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Actualités - Chronologie

La Silicon Valley en quête d'ingénieurs

A quelque 30 ans d’âge, la Silicon Valley bouillonne d’activité, des centaines de sociétés s’y créent et l’industrie informatique américaine ne parvient pas à remplir les emplois qu’elle crée, en dépit d’un recours aux spécialistes étrangers. D’Intel, premier fabricant mondial de microprocesseurs, à Netscape, principal éditeur de logiciels de navigation sur Internet, en passant par la myriade de «start-ups», les entreprises émergentes qui peuplent la «Vallée», la complainte est partout la même: il y a pénurie de programmeurs, chercheurs, ingénieurs et analystes informatiques. C’est le nouveau «déficit de l’Amérique», selon un récent rapport du département du Commerce. Et une étude de l’Association de la technologie de l’information américaine et de l’Institut polytechnique de Virginie estime à 346.000 le nombre d’emplois vacants dans les technologies de l’information américaines, soit 10% du nombre total d’emplois du secteur. Pour la Vallée, long couloir qui s’étend en Californie de San Francisco à San Jose au sud, les estimations sont d’au moins 50.000 emplois vacants. «C’est un problème à long terme», estime Tracy Koon, une des responsables de la communication au siège de Intel. «Mais c’est un problème que nous devons résoudre tout de suite», ajoute-t-elle. Le nombre d’étudiants américains ayant des diplômes d’informatique ayant chuté de quelque 40% en dix ans, une des solutions immédiates est le recours aux étrangers et Mme Koon estime à «probablement 10%» le pourcentage de techniciens étrangers engagés l’an dernier par Intel. «Nous devrions pouvoir agrafer un permis de travail à chaque diplôme obtenu par un étudiant étranger», se plaît à dire Craig Barrett, directeur général d’Intel, en critiquant les quotas actuels d’immigration. Aujourd’hui, 65.000 visas par an peuvesnt être délivrés à des spécialistes mais, en 1998, ce plafond devrait être atteint dès le mois de mai. Un projet de loi débattu par le Congrès prévoit de porter ce quota à 95.000 dans un premier temps et à 115.000 d’ici l’an 2000. Rançon du succès Dans les bâtiments fonctionnels et sans charme qui s’étendent le long de l’autoroute 101, Indiens, Chinois, Russes et autres Européens côtoient les Américains. Selon certaines estimations, près d’un ingénieur sur trois y serait étranger. C’est la rançon du succès pour la «Silicon Valley» qui, après la crise des années 80, accueille plus de 7.000 entreprises bien établies. En 1982, Intel faisait un chiffre d’affaires de 820 millions de dollars. Actuellement, il atteint 25 milliards de dollars. Netscape a été créée en avril 1994 avec dix employés. Dix-sept mois plus tard, la société en comptait 350. Aujourd’hui, sur le «campus» de Mountain View, vingt-deux bâtiments accueillent 2.600 personnes. La décontraction est de rigueur, la moyenne d’âge est la trentaine, chacun dispose du même «cube» de travail, quel que soit son grade ou son ancienneté, et le directeur des ressources humaines, Margie Mader, porte le titre de «directeur chargé de faire venir des gens sympas». Capitale mondiale de l’informatique, la Vallée a ses légendes, sa culture et son langage, difficilement compréhensible pour le non initié. Le mythe veut qu’on puisse y fonder une entreprise dans un garage, avec l’aide de financiers prêts à investir dans l’avenir d’une idée. Et l’argent est là: en 1997, plus de 3,5 milliards de dollars y ont été investis, soit 40% du capital-risque américain. Cela ne garantit pas le succès. Claude Leglise, un Français qui dirige une division chez Intel, rappelle qu’en 1968, année de la fondation de la compagnie, 650 sociétés ont été créées dans le comté de Santa Clara. Aujourd’hui, il en reste trois et si quelques-unes ont été rachetées, la plupart ont disparu. Quelque neuf «start-ups» sur dix disparaîtront dans les dix-huit mois suivant leur création, mais l’échec n’est pas une tare dans la Vallée: «les réussites ne sont possibles que parce qu’on accepte les échecs», souligne Claude Leglise. (AFP)
A quelque 30 ans d’âge, la Silicon Valley bouillonne d’activité, des centaines de sociétés s’y créent et l’industrie informatique américaine ne parvient pas à remplir les emplois qu’elle crée, en dépit d’un recours aux spécialistes étrangers. D’Intel, premier fabricant mondial de microprocesseurs, à Netscape, principal éditeur de logiciels de navigation sur Internet, en passant par la myriade de «start-ups», les entreprises émergentes qui peuplent la «Vallée», la complainte est partout la même: il y a pénurie de programmeurs, chercheurs, ingénieurs et analystes informatiques. C’est le nouveau «déficit de l’Amérique», selon un récent rapport du département du Commerce. Et une étude de l’Association de la technologie de l’information américaine et de l’Institut polytechnique de...