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Actualités - Chronologie

Gerry Adams : le grand écart avant l'onction démocratique

Gerry Adams, personnage essentiel du processus de paix en Ulster, a été contraint, un quart de siècle durant, au grand écart avant de s’imposer comme la face respectable du républicanisme nord-irlandais. Longtemps considéré par ses adversaires comme un porte-parole des «terroristes» de l’Armée républicaine irlandaise (IRA) dont il dirige la branche politique, il est l’héritier direct de la politique dite «du fusil dans une main, et d’un bulletin de vote dans l’autre». Dénoncé par les unionistes protestants comme l’un des commandants de l’IRA clandestine en dépit de ses démentis constants, il a progressivement gagné son brevet en démocratie. Le cessez-le-feu de l’IRA du 20 juillet a fait de son parti un acteur à part entière du processus de paix en Irlande du Nord. Son apparition, le 11 décembre dernier, sur le perron du 10 Downing Street, a achevé de faire de lui un pestiféré. Des traits cinglants assénés sans jamais se départir d’un large sourire font de l’autodidacte de 49 ans, catholique pratiquant imprégné des théories néomarxistes de la libération nationale, un redoutable politique, vénéré dans son camp et détesté par ses opposants. Ambivalent, il a serré la main du premier ministre britannique représentant «les forces d’occupation en Irlande du Nord», mais obstinément refusé de prêter serment à la reine Elizabeth, se privant du même coup de siéger à la Chambre des communes où il a pourtant été dûment élu (1983). Membre du mouvement républicain depuis l’âge de 16 ans, il dirige le Sinn Fein depuis 1983. Son parcours l’a mené du militantisme contre la discrimination anticatholique à l’implication dans la lutte armée contre l’«occupant» britannique lorsqu’éclatent les premiers «troubles» de 1969, puis à la prison. C’est à ses divers séjours derrière les barreaux, dans les années 70, qu’il fait remonter sa conversion à la stratégie politique et au compromis. «Ceux qui participent à la tradition de la violence ont la responsabilité particulière d’y mettre fin», écrivait-il en 1996 dans son autobiographie («Avant l’aube»). D’aucuns le comparent à une autre figure du républicanisme irlandais, Michael Collins, l’un des principaux artisans du traité anglo-irlandais de 1921 qui a consacré la partition de l’Irlande. Collins fut tué peu après. «Mon devoir est de rester vivant», dit M. Adams qui a été la cible de plusieurs tentatives d’assassinat. (AFP)
Gerry Adams, personnage essentiel du processus de paix en Ulster, a été contraint, un quart de siècle durant, au grand écart avant de s’imposer comme la face respectable du républicanisme nord-irlandais. Longtemps considéré par ses adversaires comme un porte-parole des «terroristes» de l’Armée républicaine irlandaise (IRA) dont il dirige la branche politique, il est l’héritier direct de la politique dite «du fusil dans une main, et d’un bulletin de vote dans l’autre». Dénoncé par les unionistes protestants comme l’un des commandants de l’IRA clandestine en dépit de ses démentis constants, il a progressivement gagné son brevet en démocratie. Le cessez-le-feu de l’IRA du 20 juillet a fait de son parti un acteur à part entière du processus de paix en Irlande du Nord. Son apparition, le 11 décembre...