Des combats opposaient toujours hier la milice des Taliban afghans aux troupes de l’opposition à Ishkemish, dans le nord-est de l’Afghanistan, ont affirmé des sources officielles à Taloqan (nord-est du pays). Selon M. Ahmed Mushahid, le gouverneur de la province de Takhar (nord-est) où les combats ont lieu, les troupes du commandant Ahmed Shah Massoud ont pu reprendre dimanche au cours d’une offensive quelques positions autour de la localité d’Ishkemish, toujours aux mains de la milice intégriste des Taliban, les «étudiants en théologie» au pouvoir à Kaboul. M. Mushahi a admis que les Taliban contrôlaient aussi une dizaine de villages autour d’Ishkemish. Certains d’entre eux, peuplés de Pachtounes se sont ralliés dès les premiers jours de l’offensive des Taliban, la semaine dernière, a-t-il reconnu. «Les combats se poursuivent aujourd’hui bien qu’ils aient baissé d’intensité», a-t-il ajouté dans son bureau de Taloqan, à une cinquantaine de km (à vol d’oiseau) au nord de la zone des combats. Il a affirmé que les forces de la milice étaient d’environ 2.000 combattants venus de la province de Kunduz, située plus au nord. Cette province est la seule sous le contrôle des Taliban dans la partie nord du pays, le bastion de l’alliance de l’opposition. Dimanche, les combattants tadjikes de l’opposition se sont rapprochés à 3 km de la ville et ont pris plusieurs hauteurs de la zone, a affirmé M. Mushahid, un proche du commandant Massoud, le chef militaire du Jamiat-Islami (JI). Le JI de l’ancien président Burhanuddine Rabbani — renversé par les Taliban en septembre 1996 — est l’une des composantes de la coalition nordiste qui comprend aussi les troupes ouzbèkes du général Abdul Rachid Dostam et le Hezb-i-Wahdat des Hazaras chiites de Karim Khalili. «J’espère que nous reprendrons Ishkemish puis que nous poursuivrons ensuite sur la province de Kunduz», a ajouté le gouverneur, alors que les canons antiaériens se mettent à tonner à proximité. «Samedi, nous avons eu une attaque d’un avion taliban qui a largué ses bombes sur un village de la périphérie de la ville», a-t-il précisé. Cette attaque, selon lui, a fait quatre blessés: deux hommes, une femme et un enfant. Il a démenti par ailleurs que le commandant Massoud se soit rendu sur le front d’Ishkemish. Selon lui, le chef tadjike se trouve actuellement dans la province de Parwan, au nord de Kaboul. Le chef tadjike mène en effet actuellement d’autres combats, à moins de 30 km au nord de la capitale, à partir de son bastion de la vallée du Panjshir située à la lisière sud de l’Indou Kouch. L’issue des combats d’Ishkemish est importante pour Massoud car les Taliban y coupent désormais la route qui relie Taloqan à Pul-i-Khumri, un important nœud de communication situé à 80 km au nord du tunnel du Salang, un ouvrage construit par les Soviétiques dans les années 60 qui permet de se rendre à Kaboul, à travers la barrière montagneuse de l’Indou Kouch. C’est la seule route d’approvisionnement de Massoud qui va du Tadjikstan, au nord de l’Afghanistan aux divers théâtres d’opérations où sont engagés les combattants du JI. (AFP)
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