La compétition cannoise affichait hier une baisse de forme avec deux films qui n’ont pas vraiment convaincu: l’un, à vocation grand public, du Britannique John Boorman, («Le général»), l’autre, plus expérimental, signé d’un représentant de la nouvelle vague américaine, Hal Hartley («Henry Fool») Comme c’est souvent le cas à Cannes, les bonnes surprises sont venues des sélections aux marges de la compétition, avec «La pomme», de la benjamine (iranienne) de la manifestation, Samira Makhamalbaf, 18 ans, dans la section Un Certain Regard, et le «Sitcom» iconoclaste et subversif du Français François Ozon, dans le cadre de la Semaine internationale de la critique. Hasard de calendrier, Cannes a ainsi réuni la petite Samira Makhamalbaf et le doyen (portugais), Manuel de Oliveira, 90 ans en décembre, dont la dernière œuvre, «Inquiétude», a été projetée hors compétition. Sur une note plus légère enfin, la journée de mardi avait été choisie par les organisateurs des «Hot d’or» pour la présentation des «nominés« de l’édition 98. Le nom des lauréats sera proclamé mercredi. L’organisation officielle du festival ne voit pas d’un bon œil le retour à Cannes des «Oscars du X», qui, pour leur présentation officielle mardi, ont eu néanmoins les honneurs de la plage du Martinez, un des hauts lieux du festival. Avec «Le général», John Boorman (Prix de la mise en scène à Cannes en 1970 pour «Leo the last») raconte l’histoire réelle de Martin Cahill (Brendan Gleeson), Mandrin irlandais qui pratique à sa façon la lutte des classes en embrassant le grand banditisme. A travers ce film en noir et blanc, Boorman («Excalibur», «Rangoon»...) évoque l’Irlande d’aujourd’hui, pays en plein bouleversement où même la religion ne parvient plus à servir de ciment social. Cahill est un grand stratège de la délinquance, ce qui lui a valu le surnom du «Général». Mais, à vouloir trop jouer en solo, il finit par provoquer sa propre perte, traqué par le chef de la police, l’inspecteur Ned Kenny (John Voigt, «Délivrance») et l’IRA, qui ne voit pas d’un bon œil un élément aussi incontrôlable bouleverser un certain nombre de règles non écrites. Aux antipodes de ce cinéma de facture classique, avec «Henry Fool», Hal Hartley (révélé à Cannes, il y a 10 ans avec «The unbelievable truth») propose une réflexion sur la création artistique plongée dans une Amérique urbaine déliquescente peuplée de marginaux. Henry Fool (Thomas Jay Ryan) est une sorte d’archange «grunge» qui fait irruption un jour dans la vie de Simon Grim (James Urbaniak). Cet éboueur au physique de Samuel Beckett jeune vit entre sa mère névrosée (Miho Nikaido) et une sœur nymphomane (Parker Posey). Une famille finalement «normale» en cette fin de siècle, semble suggérer le cinéaste. Escroc ou philanthrope, Fool révélera le génie littéraire de Simon Grim, qui, grâce à Internet, connaît une célébrité mondiale. Inutile de chercher un quelconque réalisme dans cette fable futuriste dont les ambiances glauques évoquent parfois le David Lynch de «Eraserhead». Le cinéma de Hartley, très sophistiqué, exige beaucoup du spectateur livré à lui-même pour tenter de percer la subtilité de cette réflexion sur la frontière qui sépare le «génie» de l’«idiot». (AFP, Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La compétition cannoise affichait hier une baisse de forme avec deux films qui n’ont pas vraiment convaincu: l’un, à vocation grand public, du Britannique John Boorman, («Le général»), l’autre, plus expérimental, signé d’un représentant de la nouvelle vague américaine, Hal Hartley («Henry Fool») Comme c’est souvent le cas à Cannes, les bonnes surprises sont venues des sélections aux marges de la compétition, avec «La pomme», de la benjamine (iranienne) de la manifestation, Samira Makhamalbaf, 18 ans, dans la section Un Certain Regard, et le «Sitcom» iconoclaste et subversif du Français François Ozon, dans le cadre de la Semaine internationale de la critique. Hasard de calendrier, Cannes a ainsi réuni la petite Samira Makhamalbaf et le doyen (portugais), Manuel de Oliveira, 90 ans en décembre, dont...