attendant son soutien comme une marque de confiance. S’il accepte en revanche de recommencer ses versements, c’est sa propre crédibilité qui pourrait être remise en question, estiment les spécialistes. La Russie attend avec impatience les prochains 600 millions de dollars qu’elle espérait déjà recevoir en janvier et qui devrait permettre de relancer les investissements cruciaux pour le redémarrage de l’économie. Sur les 10,2 milliards de dollars accordés par le FMI en 1996 pour deux ans, la Russie doit encore recevoir 2,8 milliards de dollars. «Le FMI est aujourd’hui dans une situation difficile», analyse Roland Nash, un économiste de la banque d’investissement MFK Renaissance. D’une part, «il apprécie ce qu’essaie de faire le gouvernement» d’autre part, il ne peut que constater que «le ministre des Finances a raté ses objectifs de recettes», remarque-t-il. «Si le FMI ne verse pas rapidement cette somme, il manquera à son devoir», commente Al Breach du Centre russo-européen d’études économiques. «Si la monnaie chute alors que le FMI n’a pas fini de débourser ce prêt alors il sera totalement coupable» de la grave crise financière que cela entraînera, confie cet expert. La mission du FMI arrivée mardi soir à Moscou était injoignable mercredi pour commenter les pourparlers en cours avec les autorités russes. Le rouble a subi de fortes pressions ces dernières semaines à cause de la désertion en masse des investisseurs du marché moscovite émergent, ces derniers redoutant de voir l’économie russe plonger dans le sillage des pays asiatiques. Pour protéger la monnaie russe qui s’était stabilisée ces trois dernières années avec l’aide du FMI, la Banque centrale a été obligé de relever fortement lundi ses taux d’intérêts à 50%, une mesure néfaste à long terme. Le marché qui avait chuté de près de 12% lundi a dans un premier temps bien réagi mais mercredi la bourse enregistrait une nouvelle baisse de 4%. Selon les analystes, le FMI s’est déjà brûlé les doigts en Indonésie et va être prudent en Russie pour éviter que les turbulences des marchés du sud-est asiatique ne gagnent l’ancienne République soviétique. «La Russie n’est pas l’Indonésie. Le gouvernement est stable», relève Nicholas Jordan, de la banque d’investissement Deutsche Morgan Grenfell. «Je ne crois pas que ce soit un gouvernement de copinage. Ici, la question centrale est celle de la confiance tandis que le problème est plus fondamental en Indonésie». Les économistes reconnaissent que 700 millions de dollars sont une goutte d’eau pour l’économie russe mais ce versement sera le signe d’une confiance retrouvée. «Si le gouvernement arrive à mettre en œuvre une politique monétaire rigoureuse, alors le FMI sera prêt à le soutenir», confie M. Nash. Toutefois cet expert estime que cette somme est «insuffisante» et que d’autres mesures pour stabiliser la monnaie russe doivent être prises dans de brefs délais. (AFP)
La crise des finances publiques russes alliée à la chute des marchés pose un dilemme aux experts du FMI qui doivent décider du versement à Moscou de la prochaine tranche de leur prêt de 10 milliards de dollars. Le Fonds Monétaire International a le droit en théorie de retarder à nouveau le déboursement de son aide en raison du trou budgétaire et de la mauvaise collecte des impôts du gouvernement russe. Mais dans ce cas, l’organisme international risque d’être tenu pour responsable d’une aggravation de la situation sur des marchés déjà très fragiles, les investisseurs attendant son soutien comme une marque de confiance. S’il accepte en revanche de recommencer ses versements, c’est sa propre crédibilité qui pourrait être remise en question, estiment les spécialistes. La Russie attend avec impatience les...