Quatre statues précolombiennes, volées dans la Cordillère des Andes en 1989 dans un site classé patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, vont être restituées officiellement jeudi par la France à la Colombie. Dix années après leur disparition, ces œuvres d’art funéraire ou représentant des divinités, d’une époque approximativement datée à 500 ans avant JC, dorment pour quelques jours encore dans les sous-sols du palais de justice de Nantes (ouest). Sculptées dans des roches volcaniques, hautes de 1,50 mètre environ et pesant de 200 à 600 kilos, plus de 300 statues du même type ont été localisées à San Agustin, département du Huira, dans le sud-ouest de la Colombie, à une altitude de 2.000 mètres environ. Malgré leur présence sur un site de 250 kilomètres carrés classé par l’UNESCO — un des plus grands et des plus anciens d’Amérique latine —, ces œuvres d’art font l’objet de mesures de protection insuffisantes et sont de plus en plus pillées et expédiées dans les pays occidentaux où elles sont vendues à prix d’or. C’est le trajet de l’une d’entre elles qui a permis de découvrir le sort des quatre pièces qui vont être restituées jeudi à un représentant du gouvernement de Bogota qui viendra spécialement à Nantes. Aventurier En 1993, des agents de la DEA (Drug Enforcement Administration), le service fédéral américain de lutte contre le trafic de stupéfiants, découvrent à San Francisco une statue de 600 kilos achetée 300.000 USD (environ 2 millions de FF) par une riche galerie de la capitale de l’Etat de Californie. Le vendeur est un Français, vivant dans l’île des Antilles françaises de Saint-Martin après avoir séjourné une quinzaine d’années en Colombie comme «négociant« en pierres précieuses. Interpellé par les services des Douanes, cet homme, qualifié d’«aventurier» et d’«intermédiaire» par les magistrats français, indique qu’il a aussi fait parvenir en France trois statues semblables. Leur trajet, étrangement, n’attirera pas l’attention des autorités françaises puisqu’en 1994, elles franchiront les contrôles douaniers de l’aéroport de Roissy, déclarées comme... statues de nains de jardin. Entreposées chez des particuliers en Loire-Atlantique qui en ignoraient la nature, elles ont été retrouvées en 1994. Le receleur a été mis en examen par la suite, mais l’enquête menée n’a pas, selon les magistrats français, permis d’identifier les auteurs du vol. Luis Valencia, un archéologue franco-colombien, espère que le gouvernement de son pays va se porter partie civile. Connue pour abriter les plus puissants «barons de la drogue» du globe, la Colombie accueille aussi des trafiquants d’art très efficaces. Qui sont d’ailleurs souvent les mêmes, selon un universitaire qui connaît bien ce secteur mais préfère garder l’anonymat. Avant la remise officielle des quatre statues jeudi — les trois stockées près de Nantes et une autre découverte à Saint-Martin chez le receleur —, autorités judiciaires, policières et douanières ainsi que des universitaires vont débattre, au cours de l’après-midi, de la lutte contre le trafic des œuvres d’art. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Quatre statues précolombiennes, volées dans la Cordillère des Andes en 1989 dans un site classé patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, vont être restituées officiellement jeudi par la France à la Colombie. Dix années après leur disparition, ces œuvres d’art funéraire ou représentant des divinités, d’une époque approximativement datée à 500 ans avant JC, dorment pour quelques jours encore dans les sous-sols du palais de justice de Nantes (ouest). Sculptées dans des roches volcaniques, hautes de 1,50 mètre environ et pesant de 200 à 600 kilos, plus de 300 statues du même type ont été localisées à San Agustin, département du Huira, dans le sud-ouest de la Colombie, à une altitude de 2.000 mètres environ. Malgré leur présence sur un site de 250 kilomètres carrés classé par l’UNESCO — un...