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Actualités - Chronologie

Un hypocondriaque nommé Lars von Trier

Dans leur édition spéciale sur le festival de Cannes, «Les Cahiers du Cinéma» se penchent sur le cas de Lars von Trier et publient un long entretien au cours duquel le cinéaste danois révèle les conditions et les événements du tournage des «Idiots». «Les Idiots» a été projeté mercredi en compétition et, avant même d’avoir été vu, il figurait déjà dans les pronostics comme l’un des plus sérieux prétendants à la Palme d’or au sein d’une sélection pourtant fort relevée. Dans cet entretien, on apprend que le DOGME 95, manifeste à la rigueur monacale rédigé par Lars von Trier et son collègue Thomas Vinterberg (lui-même en compétition avec «Fête de famille»), n’est pas une protestation vis-à-vis du cinéma danois contemporain. On ne proteste pas contre quelque chose qui ne recèle aucune autorité, déclare-t-il en substance. «On ne peut pas nier que Dogme 95 se soit fortement inspiré de la Nouvelle Vague», ajoute-t-il. «Les Idiots», deuxième film à suivre les préceptes du dogme (celui de Vinterberg étant le premier), a été écrit en quatre jours mais est le fruit d’une «longue incubation» remontant à l’époque de la rédaction du manifeste (1995). Il a été tourné avec une équipe très réduite, ramenée parfois au seul Lars von Trier à la caméra et à un ingénieur du son, avec des acteurs pour l’essentiel non professionnels et avec un minimum de moyens techniques, conformément au dogme. «Le résultat n’est peut-être pas tout à fait aussi réussi que je l’avais imaginé au départ, mais il était intéressant d’essayer ce mode de travail», confie-t-il. Les notes que Lars von Trier a prises quotidiennement ont été par ailleurs compilées en un journal de tournage. «Le film terminé est très près du scénario, ce qui donne à réfléchir car nous nous étions efforcés de l’éviter», poursuit-il. Lars von Trier se permet de faire lui-même une entorse au dogme qui stipule que le seul format à utiliser est le 35 mm standard. Mais il explique que ce format s’applique seulement à la distribution du film et ses propos ne permettent pas de savoir avec certitude s’il a tourné en 16 mm ou en vidéo ou les deux. Par ailleurs, «Les Idiots» constitue une expérience filmique qui, pour n’être pas unique a priori pour von Trier, ne sera pas non plus systématique. La suite des entretiens des «Cahiers» porte sur «L’Hôpital et ses fantômes», une série que l’enfant-prodige danois a réalisée pour la télévision. On y apprend incidemment que l’«hypocondrie» de Lars von Trier est «de pire en pire» et qu’il a peur de ce qu’il ne peut contrôler, comme la maladie. Mais pour «Les Idiots», il a renoncé totalement à toute idée de contrôle. Enfin, le prochain film de Lars von Trier pourrait être une comédie musicale, dont le titre provisoire est «Dancer in the Dark». (Reuters)
Dans leur édition spéciale sur le festival de Cannes, «Les Cahiers du Cinéma» se penchent sur le cas de Lars von Trier et publient un long entretien au cours duquel le cinéaste danois révèle les conditions et les événements du tournage des «Idiots». «Les Idiots» a été projeté mercredi en compétition et, avant même d’avoir été vu, il figurait déjà dans les pronostics comme l’un des plus sérieux prétendants à la Palme d’or au sein d’une sélection pourtant fort relevée. Dans cet entretien, on apprend que le DOGME 95, manifeste à la rigueur monacale rédigé par Lars von Trier et son collègue Thomas Vinterberg (lui-même en compétition avec «Fête de famille»), n’est pas une protestation vis-à-vis du cinéma danois contemporain. On ne proteste pas contre quelque chose qui ne recèle aucune...