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Actualités - Chronologie

Désarmement des milices : tout reste à faire

Londres et Dublin espèrent amorcer le désarmement de l’IRA et des milices protestantes juste après la conclusion d’un accord politique, mais ils ne peuvent compter que sur le bon vouloir des paramilitaires, peu pressés jusqu’à présent d’enterrer la hache de guerre. Ces groupes armés, qui se livrent depuis trois décennies une bataille sans merci, devaient en principe commencer à rendre les armes en parallèle aux négociations. Les protestants modérés d’Irlande du Nord en avaient même fait une condition à leur participation lorsque les pourparlers ont repris en septembre dernier. Confrontés au refus des milices, les gouvernements britannique et irlandais ont fait leur deuil de cette exigence, préférant se concentrer d’abord sur les discussions politiques. Une source proche des négociations reconnaît d’ailleurs son caractère assez irréaliste: «On n’a jamais vu les protagonistes d’un conflit déposer les armes avant d’y avoir mis fin». L’enjeu est pourtant de taille. La province a peu de chance de connaître une paix durable si les paramilitaires conservent intacte une force de frappe qui leur permettrait de revenir quand bon leur semble à la lutte armée. Sans pouvoir de coercition dans un processus reposant sur le volontariat, la commission mise sur pied à l’automne dernier pour superviser le désarmement s’est résignée à attendre que les milices fassent le premier pas, sans chômer pour autant. «Nous avons mis en place des mesures dont nous avons des raisons de penser qu’elles seront acceptables par les organisations paramilitaires lorsqu’elles décideront de désarmer», affirme son président, le général canadien John de Chastelain. Deux scénarios sont envisagés. Dans le premier, les milices révéleraient progressivement aux autorités leurs caches d’armes. Dans le second, elles se chargeraient de la destruction, les «inspecteurs» en vérifiant a posteriori la réalité. Un plan qui suppose que les paramilitaires du camp opposé fassent simultanément de même. Si un accord est conclu, personne n’imagine néanmoins que les milices déposent les armes du jour au lendemain et les autorités ne se font guère d’illusion sur leurs capacités à reconstituer les stocks. L’IRA détient, de loin, l’arsenal le plus énorme, pour l’essentiel entreposé dans le sud de l’Irlande: elle disposerait de deux tonnes de Semtex, un explosif particulièrement puissant, d’environ 650 fusils AK47, de mortiers et de lance-grenades. Selon un négociateur, les services secrets seraient sans doute en mesure aujourd’hui de l’empêcher de reconstituer des filières d’approvisionnement aussi importantes que celles mises sur pied avec la Libye dans les années 1980. En revanche, il sera difficile d’éviter que les paramilitaires acquièrent des armes de poing — l’arme de prédilection des milices loyalistes — ou fabriquent des explosifs artisanaux à base d’engrais. (AFP)
Londres et Dublin espèrent amorcer le désarmement de l’IRA et des milices protestantes juste après la conclusion d’un accord politique, mais ils ne peuvent compter que sur le bon vouloir des paramilitaires, peu pressés jusqu’à présent d’enterrer la hache de guerre. Ces groupes armés, qui se livrent depuis trois décennies une bataille sans merci, devaient en principe commencer à rendre les armes en parallèle aux négociations. Les protestants modérés d’Irlande du Nord en avaient même fait une condition à leur participation lorsque les pourparlers ont repris en septembre dernier. Confrontés au refus des milices, les gouvernements britannique et irlandais ont fait leur deuil de cette exigence, préférant se concentrer d’abord sur les discussions politiques. Une source proche des négociations reconnaît...