Après l’annonce faite par le gouvernement de certaines mesures, relatives au secteur des assurances c’est au tour de la compagnie phare de l’industrie des assurances au Moyen-Orient, la «SNA» de rendre public son accord avec le groupe français international «AGF». Cette coopération qualifiée par les observateurs d’historique a été annoncée à la presse, hier au Bristol, conjointement par MM. Antoine Jeancourt-Galignari, président du groupe «AGF» et Antoine Wakim, président de la «SNA», en présence de MM. Benoit Redon, directeur général de «AGF» international et Jean-Philippe Dorso, représentant régional du groupe. Cet accord devrait initier une action d’utilité publique sur l’ensemble des pays du Moyen-Orient et nord-africains. Ainsi, les Assurances générale de France «AGF» ont souscrit à l’augmentation de capital de la «SNA», prenant une participation de 30% du nouveau capital pour quelque 12 millions de dollars. L’augmentation du capital social de la première compagnie d’assurance libanaise doit être suivie prochainement par son entrée en bourse à hauteur de trente autres pour cent des actions, placées sur la place de Beyrouth, via la corbeille de la BOB; les 40% restants représentant le noyau dur des actionnaires actuels de la compagnie. Plus qu’une prise de participation, cette opération entre dans le cadre d’un nouveau positionnement de la «SNA» dans le monde méditerranéen. Ceci permettra une nouvelle assise dans cette région aux «AGF», devenues premier groupe européen, grâce à leur actionnaire allemand «Allianz». Les puissants groupes financiers que représentent les compagnies d’assurance, à l’échelle mondiale, s’adaptent à un nouveau marché global. En cinq ans, ces industries ont connu plus de changements que depuis les cinquante dernières années. L’objectif est clair: être prêt pour l’échéance de l’ouverture totale des frontières en 2002. Pour ce faire, les maîtres mots sont la crédibilité, la présence internationale et la disponibilité 24h sur 24 pour le client. Face à cette situation, l’assurance libanaise se devait de s’apprêter à un nouveau positionnement. La «SNA» a développé une stratégie dans ce sens; mais pouvait-elle envisager un développement seule? Les quelques chiffres annoncés par certaines publications spécialisées font état de 380 millions de dollars seulement de primes annuelles totalisées au Liban. Avec à peine plus de cent dollars de prime moyenne par habitant, le Liban arrive encore en tête des pays arabes. Au Maroc par exemple, cette moyenne est de 25$. Selon M. Jean Philippe Dorso, délégué des «AGF» pour le Moyen-Orient, «l’assurance est avant tout un métier qui se distingue par la qualité des services; ceux-ci doivent être développés au Liban, mais aussi dans toute la région». Les nouveaux partenaires en chiffres Les «AGF» sont bien connues dans la région et au Liban; implantées depuis 1950 à Beyrouth, cette compagnie a récemment fusionné avec l’important assureur allemand «Allianz» (51% du capital «AGF»). Le bilan consolidé de ce groupe laisse apparaître quelque 40 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel. La «SNA», c’est environ 32 millions de dollars de CA pour quelque 70.000 clients. Pour autant, son implantation se développe à grand pas avec des filiales à Chypre, au Maroc et une expansion à Malte, en Tunisie, en Jordanie et, plus largement, en Malaisie où de récents accords ont été conclus au profit de cette compagnie libanaise. Avec la nouvelle augmentation, le capital social de «SNA» a été porté à 30 millions de dollars. Il faut rappeler qu’en 1961, la «SNA» a été la première compagnie dans la région à mettre au point un système contre les risques d’hospitalisation, puis à initier des plans-retraite pour l’ensemble des populations du monde arabe. A la base de l’accord: des hommes Dans un entretien accordé à «L’Orient Le-Jour», M. Antoine Jeancourt-Galignari, ancien administrateur de la BLF et directeur d’Indosuez, a précisé les conjectures de cet accord; «Depuis vingt ans, la région du Moyen-Orient a été conduite comme la petite sœur de l’Occident; les impératifs de développement ont favorisé la croissance des services tels les banques et les marchés de capitaux nécessaires aux financements du développement. Aujourd’hui, devant l’augmentation sensible de l’espérance de vie et l’amélioration du secteur de la santé dans la région, la question de la couverture devient cruciale. Les gouvernements locaux ont d’autre part compris les erreurs commises par l’Europe au sortir de la guerre et souhaitent voir s’instaurer des systèmes de prévoyance et de retraite modernes, basés sur une cohésion entre les efforts du secteur public en la matière et le relais d’un secteur privé capable d’apporter des solutions mutuelles au problèmes sociaux en terme de santé et de retraite». Par ailleurs, le PDG des «AGF» a indiqué que l’épargne basée sur des plans-retraite intéressant toutes les catégories de la population représente une ressource importante d’argent long qui pourrait refinancer les crédits à long terme nécessaire au développement humain (logement etc.). «Je souhaite, concernant le Liban, que le gouvernement encourage l’industrie de l’assurance, afin que le secteur privé puisse exercer son rôle de relais partiel dans des mécanismes d’équilibre qui ne peuvent être mis en place que par le dialogue entre les secteurs privé et public, mais qui seront utiles pour tous». a conclu M. Jeancourt-Galignari. Pour sa part, M. Antoine Wakim a souligné «l’un des aspects importants de l’opération qui est le souci de transparence. Nous voulons que notre entrée en bourse soit exemplaire pour d’autres grandes compagnies libanaises dont le développement est de toute façon lié aux marchés de capitaux et donc, à une philosophie de transparence». Le choix par les «AGF» du Liban comme base d’action dans la région s’explique par le rapprochement des cultures et l’affinité des hommes qui composent les deux équipes. Le partenariat avec un groupe libanais paraissant impératif pour opérer dans la région, les «AGF» ont choisi le fleuron de l’industrie des assurances dans la région. La «SNA» a donc trouvé un parrain de choix nécessaire à son développement, et les «AGF» ont sélectionné un partenaire qui va permettre un rayonnement régional, reste à l’utilisateur d’attendre les bienfaits d’une telle association.
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