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Paris renonce au satellite radar Horus

CHRONOLOGIE
11/04/1998
L’abandon par Paris du projet de satellite d’observation radar Horus, confirmé par le ministre de la Défense Alain Richard, constitue un nouveau revers pour la coopération franco-allemande dans le domaine des satellites militaires. L’abandon d’Horus, qui devait être lancé en 2005, permettra à la France d’économiser 2,4 milliards de FF (400 M de dollars) sur son budget d’équipement militaire des quatre prochaines années. M. Richard a expliqué aux parlementaires français que le gouvernement, à la recherche de 20 milliards de FF (3,2 mds de dollars) d’économies sur ses équipements militaires d’ici à 2002, avait sacrifié Horus en raison notamment des incertitudes pesant sur l’engagement de l’Allemagne dans les programmes de satellites militaires européens. Bonn, qui devait prendre en charge 60% de ce projet franco-allemand d’une douzaine de milliards de FF (2 mds de dollars), est confronté à des difficultés budgétaires et n’avait encore prévu aucun financement pour Horus qui n’était pas prioritaire pour les Allemands, a-t-il relevé. L’Allemagne a déjà renoncé l’année dernière, pour les mêmes raisons, à financer les 10% qu’elle avait pris dans un autre projet d’observation militaire franco-allemand, celui du satellite optique et infrarouge Helios 2. Cette situation a laissé la France seule de facto pour construire ce satellite d’une dizaine de milliards de FF (1,7 md de dollars) — dont près de la moitié ont déjà été dépensés par Paris — qui doit être lancé en 2002 pour remplacer l’actuel satellite européen Helios 1. Comme Helios 1 — et comme cela aurait dû être le cas pour Horus — l’utilisation d’Helios 2 pourra être ouverte aux Européens au-delà des pays participant au programme. Un seul grand projet L’abandon d’un satellite radar capable d’observation par tous les temps, que la France n’aurait pas eu les moyens de financer seule, marque «une baisse des ambitions» françaises dans le domaine de l’observation militaire, a reconnu M. Richard. Mais cette décision ne devrait pas trop handicaper les capacités d’observation européennes dans la mesure où Helios 2 aura un système d’observation infrarouge capable de voir à travers les nuages, a-t-il ajouté. Paris espère aussi, au vu des évolutions technologiques actuelles très rapides dans le domaine spatial, que le projet Horus pourra être repris ultérieurement sur des bases nouvelles et moins coûteuses, a indiqué le ministre. La France et l’Allemagne n’ont plus désormais qu’un seul grand projet spatial militaire en commun, qu’elles partagent avec la Grande-Bretagne: celui d’un système de satellites de télécommunications militaires baptisé provisoirement Trimilsatcom, prévu pour entrer en service en 2005. Paris, Londres et Bonn ont confirmé officiellement en décembre le lancement de ce projet évalué à 13 milliards de FF (2,2 mds de dollars) sans les stations au sol. Il doit prendre la relève à partir de 2005 des systèmes de télécommunications actuels des forces armées des trois pays. Mais le projet, pour lequel un certain nombre de choix techniques essentiels restent encore à faire —notamment le type et le nombre de satellites utilisés — est encore loin d’être verrouillé. La notification des contrats d’études aux deux consortiums industriels en lice — le français Alcatel associé à des sous-traitants allemands et britanniques, et le groupe trinational Matra Marconi Space-DASA qui est en cours de constitution — devrait intervenir d’ici l’été. Mais les exigences de calendrier très différentes entre les trois partenaires, selon des responsables militaires et industriels français, pourraient aboutir à des problèmes de financement susceptibles de faire capoter également ce projet. La France a impérativement besoin de Trimilsatcom en 2005 pour remplacer son système Syracuse 2 embarqué sur des satellites civils qui arriveront en fin de vie, alors que la Grande-Bretagne pourrait attendre deux ou trois ans de plus et que l’Allemagne, qui ne dispose actuellement d’aucun système militaire dédié, n’a pas limites de calendrier. (AFP)

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