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Actualités - Chronologie

A Kinshasa, l'uniforme ne fait plus peur

A Kinshasa, les militaires et policiers racketteurs et pillards, devenus le symbole du régime Mobutu et du Zaïre, ont disparu, un an après l’arrivée au pouvoir de Laurent-Désiré Kabila. Ce changement spectaculaire est le fruit de la création d’une nouvelle police. Son déploiement a permis au pouvoir de caserner les militaires de la nouvelle armée, les Forces armées congolaises (FAC), dont les nombreux écarts de discipline commençaient à nouveau à poser un réel problème de sécurité et dont la cohésion laisse encore à désirer. Au fil des mois, les kinois ont renoué avec les sorties nocturnes, comme à l’époque où la capitale de la République démocratique du Congo était considérée comme la ville la plus «chaude» d’Afrique. Le quartier de Matonge résonne chaque nuit des flots de musique déversés par des centaines de bistrots et terrasses installés sur les trottoirs. Cette vie trépidante était impensable pendant les dernières années du régime déchu où, selon l’expression d’un résident étranger, «les forces de sécurité étaient la cause de l’insécurité». Il y a encore huit mois, Kinshasa résonnait à longueur de journées des crépitements d’armes automatiques tirés par des éléments des forces du nouveau président qui quadrillaient la ville, à la recherche de pillards et des soldats des ex-Forces armées zaïroises (FAZ) dont la plupart se terraient en ville avec armes et munitions par crainte de représailles. Le ramassage systématique des armes de guerre et la création d’une nouvelle police, dont la direction a été confiée à un ancien officier mis à la retraite d’office par le régime Mobutu, le général Kifwa, aujourd’hui inspecteur général de la police, a mis un terme à ces fusillades. Avec un pays à la superficie de 2.345.000 kilomètres carrés et une population estimée environ 40 millions d’habitants, les nouvelles autorités pensent porter les effectifs minimum de la police à 33.000 hommes. Selon les derniers chiffres officiels, les effectifs s’élèveraient à 18.00 hommes. Un recrutement de 11.000 policiers supplémentaires est en cours dans les onze provinces du pays. Le pouvoir a également décidé d’intégrer dans la police des éléments de l’ancienne gendarmerie et de l’ex-garde civile, une force paramilitaire du régime déchu, qui s’était illustrée par ses exactions. La sévérité des sanctions contre les éléments indisciplinés, allant jusqu’à des peines de bastonnade publique, a maintenu jusqu’à présent la discipline au sein de la police, aujourd’hui une des administrations dont les fonctionnaires sont régulièrement payés. Pour les nouvelles autorités, la grande bataille reste la cohésion de la nouvelle armée qui a intégré différentes factions des ex-rebelles et les ex-FAZ, soumis au préalable à une formation idéologique destinée à «leur changer de mentalité». Le plus grand problème, selon un expert de l’état-major général des FAC, réside dans l’intégration de la composante Banyamulenge. Ces soldats tutsis ont formé les premières troupes de la «guerre de libération» à partir des collines d’Uvira, au Sud-Kivu (est du pays) Ils ont récemment refusé leur mutation hors du sud-Kivu, pourtant prévue dans le cadre de la rotation des troupes. Nombre d’entre eux se sentent «frustrés» par ce qu’ils considèrent comme une récupération de leur lutte par les ex-gendarmes katangais venus d’Angola et originaires du Katanga (sud), province d’origine de M. Kabila. Mais le président Kabila veut une véritable armée nationale et ne se départit pas de sa volonté de ventiler les militaires dans les différentes garnisons du pays. Enfin, il y a l’épineux problème de la hiérarchisation des grades et formations au sein d’une armée appelée à disposer de 600.000 hommes, selon le chiffre avancé par le président, et où les officiers et les sous-officiers sont indistinctement désignés par le terme «commandant». Entre les officiers issus de l’ex-armée de Mobutu, et qui pour certains sont sortis d’académies militaires occidentales, et les chefs militaires venus avec la rébellion, la réparation des postes de commandement achoppe. Une commission créée à cet effet à l’état-major n’a toujours pas déposé son rapport depuis huit mois. (AFP)
A Kinshasa, les militaires et policiers racketteurs et pillards, devenus le symbole du régime Mobutu et du Zaïre, ont disparu, un an après l’arrivée au pouvoir de Laurent-Désiré Kabila. Ce changement spectaculaire est le fruit de la création d’une nouvelle police. Son déploiement a permis au pouvoir de caserner les militaires de la nouvelle armée, les Forces armées congolaises (FAC), dont les nombreux écarts de discipline commençaient à nouveau à poser un réel problème de sécurité et dont la cohésion laisse encore à désirer. Au fil des mois, les kinois ont renoué avec les sorties nocturnes, comme à l’époque où la capitale de la République démocratique du Congo était considérée comme la ville la plus «chaude» d’Afrique. Le quartier de Matonge résonne chaque nuit des flots de musique déversés par...