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Actualités - Conferences Et Seminaires

L'herceptine contre le cancer du sein

Dans quelques mois, l’arsenal des cancérologues américains comptera une nouvelle arme, l’herceptine, un anticorps monoclonal apparemment dénué des effets secondaires souvent dévastateurs des traitements chimiothérapiques du cancer du sein. Annoncée lors du 34e congrès de cancérologie de l’ASCO, la société américaine d’oncologie clinique qui se tient à Los Angeles (Californie), l’arrivée prochaine de ce nouveau traitement a été saluée comme une «percée» par les experts. «Nous sommes à un moment très stimulant où nous constatons que l’approche moléculaire permet effectivement de combattre le cancer du sein, et il ne fait pas de doute que nous disposons là d’un nouvel agent anticancéreux, probablement le premier d’une longue série», a déclaré le Dr Lori Goldstein, directrice du programme de recherche sur le cancer au Fox Chase Center de Philadelphie. «L’herceptine est le premier traitement du cancer qui vise une altération génétique spécifique et soit donc capable de tuer les cellules malignes en épargnant les cellules saines», a précisé le Dr Dennis Slamon, responsable des travaux sur cet anticorps. Directeur du programme de recherche sur les cancers féminins de l’Université de Californie de Los Angeles (UCLA) — abondamment aidé par le groupe de cosmétiques Revlon — le Dr Slamon a découvert en 1986 une erreur génétique présente chez environ 30% des femmes atteintes de cancers du sein. Lorsqu’il est présent en surnombre, ce gène, le HER-2/ neu, provoque la surproduction d’une protéine qui se traduit par une multiplication incontrôlée des cellules déclenchant le cancer. Troubles cardiaques Après divers essais infructueux, le Dr Slamon a constaté qu’un anticorps fabriqué par la société Genentech s’attaquait avec succès à cette protéine et provoquait la mort des cellules surnuméraires. Testé sur près de 500 femmes et comparé au traitement chimiothérapique standard, l’anticorps a permis d’obtenir une réduction de plus de 50% de la tumeur, contre seulement 43% avec le traitement classique. Combiné avec ce traitement chimiothérapique, l’herceptine s’est montré encore plus efficace. Et les résultats obtenus face au taxol, un des meilleurs agents anticancéreux disponibles, ont été encore plus impressionnants: alors que seulement 16% des malades voyaient leur tumeur réduire sous l’effet du taxol seul, elles ont été 42% à réagir à la combinaison des deux traitements, soit une amélioration de 160%. Selon le Dr Slamon, l’herceptine présente en outre l’avantage de ne provoquer ni chute des cheveux, ni effondrement des globules sanguins. «Il peut parfois entraîner des troubles cardiaques mais ceux-ci peuvent être corrigés et le patient peut poursuivre son traitement», a-t-il indiqué. «Non seulement l’herceptine a dépassé nos attentes dans le traitement du cancer du sein mais nous pensons qu’il pourrait aussi être efficace contre certains cancers de l’utérus, puisque 20% des femmes souffrant de ce cancer présentent la même anomalie génétique», a indiqué le Dr Slamon. «La recherche suscite souvent de faux espoirs mais là, l’espoir est réel», a-t-il ajouté. (AFP)
Dans quelques mois, l’arsenal des cancérologues américains comptera une nouvelle arme, l’herceptine, un anticorps monoclonal apparemment dénué des effets secondaires souvent dévastateurs des traitements chimiothérapiques du cancer du sein. Annoncée lors du 34e congrès de cancérologie de l’ASCO, la société américaine d’oncologie clinique qui se tient à Los Angeles (Californie), l’arrivée prochaine de ce nouveau traitement a été saluée comme une «percée» par les experts. «Nous sommes à un moment très stimulant où nous constatons que l’approche moléculaire permet effectivement de combattre le cancer du sein, et il ne fait pas de doute que nous disposons là d’un nouvel agent anticancéreux, probablement le premier d’une longue série», a déclaré le Dr Lori Goldstein, directrice du programme de...