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Actualités - Chronologie

Gagner plus, dépenser moins : les travaux d'hercule de Kirienko

Le jeune premier ministre russe, Sergueï Kirienko, va enfin pouvoir, cette semaine, s’attaquer aux dossiers qui décideront de l’avenir de la Russie à moyen terme: la réduction de la gigantesque dette publique et l’amélioration des désastreuses rentrées fiscales, qui menacent directement les réformes libérales engagées depuis six ans. Les derniers postes-clés du nouveau cabinet — dominé par de jeunes technocrates — ont été distribués vendredi, sept semaines après le limogeage surprise du gouvernement de Viktor Tchernomyrdine par Boris Eltsine. La crise politique surmontée, M. Kirienko va devoir affronter désormais la crise financière, autrement plus difficile à juguler. «Nous devons vivre selon nos moyens», a lancé vendredi le chef du gouvernement, dans une analyse dramatique de la situation financière contrastant avec les discours lénifiants de son prédécesseur. «Il nous faut comprendre que nous ne sommes pas assez riches. Je dirais même plus: nous devons dire honnêtement que nous sommes assez pauvres à l’heure actuelle. Et nous ne nous en sortirons jamais si nous continuons à faire comme auparavant», a dit M. Kirienko, 35 ans. «Pendant 70 ans, on a prédit au peuple russe un avenir communiste radieux», commente le politologue Andreï Piontkovski, du Centre d’études stratégiques de Moscou. «Ensuite, on leur a promis la prospérité avec l’économie de marché, mais Kirienko, lui, leur parle de sang, de sueur et de larmes». Le premier ministre a annoncé que les recettes collectées à ce jour étaient inférieures de 26% aux dépenses inscrites au budget 1998, menaçant l’Etat d’un déficit de 15,5 milliards de dollars en fin d’année. Le ministre des Finances, Mikhaïl Zadornov, soucieux d’attaquer le mal à la racine, a proposé une réduction de 12,5% des dépenses prévues cette année, sur un budget déjà squelettique dans certains secteurs. «Si nous ne pouvons pas résoudre le problème du service de la dette d’ici deux à trois ans, ce sera un coup sévère pour les capacités de défense et pour la sécurité économique du pays», a prévenu M. Kirienko en conseil des ministres. Selon le ministère des Finances, le service de la dette a été multiplié par dix depuis 1993, passant de 700 millions de dollars à 6,85 milliards cette année. La seule dette extérieure, selon M. Kirienko, s’élève actuellement à 120 milliards de dollars. Et la crise asiatique, en décourageant les investisseurs internationaux, n’a fait qu’aggraver le mal russe. Enfin, le gouvernement, pour imposer son plan d’austérité, devra lutter pied à pied contre la Douma, la Chambre basse du Parlement dominée par les communistes, encore humiliés de la façon dont Boris Eltsine leur a imposé par la menace la présence de M. Kirienko au poste de premier ministre. L’opposition à la Douma, selon l’analyste Piontkovski, ne peut pas renverser le gouvernement, mais va tenter de bloquer les textes clés dont le pouvoir aura besoin, comme le nouveau code fiscal, ou le code budgétaire. L’influence occulte de quelques grands financiers sur Boris Eltsine, tel Boris Berezovski, continuera également à s’exercer, prévient M. Piontkovski. Les analystes, cependant, voient d’un bon œil la détermination affichée par M. Kirienko, à la tête d’une équipe plus homogène que le gouvernement sortant:«Le facteur clé est que le nouveau gouvernement a compris à quels problèmes il est confronté, et définir le problème revient déjà à le résoudre à moitié», se réjouit Julia Schvets, économiste au Centre russo-européen de politique économique. (AFP)
Le jeune premier ministre russe, Sergueï Kirienko, va enfin pouvoir, cette semaine, s’attaquer aux dossiers qui décideront de l’avenir de la Russie à moyen terme: la réduction de la gigantesque dette publique et l’amélioration des désastreuses rentrées fiscales, qui menacent directement les réformes libérales engagées depuis six ans. Les derniers postes-clés du nouveau cabinet — dominé par de jeunes technocrates — ont été distribués vendredi, sept semaines après le limogeage surprise du gouvernement de Viktor Tchernomyrdine par Boris Eltsine. La crise politique surmontée, M. Kirienko va devoir affronter désormais la crise financière, autrement plus difficile à juguler. «Nous devons vivre selon nos moyens», a lancé vendredi le chef du gouvernement, dans une analyse dramatique de la situation financière...