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Actualités - Chronologie

Un an après son élection triomphale Khatami confronté au défi de l'économie

Un an après l’élection du président iranien Mohammad Khatami, la dégradation de la situation économique reste le principal défi pour le gouvernement et une menace de taille pour sa popularité. L’inflation, le chômage, la baisse du niveau de vie, la chute des cours du pétrole et de la monnaie nationale font régulièrement l’objet de commentaires inquiets dans la presse et de la part des responsables publics. «Incontestablement, l’économie est la bête noire du président», souligne le directeur financier d’une grande usine textile. L’Iran, assure-t-il, est entré dans une «phase de stagnation économique qui peut être préjudiciable à M. Khatami», élu par 69% des voix. La chute des cours du pétrole — qui représente 85 des rentrées de devises du pays et près de la moitié des recettes budgétaires de l’Etat — va se traduire cette année par un manque à gagner de 4 à 5 milliards de dollars. Dans les meilleurs des cas, le gouvernement va avoir à peine 10 milliards de dollars de recettes pétrolières, alors qu’il devra payer près de 5 milliards de dollars à titre de remboursement de sa dette extérieure. Chômage alarmant Le chômage, en particulier chez les jeunes, sans diplômes ou issus de l’enseignement supérieur, prend une ampleur alarmante dans un pays où près de la moitié de la population a moins de vingt ans. Dans plusieurs provinces, comme le Khorassan (Est) et le Kurdistan (Ouest), les autorités locales ont annoncé la formation «d’états-majors» de crise contre le chômage. Le député Ali-Reza Mahjoub, proche du président Khatami, a lancé récemment une spectaculaire mise en garde, annonçant que «l’armée des chômeurs va doubler» en raison du nombre de jeunes arrivant sur le marché du travail. «Comme l’Iran compte 37 millions de jeunes de moins de 24 ans sur 60 millions d’habitants, le pays connaîtra bientôt une hausse de 100% du chômage», a ajouté M. Mahjoub, secrétaire général du Foyer du Travailleur, sorte de syndicat d’Etat. «Notre économie est malade», a récemment reconnu M. Khatami devant des imams. «Nous devons assainir la situation et trouver un remède pour le chômage», a-t-il souligné, affirmant que la crise économique devait être maîtrisée avec l’aide de la population. 40% d’inflation Officiellement, le taux de chômage est 11%, mais selon des estimations occidentales, ce chiffre approche depuis plusieurs mois les 20%, notamment dans certaines provinces occidentales de l’Iran. «Sans doute, le malaise économique provoqué par une forte inflation est le plus grand défi du gouvernement», selon le journal Kar-o-Kargar, proche des milieux ouvriers et du gouvernement. Depuis août dernier, date de la formation du gouvernement de M. Khatami, les prix de tous les produits de consommation courante ont augmenté, alors que les salaires et les revenus de la grande majorité de la population sont restés inchangés. L’inflation se situe officiellement aux alentours de 20%, mais de l’avis des experts, elle atteint en moyenne 40% dans certains secteurs. «Compte tenu de la mauvaise situation économique actuelle du pays qui résulte de la chute des cours du pétrole, l’Iran a besoin d’urgence d’investissements locaux et étrangers», a reconnu le gouverneur de la Banque centrale Mohsen Nourbakhch. Elu triomphalement sur la base d’un programme politique modéré, M. Khatami, issu de la gauche islamique, a notamment reçu le soutien des classes les plus défavorisées, très dépendantes du système des subventions aux produits de première nécessité (pain, lait, huile...) aujourd’hui mis à mal par la crise. Du point de vue économique, «il est incontestable que, pour l’Iranien de la rue, mais 1998 est plus difficile que mai 1997», relevait récemment le journal gouvernemental Iran Daily, pourtant proche du chef de l’Etat. (AFP)
Un an après l’élection du président iranien Mohammad Khatami, la dégradation de la situation économique reste le principal défi pour le gouvernement et une menace de taille pour sa popularité. L’inflation, le chômage, la baisse du niveau de vie, la chute des cours du pétrole et de la monnaie nationale font régulièrement l’objet de commentaires inquiets dans la presse et de la part des responsables publics. «Incontestablement, l’économie est la bête noire du président», souligne le directeur financier d’une grande usine textile. L’Iran, assure-t-il, est entré dans une «phase de stagnation économique qui peut être préjudiciable à M. Khatami», élu par 69% des voix. La chute des cours du pétrole — qui représente 85 des rentrées de devises du pays et près de la moitié des recettes budgétaires de...