John Travolta, métamorphosé en sosie du président Bill Clinton, sera la première star à gravir mercredi soir les marches du palais des festivals à Cannes où «Primary colors», une satire au vitriol des mœurs politiques, lève le rideau de cette 51e édition. Le film de Mike Nichols raconte avec une ironie mordante la campagne présidentielle pleine de rebondissements d’un gouverneur inconnu d’un petit Etat du Sud, Jack Stanton, qui aime furieusement le pouvoir et les femmes. toute ressemblance avec des personnages existants... En grande forme, John Travolta, le tueur survolté de «Pulp Fiction», Palme d’or il y a quatre ans, campe un Bill Clinton plus vrai que nature, légèrement empâté, cheveux grisonnants, large sourire, imitant les gestes et jusqu’à l’accent de l’ancien gouverneur de l’Arkansas. L’actrice britannique Emma Thompson s’est fait un «look» à la Hillary, avec Brushing adéquat, pour incarner Susan, l’ambitieuse et intelligente épouse du gouverneur, qui avalera bien des couleuvres pour devenir la première dame des Etats-Unis. Adapté du roman «anonymous» dont l’auteur s’est révélé être un commentateur de l’hebdomadaire «Newsweek», Joe Klein sur la campagne présidentielle de Bill Clinton en 1992, cette comédie du réalisateur du «Graduate» et de «La Cage aux folles», présentée officiellement comme une fiction, est un film à clé qui se garde bien de porter un jugement sur un héros ambigu. Dard et poubelles Comme Bill Clinton, Jack Stanton a échappé à la conscription au moment de la guerre du Vietnam. Comme Bill Clinton, il est accusé d’une relation sexuelle illégitime à la veille d’une élection primaire cruciale et, comme Bill et Hillary Clinton, Jack et Susan Stanton apparaissent à la télévision main dans la main pour rassurer les Américains sur la stabilité de leur couple. Pour gagner le vote des Noirs, Jack Stanton fait appel à un jeune idéaliste noir, petit-fils d’un dirigeant des droits civiques. Henry Burton (l’acteur britannique Adrian Lester) hésite à s’engager, mais il finit par se laisser séduire par le charisme de Jack, un mélange de sincérité, de roublardise et de démagogie que John Travolta traduit de manière irrésistible. La coéquipière de Henry, Libby (Kathy Bates), préposée au sale boulot, a pour tâche de faire oublier que le candidat a «planté son dard dans pas mal de poubelles» (un euphémisme pour les écarts sexuels de Jack). Elle enquête sur le passé de ses adversaires pour déterrer les cadavres... Oscar de la meilleure actrice pour «Misery», Kathy Bates, en lesbienne de choc, pas totalement corrompue derrière un cynisme de façade, est remarquable. Face au couple Jack-Susan, le couple Henry-Libby se demande si la fin justifie les moyens et si tous les coups bas sont permis. Une question qui ne se pose pas seulement dans les allées du pouvoir de la Maison-Blanche car le monde amoral et cynique qu’épingle avec humour(mais un peu trop longuement, en 2 heures 23) Mike Nichols n’est pas seulement américain. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats John Travolta, métamorphosé en sosie du président Bill Clinton, sera la première star à gravir mercredi soir les marches du palais des festivals à Cannes où «Primary colors», une satire au vitriol des mœurs politiques, lève le rideau de cette 51e édition. Le film de Mike Nichols raconte avec une ironie mordante la campagne présidentielle pleine de rebondissements d’un gouverneur inconnu d’un petit Etat du Sud, Jack Stanton, qui aime furieusement le pouvoir et les femmes. toute ressemblance avec des personnages existants... En grande forme, John Travolta, le tueur survolté de «Pulp Fiction», Palme d’or il y a quatre ans, campe un Bill Clinton plus vrai que nature, légèrement empâté, cheveux grisonnants, large sourire, imitant les gestes et jusqu’à l’accent de l’ancien gouverneur de l’Arkansas....