Sarno, la commune d’Italie du Sud la plus touchée par les meurtrières coulées de boue, a enterré ses 97 morts dimanche tandis que les Italiens ont découvert à cette occasion la défense de l’environnement. Une foule compacte et émue s’est rassemblée au stade de Sarno, devant les cercueils des victimes de la catastrophe écologique, qui a fait 118 morts et au moins deux cents disparus, mardi dernier, dans l’arrière pays de Naples en Campanie. Les cercueils avaient été regroupés par familles et les proches, quelques centaines de personnes, ont été salués par le président de la République Oscar Luigi Scalfaro et le chef du gouvernement Romano Prodi. Des femmes vêtues de noir sont venues se recueillir sur les cercueils et certaines, en pleurs, les ont agrippés de toutes leurs forces. Des cercueils plus petits et en bois blanc contenaient les corps des 17 enfants morts sous les coulées de boue venant de la montagne. Après l’homélie de l’évêque, qui a rappelé la survie miraculeuse du jeune homme de 22 ans, Roberto Robustelli, retrouvé vendredi sous la boue après 70 heures de calvaire, les bières ont été chargées sur des camions militaires pour rejoindre le cimetière. A l’occasion de cette catastrophe, des Italiens venus de tout le pays se sont mobilisés, samedi à Rome, en faveur de la défense de l’environnement. Quelque 50.000 à 100.000 personnes, selon les sources, ont scandé: «Dans l’Europe et pas dans la boue». C’était la première fois qu’autant de personnes manifestaient en Italie pour l’environnement. La Legambiente (association de défense de l’environnement) et 80 autres organisations dont les principaux syndicats de salariés et d’agriculteurs ainsi que les partis de gauche, avaient décidé, avant la catastrophe, de se rassembler pour fêter l’entrée de l’Italie dans l’euro. Mais réalisant les proportions du désastre, les organisateurs ont changé l’objectif du rassemblement. De son côté, le chef du gouvernement Romano Prodi a tenu une réunion d’urgence samedi soir avec ses principaux ministres (Travaux publics, Environnement, Protection civile, Trésor) pour réorganiser la politique de l’aménagement jusqu’à présent inexistante. La Legambiente a critiqué dimanche le gouvernement pour n’avoir pris aucune décision à cause de désaccords entre les ministres sur la répartition des compétences concernant le territoire dont 45% présente des risques de glissements de terrain. Le recul de l’agriculture a livré des territoires entiers à la spéculation immobilière ou à l’abandon. Dans les zones de montagne, la déforestation a procédé à grands pas et sans tenir compte de la fragilité du système hydrogéologique. En Campagnie, à l’incurie d’administrateurs régionaux et locaux incapables de faire des plans d’urbanisme, s’est ajoutée la criminalité organisée imposant sa loi. La catastrophe s’est produite, mardi dernier, après plusieurs jours de pluie intense. L’eau a pénétré en profondeur et dissous la montagne en une masse énorme de boue que rien n’a arrêté sur son passage et qui a recouvert d’abord les constructions abusives puis les autres. En outre la prévention ne dispose pas de l’outil de base que constitue la cartographie, selon un responsable de l’Institut géologique national, Ferdinando Petrone. Depuis près de 30 ans, les cartes n’ont pas été mises à jour par manque de moyens alors qu’elles le sont tous les 3 ou 4 ans en France et tous les six mois aux Etats-Unis, a-t-il dénoncé. La dernière carte au 1/100.000 remonte à 1970. Nouveau bilan l Le bilan des victimes de la catastrophe de Campagnie était dimanche soir de 119 morts, selon un bilan provisoire de la Protection civile à Rome. Un précédent bilan faisait état, dimanche matin, de 118 morts. Le nombre des sans-abri est, en revanche, descendu de 1.500 à 1.058. A Sarno, la commune la plus touchée par le désastre, le nombre des victimes est monté à 98 morts. Le maire de cette ville a estimé de son côté à 200 le nombre de disparus. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Sarno, la commune d’Italie du Sud la plus touchée par les meurtrières coulées de boue, a enterré ses 97 morts dimanche tandis que les Italiens ont découvert à cette occasion la défense de l’environnement. Une foule compacte et émue s’est rassemblée au stade de Sarno, devant les cercueils des victimes de la catastrophe écologique, qui a fait 118 morts et au moins deux cents disparus, mardi dernier, dans l’arrière pays de Naples en Campanie. Les cercueils avaient été regroupés par familles et les proches, quelques centaines de personnes, ont été salués par le président de la République Oscar Luigi Scalfaro et le chef du gouvernement Romano Prodi. Des femmes vêtues de noir sont venues se recueillir sur les cercueils et certaines, en pleurs, les ont agrippés de toutes leurs forces. Des cercueils plus petits et...